Vous êtes ici : Accueil > Productions agricoles > Elevage > Filière Ovine > Les chroniques ovines

Les chroniques ovines

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

A destination des éleveurs, cette rubrique a pour but de donner des conseils de saison, mais aussi des informations économiques et de marché. Les chroniques sont réalisées en partenariat avec Laurence SAGOT de l’institut de l’Elevage / CIIRPO.
Leur parution est hebdomadaire.

Ténia : pour un traitement efficace

Le ténia induit des baisses de performances et de la mortalité exclusivement sur les animaux sensibles, c’est-à-dire pâturant depuis moins de 4 mois. Au-delà, ils sont immunisés. Les premiers signes cliniques sont bien connus : les agneaux présentent un mauvais état général avec un déficit de croissance. Des troubles digestifs, un amaigrissement et une laine sèche et cassante sont des signes possibles. Le traitement se fait par administration d’un médicament spécifique du ténia ou d’un produit polyvalent ténia-strongles. Et il arrive que les résultats soient insuffisants. 

Et si le traitement n’est pas efficace
« Nous supposons que cela est lié à un niveau d’infestation très élevé des agneaux, souligne Laurent Saboureau de l’Alliance Pastorale. Le produit passant par l’enveloppe du ver pour le détruire, la quantité de produit administrée à l’agneau et liée à son poids serait alors insuffisante pour détruire tous les ténias présents ». La surface des vers serait trop importante et une partie seulement est éliminée. Et peu de temps après, les signes cliniques reprennent. « Dans ce cas, nous conseillons alors de traiter selon le poids de l’agneau le plus lourd avec une majoration de 15 à 20 % de poids vif, poursuit le vétérinaire. Il est également possible de traiter 3 semaines après la mise à l’herbe et non 4 à 6 semaines après ».
Pour en savoir plus, retrouvez la lettre technique des éleveurs ovins n°46 sur ciirpo.idele.fr et inno-ovin.fr. 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Le certificat de spécialisation ovin fait le plein

Par la voie de l’apprentissage ou bien en formation pour adultes,  le certificat de spécialisation ovin (CSO) a été spécialement créé pour former des professionnels de l’élevage ovin, en production de viande ou de lait. Au cours de cette formation de 6 mois à 1 an selon le mode d’enseignement choisi, la moitié du temps est consacrée au travail en élevages. À l’issue, de solides connaissances pratiques et théoriques sont acquises. L’apprenant est alors prêt pour mettre en œuvre son projet professionnel : s’installer, être salarié dans une exploitation ovine ou bien technicien spécialisé ovin dans une structure. Parmi les candidats, la grande majorité souhaite s’installer en production ovine dans les années qui suivent. 

8 centres de formation
À la rentrée 2021, le certificat de spécialisation ovin est dispensé dans 8 Centres de Formation Professionnelle pour Apprentis Agricoles (CFAA)  et Centres de Formation Professionnelle pour  la Promotion Agricole (CFPPA). Les apprenants viennent d’univers variés. En effet, si un diplôme agricole peut être exigé, il est également possible d’intégrer la formation avec un an d’expérience professionnelle en agriculture.  Les inscriptions sont particulièrement nombreuses pour la prochaine rentrée, en particulier en apprentissage. Si vous êtes intéressés par cette formation pour adultes réménurée,  ne tardez pas à vous manifester auprès des centres de formation. Vous en trouverez la liste sur www.inn-ovin.fr.

CP : Jackdelaplagne

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des bottes de luzerne à réserver aux brebis qui allaitent

Pour récolter la luzerne en foin et en enrubannage, le meilleur compromis entre rendement et valeur alimentaire est le stade début bourgeonnement à bourgeonnement. Cela signifie que sur 20 tiges, 4 bourgeons (pour le premier stade) ou 16 bourgeons (pour le second) sont visibles. A titre d’exemple, la valeur d’un enrubannage de 1er  cycle est de 0,75 UFL et 80 g de PDI par kg de matière sèche. Qu’il s’agisse de foin ou d’enrubannage de luzerne, ces fourrages sont à réserver aux animaux à forts besoins azotés : brebis en lactation, en fin de gestation et agneaux sevrés. A l’inverse, les brebis vides ou en milieu de gestation valorisent mal ce type de fourrage. 

Des précautions avec l’enrubannage
L’utilisation de l’enrubannage répond aux mêmes exigences que les enrubannages de graminées. De plus, une attention toute particulière doit être portée aux agneaux en cours d’allaitement. Les fermer dans le parc à agneaux au cours de la journée afin qu’ils ne consomment pas l’enrubannage des mères s’avère parfois indispensable. 
Pour en savoir plus, vous trouverez trois fiches techniques sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr : « Du foin ou de l’enrubannage de légumineuses pures pour finir les agneaux » et « du fourrage de légumineuses pures en lactation : foin, enrubannage », « du foin de luzerne pour les brebis en lactation et les agneaux » et une vidéo « foin de luzerne : une ration moins chère, des consommateurs satisfaits ».

CP : chèvre qui saourit-FlickR

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO 
 

Des graminées en dérobée pour l’été

Trois espèces de graminées peuvent être semées en dérobées de mai à début juin : le sorgho fourrager multicoupe, le millet perlé fourrager et le moha fourrager. Sous réserve de disposer de suffisamment d’eau pour démarrer, elles constituent un appoint pour l’été à pâturer ou pour faire des stocks. Economiquement, ces plantes sont surtout intéressantes au pâturage. L’investissement est alors rentabilisé pour un rendement de 1 à 1,5 tonne de matière sèche par hectare. Par contre, il faut atteindre 3 à 5 tonnes par hectare pour rentabiliser une récolte en foin ou en enrubannage¹. Par exemple, une dérobée avec un tonnage de 5 tonnes de matière sèche par hectare revient à 96 € la tonne¹. 

Un pâturage difficile à maîtriser 
La valeur alimentaire de ces graminées chute très rapidement compte tenu de leur croissance rapide. Au stade épiaison, elle est équivalente à celle d’un foin de graminées au même stade, c’est-à-dire médiocre en azote avec 0,7 UF et 60 g de PDI par kg de matière sèche. Dans le cadre du projet CAP PROTEINES (en savoir plus sur cap-proteines.idele.fr), plusieurs plateformes d’essais viennent d’être semées, dont une au CIIRPO sur le site expérimental du Mourier. Les rendements et valeurs alimentaires de différentes espèces et  variétés vont ainsi être précisés. Par ailleurs, compte tenu de leur rapide pousse avec la chaleur, la valorisation en pâturage est souvent délicate et nécessite une fauche en complément dès que les plantes commencent à épier. De plus, le sorgho contenant de l’acide cyanhydrique lorsqu’il est jeune, il est fortement conseillé de le pâturer à partir d’une hauteur de 60 cm (40 cm pour le sudan-grass).  
Pour en savoir plus sur les dérobées, vous pouvez consulter la fiche CIIRPO « les dérobées et les ovins : espèces à privilégier et modes d’utilisation » sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr

CP : CIIRPO
¹ source : chambre d’agriculture du Gers 2019

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO 
 

Des constats de gestation pour augmenter son revenu

Pour des luttes du début du printemps au milieu de l’été, les constats de gestation ont un intérêt économique majeur. Avec une fertilité de 80 %, cette intervention sans dénombrement améliore la marge brute de près de 8 € par brebis mise à la reproduction en prenant en compte un coût de 1 € pour la prestation (exemple d’un troupeau en zone herbagère avec deux périodes d’agnelage). Cet écart est essentiellement lié à une augmentation de la productivité numérique du fait d’une remise en lutte rapide des brebis vides et à une moindre consommation de fourrage et de concentré des brebis improductives. Avec un taux de fertilité plus faible, l’intérêt de cette technique est encore plus important. Le dénombrement et la séparation des brebis par taille de portée au cours du dernier mois de gestation permettent une augmentation de la marge brute de 1 € supplémentaire par brebis luttée. 

Des brebis à jeun
Cette technique est également particulièrement appréciable en matière de travail autour de l’agnelage : agneaux plus vigoureux à la naissance grâce à leur poids adapté à la taille de la portée, disposition de cases d’agnelage uniquement sur les portées multiples…
Pour que le constat de gestation soit fiable, il doit être réalisé 45 jours après le retrait des béliers, après une lutte de 45 jours à 60 jours.  D’autre part, les brebis doivent être à jeun depuis la veille si l’intervention a lieu le matin ou bien depuis le matin si elle est programmée l’après midi. Elles ne doivent pas manger mais elles peuvent boire. Enfin, l’opérateur doit être expérimenté, en particulier pour dénombrer. 
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche CIIRPO « Le constat de gestation, une technique pour améliorer le résultat économique » sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO 
 

De l’herbe de printemps de meilleure qualité avec des brebis en pension en hiver

Dans les Pyrénées Atlantiques, la mise en pension d’une partie du troupeau est couramment pratiquée par les éleveurs de montagne. Les animaux à faibles besoins, en particulier les agnelles, partent plusieurs mois dans les zones de plaine ou de coteaux du département, à maximum 80 km de l’exploitation.  Elles y pâturent les prairies des bovins dans la majorité des cas. Les liens créés entre l’éleveur ovin et celui qui reçoit les brebis, appelé le propriétaire, ne sont pas contractualisés. Il repose sur la confiance et sont reconduits d’une année sur l’autre. Le propriétaire s’occupe des brebis au quotidien et est garant de leur bon état de santé. Le coût de la pension, convenu entre l’éleveur et le propriétaire,  est de l’ordre de 5 € par mois et par animal.

Un « plus » pour les prairies
Une amélioration de la qualité des prairies au printemps a été relevée par les propriétaires qui reçoivent des brebis en pension. Les parcelles destinées à la mise à l’herbe des vaches sont débrayées du circuit de pâturage des brebis dès la fin mars. Celles destinées à la fauche ne sont plus pâturées à partir de la deuxième quinzaine d’avril. Les prairies sont alors rasées sans être sur pâturées. Quatre à six semaines plus tard, les repousses sont feuillues. 
Pour en savoir plus, vous trouverez une fiche technique sur ciirpo.idele.fr et inn-ovin.fr : « des brebis en pension hivernale¹ ». 

¹ Projet brebis_link piloté par la chambre d’agriculture de la Dordogne

CP : GIS-id64 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO 

 

Pâturage des céréales : des références cet automne

Le pâturage des céréales destinées à une récolte en grains au cours de l’hiver par des brebis est une technique ancienne qui succite actuellement de l’intérêt. Peu de références sont disponibles mais elle favoriserait le tallage de la plante. Pour les brebis, cette ressource est d’excellente valeur alimentaire, équivalente à celle d’espèces fourragères en début de printemps et d’automne. Afin de connaitre les itinéraires techniques à mettre en oeuvre pour de ne pas pénaliser le rendement, voire l’augmenter, une trentaine d’essais sont en cours en Ile de France, Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine. 

Un pâturage en février/mars
Sur des bandes témoins de céréales d’hiver non pâturées et d’autres exploitées par des brebis, de nombreuses mesures sont réalisées de la rentrée des animaux sur la parcelle (en février/ mars) à la moisson.  Sept exploitations de lycées agricoles participent à cette étude : Tours (37), Montargis (45), Bourges (18), Vendôme (41), Monmorillon (86), Limoges et Nord Haute Vienne sur le site de Magnac Laval et Saint Yrieix la Perche (87). De plus, quatorze agriulteurs s’investissent dans ce projet afin d’obtenir des références à la fois en agriculture conventionnelle et biologique. Ces dernières seront disponibles cet automne sur la page WEB ciirpo.idele.fr, le site « herbe et fourrages Centre-Val de Loire », ceux d’Agrofile (POSCIF) et de la chambre d’agriculture de la Dordogne (Brebis_Link). 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO 
 

Des drêches de brasserie humides pour les brebis

Co produit de la transformation de céréales pour la fabrication de la bière, les drêches de brasserie constituent une source d’azote possible pour les brebis. En plus des circuits habituels, le développement des micros brasseries offre la possibilité de récupérer des drêches humides à faible coût. Ces drêches contiennent 75 à 80 % d’eau. Les durées de conservation maximales sont de 2 à 5 jours en période chaude et entre 5 et 7 jours par temps froid. Au-delà, elles perdent de leur appétence et surtout sont sujettes au développement de bactéries et moisissures qui sont susceptibles d’entrainer des problèmes sanitaires. 

Mode d’emploi
L’ensilage est un mode de conservation possible des drêches humides. Lorsqu’il s’agit de faibles quantités, les drêches humides peuvent être conservées une semaine dans des sacs plastiques hermétiques. Les précautions suivantes doivent être respectées avec les drêches humides. Un taux d’incorporation maximum dans la ration de 2 kg brut par brebis et par jour est conseillé. De plus, une transition alimentaire de plusieurs jours avec augmentation progressive des quantités distribuées est indispensable. Enfin, une attention particulière à la teneur en cuivre des drêches est indispensable pour celles provenant de cuves en cuivre. 
Pour en savoir plus : « Des drêches de brasserie comme source d’azote » sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

CP : Par Jinx 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO 

Ténia : avant l’immunité, la plus grande vigilance

Les signes cliniques du ténia sont bien connus. Les agneaux à l’herbe présentent un mauvais état général avec un déficit de croissance qui peut atteindre 50 %. Des troubles digestifs, une laine sèche et cassante sont également visibles. Les agneaux manquent de vigueur, avec une anémie possible. Le risque d’entérotoxémie est alors considérablement accru. Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale,  explique que « les agneaux se contaminent dès les premiers brins d’herbe ingérés, en avalant un acarien, l’oribate, qui est l’hôte intermédiaire du ténia. Cet oribate est sensible à la sécheresse mais résiste à l’hiver. Il est donc présent dès la mise à l’herbe et les agneaux en ingèrent rapidement des centaines, dont certains sont porteurs de larves infestantes de ténia. Ces larves vont se fixer dans l’intestin grêle de l’agneau et se développer en ténias adultes qui deviendront pondeurs en 30 à 40 jours ». 
 
Un traitement spécifique efficace 
« Le traitement médicamenteux est réalisé par administration d’un médicament spécifique du ténia à base de praziquantel, à partir de 5 semaines après la sortie à l’herbe ou le début de la consommation effective d’herbe, poursuit le vétérinaire. Le renouvellement du traitement, 5-6 semaines après la première administration, peut être nécessaire. On peut aussi avoir recours en cas de poly-parasitisme à un produit polyvalent ténia-strongles à base d’un benzimidazole, ou associer l’administration le praziquantel et à celle d’une molécule d’une autre famille d’anthelminthique ». Bien prendre l’avis de son vétérinaire sur le dosage adapté au traitement du ténia et ne pas sous-estimer le poids des agneaux est très important dans la réussite du traitement. Aucun traitement n’étant ovicide, laisser ensuite les agneaux 12 heures en bergerie ou sur leur ancienne pâture avant de les changer de parcelle est également fortement conseillé.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la vidéo « le ténia du jeune agneau »  et le podcast « radio ovin n°3 » sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO 
 

Traitement lumineux : les brebis se croient en automne

Le traitement lumineux consiste à faire croire aux brebis que c’est l’automne pour des luttes au printemps. Elles entrent alors naturellement en chaleurs même si elles ne font pas partie des races dites « désaisonnées ». Mais pour cela, il faut modifier le photopériodisme naturel au minimum 140 jours avant l’introduction des béliers, soit près de 5 mois. Ainsi, dans un premier temps, les brebis sont en bergerie et un éclairage spécifique est appliqué pour simuler des jours longs pendant au moins 80 jours.  En pratique, la bergerie est éclairée pendant 16 heures consécutives, de 6 h à 22 h par exemple. Un programmateur, peu onéreux,  fiabilise le protocole. Un aménagement électrique est indispensable pour obtenir une luminosité de 200 lux  au niveau de l’œil de la brebis.

Trois cycles de lutte
La période de jours courts (60 jours minimum) se fait ensuite naturellement pour des mises en lutte avant le 15 avril. Les brebis peuvent donc être remises à l’herbe car la durée du jour ne dépasse pas 12 heures. Des durées de lutte de trois cycles semblent plus prudentes selon les résultats disponibles car le premier cycle est peu fécondant (effet mâle). Attention, pour des mises en lutte après le 15 avril, un ajout de mélatonine ou bien l’obscurcissement de la bergerie (souvent difficile à réaliser) est obligatoire. Par exemple, pour une mise en lutte au 1er avril au 25 mai, les brebis sont en bergerie du 8 novembre au 27 janvier. Elles sont alors en jours longs avec 16 heures de lumière. Puis, du 28 janvier au 1er avril, elles entrent en jours courts et sont à l’herbe.  
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche technique « désaisonnement des brebis en Pays de la Loire : c’est possible ».

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO 
 

Réussir la transition à la mise à l’herbe des agnelles 

Elever des agnelles de renouvellement, c’est avant tout les préparer à leur carrière de futures productrices d’agneaux et de lait. Le poids des agnelles à la première mise à la reproduction reste l’un des principaux facteurs de variation de la fertilité. L’objectif des deux tiers du poids adulte, soit 47 kg pour des brebis adultes de 70 kg, reste la référence. Pour les agnelles n’atteignant pas ce poids plancher, le taux de fertilité est en effet inférieur de 33 %. À la mise à l’herbe en avril, les agnelles nées en août/septembre doivent ainsi peser au minimum 40 kg et celles nées en octobre/novembre au moins 32 kg. 

Avec des brebis de réforme
Sans préparation à la transition alimentaire, les agnelles subissent de plein fouet le changement de régime alimentaire. N’ayant jamais vu un brin d’herbe, elles restent groupées à la barrière et ne pâturent qu’au bout de quelques jours. La chute de poids peut alors atteindre plusieurs kilos. Il est possible d’ajouter quelques brebis (de réforme par exemple) au lot d’agnelles afin de faciliter leur apprentissage. Les brebis les guident jusqu’au point d’eau et aux abris. Deux solutions sont possibles au cours de la transition : apporter du concentré à l’herbe pendant deux semaines ou les rentrer en bergerie le soir pour distribuer cette ration avec du foin ou de la paille. Enfin, bien qu’âgées de 4 à 7 mois à la mise à l’herbe, ces agnelles ne disposent d’aucune immunité en matière de parasitisme interne si elles n’ont jamais pâturé. Pour en savoir plus, vous trouverez des vidéos, podcasts et fiches techniques sur www.inn-ovin.fr et ciirpo.idele.fr.

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Du bois en litière pour les agneaux

Sur litière pailleuse ou bien constituée de plaquettes de bois, les performances d’agneaux sevrés sont peu différentes. Mais attention, le taux de matière sèche des plaquettes reste un des principaux préalables à la réussite de la technique : il doit être supérieur à 80 %. L’utilisation de  plaquettes trop humides (50 % de matière sèche) dans l’un des essais d’une récente étude¹ a entrainé une baisse des croissances de 19 %. Par ailleurs, sur les 444 agneaux suivis, aucun n’a présenté de boiterie liée aux morceaux de bois. De plus, aucun problème sanitaire de type respiratoire n’a été observé. 

Une litière plus sèche
La litière constituée de plaquettes de bois est moins chaude et plus sèche que celle à base de paille. Cela explique que les agneaux restent propres : la proportion de ceux qui présentent des salissures sur la laine est inférieure de 6 % aux agneaux sur paille. D’ailleurs, quand on laisse le choix aux agneaux entre les deux types de litière, ils sont 56 % en moyenne sur la litière de plaquettes contre 44 % sur la paille. 
Le prix d’intérêt des plaquettes de bois est exclusivement lié au prix d’achat de la paille. Par exemple, pour un coût de 110 € la tonne, les plaquettes de bois sont plus intéressantes économiquement en dessous de 10 € le MAP (Mètre Cube Apparent). Pour en savoir plus : « Des plaquettes de bois pour la litière des agneaux sevrés » sur www.inn-ovin.fr et www.idele.fr.

(¹)Etude conduite par le CIIRPO 


Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Du tourteau de colza pour les agneaux de bergerie

Présenté sous forme de granulés, pellets ou poudre, le tourteau de colza industriel complète une céréale (orge, triticale, maïs, seigle) pour obtenir une ration équilibrée. Le taux d’incorporation conseillé est de l’ordre de 30 % afin d’obtenir un mélange dosant 100 g de PDI par kg brut. Il est conseillé d’apporter un aliment minéral vitaminé riche en calcium et pauvre en phosphore de type 0-20 à raison de 3% du mélange. Afin d’éviter les lithiases urinaires, ce dernier est pourvu de chlorure d’ammonium (à vérifier dans la liste des additifs – non autorisé en agriculture biologique). Nettoyer le fond de l’auge régulièrement en cas d’utilisation de tourteau en pellets ou en poudre reste nécessaire, un dépôt de poudre pouvant y stagner et chauffer. De plus, une vigilance particulière doit être portée aux présentations du tourteau de colza en poudre, des problèmes respiratoires ayant été constatés lors d’une étude. 

Sous la mère ou après sevrage
Le tourteau de colza peut être incorporé à la ration dès le plus jeune âge des agneaux sans diminution de leur consommation. S’il est réservé après le sevrage, une transition alimentaire de 2 à 3 semaines est indispensable en incorporant progressivement le tourteau dans la ration des agneaux. Attention aux tourteaux gras, résultat de la trituration par pressage à froid de graines de colza réalisée à la ferme ou bien au sein de petites unités collectives.  Ils présentent un taux de matière grasse qui peut atteindre 30 %. Selon les références disponibles, des taux de matière grasse supérieurs à 10 % entraineraient des baisses notables de performances chez les agneaux.   
Pour en savoir plus : « Du tourteau de colza dans la ration des agneaux» sur www.inn-ovin.fr et www.idele.fr.

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Un fanion comme pense-bête

Accroché à la case d’agnelage, les fanions amovibles sont efficaces pour repérer d’un coup d’œil les cases d’agnelage à risques. Ce pense-bête permet d’identifier d’un coup d’œil les points critiques : brebis avec un seul quartier, manque de lait, agneau à faire téter… C’est aussi un moyen de gagner du temps. Plusieurs couleurs peuvent être utilisées (vert, rouge…) pour signaler les cases auxquelles il faut accorder plus ou moins d’attention. 

Des ardoises peintes 
Un système d’ardoise  au-dessus de chaque case d’agnelage est un autre moyen pour noter et lire rapidement les informations. Le bardage ou la barre d’auge sont peintes à la peinture à tableau noir (disponible dans les rayons bricolage et sur le WEB). Une craie à portée de poche, ce qui semble important est rapidement écrit : une mammite, un biberon à donner, une brebis malade à soigner … A la sortie de case d’agnelage, un nettoyage avec un bouchon de paille ou de foin humide et l’ardoise est prête pour la prochaine brebis. 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

L’ergot des céréales est toujours d’actualité

Il suffit de quelques grains contaminés par l’ergot pour entrainer une intoxication. Les céréales infectées produisent des alcaloïdes et ne doivent en aucun cas être distribuées aux animaux, les risques sanitaires étant très importants. L’ergot des céréales est une maladie liée à la présence d’un champignon qui contamine les épis des céréales au moment de la floraison. Les fleurs ne donnent pas de grain. Celui-ci est remplacé par une excroissance en forme d’ergots, des masses rigides de couleur foncée. Ces ergots pourpres ou bruns atteignent 1 à 2 cm de longueur au moment de la récolte. 

Des brebis sans lait
Le premier symptôme est une perte d’appétit. En fin de gestation, l’ergot est responsable d’avortements en grand nombre. Une autre conséquence est l’absence totale de production laitière. Il faut attendre plusieurs jours après la mise bas et la sollicitation des agneaux avant que le lait ne descende. 
En cas de suspicion, une analyse de laboratoire est indispensable car les grains contaminés ne sont pas toujours très visibles. Un examen toxicologique des aliments contaminés permet d’identifier et de doser les alcaloïdes responsables de l’intoxication. 

CP : CA 18

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

En bergerie, allonger la lactation coûte cher

Aujourd’hui, bon nombre d’agneaux élevés en bergerie sont sevrés vers 70 à 80 jours. Trois essais réalisés ces dernières années semblent montrer que ce type de sevrage reste préférable à un allongement de la durée de la lactation à 100 jours par exemple. A la ferme expérimentale de Carmejane (04), avec des agneaux Préalpes du Sud, le sevrage à 100 jours a permis d’économiser 11 kg de concentré par agneau par rapport à un sevrage à 70 jours. Par contre, le bilan alimentaire des brebis fait apparaitre un solde de 8 kg de céréales et de 40 kg de foin en défaveur des lactations longues. 

Des brebis qui consomment plus
Au CIIRPO, sur le site du Mourier, le constat est le même avec des agneaux de type prolifique sevrés à 70 ou 110 jours. L’économie de concentré chez les agneaux est modeste avec un sevrage tardif alors que les brebis consomment 17 kg de concentré en plus. Au final, le solde sur coût alimentaire qui est la différence entre le prix de vente de l’agneau et les quantités d’aliments utilisées reste en faveur du sevrage précoce. L’écart entre les deux âges au sevrage est de 2 à 4 € par agneau selon les essais. 

CP : CIIRPO
Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des plans de bergeries et de parcs de contention

La page Web Equip’InnOvin se veut une boite à idée pour les éleveurs et les techniciens en matières d’aménagements de bergeries et de parcs de contention. Initiée en 2018 dans le cadre de l’action InnOvin, elle traite à la fois des ovins viandes et des ovins laitiers. Cette page est structurée en cinq rubriques. La première s’intitule « construire ou aménager un bâtiment » et propose des plans types de bergerie pour brebis viande, brebis lait et agneaux sevrés. Chaque plan est illustré d’indicateurs de coût et de facilité de travail. La seconde, « convertir un bâtiment », donne des astuces pour aménager une ancienne stabulation ou un poulailler en bergerie. 

Des astuces 
La rubrique « autoconstruire un équipements et astuces » regroupe des plans divers d’auges, de claies… pour les éleveurs qui souhaitent les fabriquer. De nombreuses astuces illustrées par des vidéos sont également disponibles. La rubrique « contention » traite à la fois des parcs de contention, d’organisations pour la tonte et d’astuces pour contenir individuellement une brebis. Les plans de parc de contention sont illustrés d’un indicateur de coût. Enfin, la rubrique « recommandations » fournit les éléments nécessaires à connaitre avant d’avancer sur son projet. Le comité de rédaction d’Equip’InnOvin est composé de techniciens, architecte, ergonome des différentes structures de la filière ovine dont le CIIRPO. En avril, deux nouveaux outils seront par exemple mis en ligne : l’un calculera les besoins en longueur d’auge et surface d’aire paillée d’un nouveau projet, l’autre imagera l’aménagement intérieur en 3D. 

CP : CIIRPO
Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Un outil pour calculer la valeur du méteil

Une feuille de calcul de la valeur alimentaire du méteil est désormais en ligne. Elaborée par le CFPPA (Centre de Formation Professionnelle pour la Promotion Agricole) des Vaseix/Bellac en Haute-Vienne, elle permet d’évaluer les valeurs énergétiques et azotées du mélange à partir de la proportion de chaque espèce. Au préalable, un échantillon représentatif du méteil d’un kg environ est prélevé puis chacune des espèces est séparée au tamis ou à défaut, à la main (trier un kg est fastidieux et l’échantillon sera de l’ordre de 250 g). Puis, chaque espèce est pesée. Vous trouverez cette feuille de calcul sur inn-ovin.fr : « estimation des valeurs alimentaires du méteil ». 

Pas plus de 40 % d’avoine
S’assurer que la valeur alimentaire du méteil est adaptée aux animaux auxquels il est destiné est indispensable. Les céréales et protéagineux étant riches en énergie, la valeur UF ne pose pas de problème sauf si la proportion d’avoine dépasse 40 %. Par contre, le mélange peut s’avérer trop pauvre en azote. Pour connaître les solutions pour équilibrer la ration des brebis ou des agneaux, vous pouvez consulter la fiche technique « du méteil en grains adapté à la finition des agneaux de bergerie » sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO
Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Les brebis désherbent les pommeraies

Entre la fin de la récolte des pommes et le début du gonflement des bourgeons, les brebis peuvent effectuer 2 ou 3 pâturages sous les pommiers en fonction de la ressource en herbe. D’octobre à fin février, un ou deux broyages mécaniques peuvent ainsi être économisés. Sachant qu’il faut environ une heure de broyage par hectare, l’économie est de l’ordre de 50€ par hectare en comptant la main d’œuvre, l’amortissement du tracteur et le gasoil. Mais attention, il est nécessaire de vérifier que les brebis ne mangent pas l’écorce des arbres! La Shropshire est une race réputée pour ne pas s’attaquer aux arbres. Des expériences positives sont également réalisées avec d’autres types génétiques.  Dans tous les cas, il est conseillé de ne pas mettre de béliers et de jeunes animaux sous les pommiers.

De l’herbe et des pommes au menu
L’herbe est de bonne valeur alimentaire, équivalente à celle d’une prairie avec de l’herbe courte et feuillue. Les brebis consomment l’herbe des inter-rangs jusqu’au pied des arbres et les pommes tombées au sol.   Dans les pommeraies traitées au cuivre, l’herbe peut ne présenter aucun risque sanitaire ou bien concentrer des niveaux qui peuvent être jusqu’à 6 fois supérieurs au seuil de toxicité¹. Et pourtant, même si la prudence reste de mise, très peu de problème sanitaire sont constatés.  Pour en savoir plus, la fiche technique « des brebis sous les pommiers » est disponible sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr. 

(¹) résultats obtenus dans le cadre du projet brebis_link piloté par la chambre d’agriculture de la Dordogne

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Le dernier mois de gestation est déterminant pour la réussite de l’agnelage

La fin de gestation est l’un des stades physiologiques au cours duquel il est impératif de couvrir les besoins des animaux sous peine de contre-performances. En matière d’énergie et d’azote, les besoins des brebis augmentent progressivement de la sixième semaine avant la mise bas jusqu’à l’agnelage. Tout au long de cette période, les besoins des brebis qui portent deux agneaux sont supérieurs de 14 % en énergie et de 28 % en azote à ceux des femelles avec un simple. Certaines conséquences d’une sous-alimentation sont bien connues : agneaux trop petits à la naissance, mauvais démarrage en lactation. D’autres, la vigueur des agneaux par exemple, le sont moins.  

Des agneaux moins vigoureux
Une étude¹ a en effet mis en évidence une diminution de la vigueur des nouveaux nés de brebis de portées doubles avec un déficit alimentaire de 20 % au cours des 6 dernières semaines de gestation. Avec un foin de graminées de qualité moyenne, cela correspond à un manque d’environ 300 g de concentré par jour. Ainsi, une diminution de 29 % d’agneaux déjà debout ou en train de se lever dans les cinq minutes qui suivent la naissance a été observée par rapport aux nouveaux nés de brebis dont les besoins énergétiques et azotés ont été couverts. Une assistance à la tétée du colostrum a également été nécessaire pour davantage d’agneaux. Au final, le taux de mortalité a été supérieur de 6% de la naissance au sevrage. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche : « des brebis bien nourries, des agneaux plus vigoureux » sur ciirpo.idele.fr et inn-ovin.idele.fr. 

¹ Etude conduite en 2017 au CIIRPO, sur le site expérimental du Mourier (87) dans le cadre d’un projet piloté par FEDATEST (43) et financé par FranceAgriMer
CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Enrubannage : éviter les problèmes sanitaires

Particulièrement intéressant dans certains systèmes fourragers pour constituer des stocks de qualité au printemps, l’enrubannage est parfois source de problème sanitaire chez les brebis et les agneaux. Des conditions de récolte et de conservation irréprochables restent impératives pour les éviter : absence de taupinières, taux de matière sèche supérieur à 50 %, absence de trous dans les bâches lors de la conservation… 
Le mode de distribution revêt également une importance. Si le rationnement de l’enrubannage reste conseillé en fin de gestation afin de limiter les prolapsus, il limite également les risques sanitaires en lactation.  Le fourrage humide est ainsi distribué à raison d’un kg de matière sèche par brebis et par jour avec la mise à disposition de sec (foin ou paille) et de concentré pour équilibrer la ration. L’ingestion de brins d’enrubannage par de jeunes agneaux peut par ailleurs être source de baisse de croissance.

De la vitamine B1 en plus
Un complément minéral et vitaminé contenant de la vitamine B1 est à privilégier. Si les conditions de récolte et de conservation sont bonnes, 100 mg par kg de vitamine B1 suffisent. En cas de doute sur la qualité, il est préconisé de sécuriser avec 1000 mg/kg. Cette indication est notée dans la liste des additifs de l’étiquette. Par ailleurs, les bottes moisies ne doivent pas être distribuées sous peine de problème sanitaire. Pour les enrubannages à moins de 50 % de matière sèche, les distribuer en priorité aux bovins si possible dans les élevages mixtes ovins/bovins. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter « la lettre technique des éleveurs ovins n°44 » sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Minéraux, à vos étiquettes !

Les compléments minéraux et vitaminés sont généralement désignés par leur pourcentage de phosphore, de calcium, voire de magnésium. Exemple : un minéral de type 7-21 contient 7 % de phosphore  (7 g pour 100 g) et 21 % de calcium (21 g pour 100 g). Les apports de la ration et les besoins des animaux sont désormais exprimés en « absorbable ». Pour obtenir les valeurs absorbables des constituants, il faut connaître le CAR (Coefficient d’Absorption Réelle) soit 65 % pour le phosphore  et 40 % pour le calcium. Exemple : un CMV 7-21 est donc en réalité un CMV 5-8 absorbable. Plusieurs autres points sont à vérifier sur l’étiquette. 

Pas de cuivre ajouté
La première est de s’assurer que l’aliment ne contient pas de cuivre ajouté. Ce point est indispensable sous peine de risque important d’intoxications. Pour cela, il suffit de lire la liste des additifs. Si c’est le cas, il est obligatoirement mentionné. Si le complément minéral et vitaminé est destiné à des agneaux, la présence de chlorure d’ammonium qui limite les risques de gravelle figure également dans cette liste. Cet additif n’est pas autorisé en agriculture biologique. Enfin, les risques sanitaires restent limités si la date limite de consommation est dépassée. En effet, seules les vitamines et les levures perdent alors une partie de leur efficacité (sauf défaut de conservation avec présence de moisissures par exemple). Le chlorure d’ammonium reste stable.
Pour en savoir plus sur les minéraux, deux podcasts sont à votre disposition sur ciirpo.idele.fr et inn-ovin.fr. 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des agnelles rationnées en concentré pour préserver leur capital laitier

La production laitière de la brebis est fortement liée à son niveau d’ingestion, donc au développement du rumen, ainsi qu’à celui de la mamelle. Entre la naissance et la puberté, la croissance de l’animal et de ses organes ne se font pas au même rythme. C’est pourquoi une attention particulière doit être portée à la croissance des jeunes dans les 6 premiers mois. Toute erreur de conduite ne sera quasiment pas rattrapable. 

Garantir la production laitière future
Pendant la période pré-pubère, la mamelle évolue plus rapidement que les autres organes. Une croissance modérée, de l’ordre de 150 g par jour,  est donc indispensable pour que le tissu adipeux ne se développe pas au détriment du tissu mammaire. Cela aurait pour conséquence de réduire la production laitière à la première lactation et aux suivantes. Pendant cette période, le rationnement du concentré est inévitable avec un foin ou de la paille à volonté. La croissance d’agneaux disposant d’un aliment équilibré à volonté avec du fourrage est en effet de l’ordre de 300 g par jour.  Pour des agnelles mises à la reproduction à 9 mois, cela signifie un apport de 600 à 700 g de concentré (type aliment pour agneaux de bergerie) avec un foin de qualité moyenne (0,6 à 0,7 UFL). Pour en savoir plus : une fiche technique « itinéraires d’une agnelle de renouvellement productive » et un podcast « Radio Ovins 6 : le tri et la conduite alimentaire des agnelles de renouvellement » sont disponibles sur ciirpo.idele.fr et inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Du sélénium en fin de gestation

La carence en sélénium se manifeste notamment par des myopathies chez les agneaux : «maladie du muscle blanc» ou «raide de l’agneau». La distribution d’un complément minérale et vitaminé (CMV) sous forme de semoulette ou de granulé contenant du sélénium apparaît comme une valeur sûre.  Facile à apporter aux brebis lorsqu’elles sont complémentées en concentré, le sélénium est y souvent déjà inclus lorsqu’il s’agit d’un aliment du commerce. Apporté quotidiennement pendant 4 à 5 semaines en fin de gestation, le complément minéral rétablit le statut des brebis en sélénium. Et en général, aucun apport n’est nécessaire pour leurs agneaux. 

0,4 mg de sélénium par jour
Dans les compléments minéraux commercialisés, le sélénium se présente souvent sous deux formes : le sélénite de sodium et la sélénométhonine. Sachant que les besoins d’une brebis sont de l’ordre de 0,4 mg par jour, il suffit d’ajouter les quantités des deux formes de sélénium indiquées sur l’étiquette puis de calculer l’apport en fonction des doses de CMV apportées aux brebis. Par exemple, l’apport quotidien de 20 g de CMV dosé à 20 mg suffit à couvrir les besoins.
Pour en savoir plus : « Corriger une carence en sélénium pour des brebis en gestation avec un complément minéral vitaminé » sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Le concours du Berger Futé est ouvert !

C’est désormais un point fort du salon TechOvin : lors de chaque édition, les astuces des éleveurs ovins sont mises à l’honneur. Le concours du Berger Futé concerne aussi bien des astuces « matérielles » que des astuces « immatérielles » c’est-à-dire liées à l’organisation du travail. Tout ce qui concerne la contention, l’aménagement de la bergerie, les clôtures mais aussi la reproduction, l’alimentation, la génétique ou le sanitaire peut concourir. Le concours 2019 avait mis en lumière un panel varié. Les astuces lauréates étaient les suivantes : un siège sur roulettes pour intervenir plus facilement sur les brebis aux cornadis, un système de transport des auges à l’herbe et un lève brebis pour inséminer au couloir de contention. 

2 000 € de prix
Le prix spécial du jury 2019 avait été attribué à une marche amovible pour passer par-dessus les cornadis. Ce concours est doté de 2 000 € de prix qui seront partagés entre les gagnants des 3 meilleures astuces. Si vous êtes éleveur ovin et vous avez une astuce, même si elle vous parait anodine, qui vous simplifie le travail au quotidien, vous avez jusqu’au 23 juillet 2021 pour concourir. Un dossier d’inscription est disponible sur le site du salon www.techovin.fr. Les premières astuces sont déjà arrivées !

 Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des brebis dans les vignes

Le pâturage hivernal des vignes par les brebis est une pratique ancienne qui revient au goût du jour. En effet, elle limite l’entretien mécanique et entraine donc des économies de carburant et de temps.  Pour le viticulteur, le passage des brebis dans les vignes une à deux fois au cours de l’hiver participe également au décalage du premier passage de travail du sol avec de l’herbe rase en sortie d’hiver. Cela dilue sa charge de travail entre mi-avril et fin mai. « Les brebis n’abîment rien, indique Camille Ducourtieux de la chambre d’agriculture de la Dordogne. Un suivi de leur comportement¹ a montré qu’elles consomment l’herbe jusqu’au pied des vignes,  les feuilles mortes sur les branches et les restes de rafles. Elles passent facilement sous les fils d’un rang à l’autre sans les endommager. Le pâturage reste toutefois plus facile à gérer avec des inter-rangs larges et du palissage à hauteur ».

Du trèfle en plus 
Après deux pâturages au cours de l’hiver 2018/19 au lycée agricole de Monbazillac (24), les relevés floristiques¹ sur des sols profonds témoignent d’une amélioration de la composition de la flore. Ainsi, la proportion de légumineuses a augmenté de 27 % alors qu’elle est restée stable et faible dans la zone non pâturée par les brebis. « C’est un plus pour la vigne, témoigne Laurent Colombier, de la chambre d’agriculture de la Dordogne. Les légumineuses contribuent à favoriser les insectes sur la parcelle de vigne.  Le trèfle blanc stimule l’activité microbienne du sol. Ce type d’enherbement couvre rapidement le sol et étouffe les espèces indésirables dès leur implantation. Une fois installé, il est peu concurrentiel en été et ne consomme plus d’eau. Les légumineuses sont donc intéressantes dans l’inter rang et sous le rang ». Une  journée technique est prévue le 4 février en Gironde sur le sujet. L’invitation et les documents seront disponibles sur www.idele.fr et  www.inn-ovin.fr.

¹ source : CasDar Brebis_Link conduit par la chambre d’agriculture de la Dordogne
CP : chambre d’agriculture de la Dordogne

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Un petit vent de dynamisme sur la filière ovine

Depuis 2009, la production de viande ovine annuelle est stable. La France a importé 55 % de la viande consommée en 2019, principalement du Royaume Uni (40 % des volumes), d’Irlande (18 %), d’Espagne (14 %) et de Nouvelle Zélande (13 %). « Avec 18 % d’agneaux commercialisés sous Signe Officiel de Qualité en 2018, cette part est supérieure de 9% comparée à 2013 » souligne Cassandre Matras de l’Institut de l’Elevage. L’agneau produit en Agriculture Biologique progresse également. La production de lait de brebis reste en constante augmentation d’environ 1% par an.

Relancer la consommation
Le cheptel français se compose d’environ 5,3 millions de brebis soit 3,7 millions de brebis viande et 1,7 millions de brebis laitières. Après l’Occitanie, la Nouvelle Aquitaine est la seconde région qui compte le plus grand nombre de brebis. Le nombre d’installations progresse depuis quelques années au niveau national. « Selon les données de la MSA et hors cotisants solidaires, 500 installations sont enregistrées par an, poursuit Cassandre. Une installation est enregistrée pour un départ mais avec une taille de troupeau parfois inférieure».  
 
CP : CIV

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Plantes à tanins : l’avis des éleveurs

Sainfoin, chicorée, plantain : ces plantes dites « à tanins » sont traditionnellement utilisées pour la première et plus récemment par des éleveurs à la recherche de nouvelles espèces pour les deux autres. Didier Dussouchaud à Blond en Haute Vienne intègre du plantain dans ses semis de prairies : « Le plantain, mes brebis le mangent à toutes les sauces : en vert, en foin, en ensilage, en enrubannage ». Mickael Taché à Chapelle Saint Etienne dans les Deux Sèvres fait pâturer de la chicorée semée en mélange : « Elle a une très bonne appétence. Par contre, c’est une plante uniquement pour le pâturage, ce qui peut être un inconvénient dans certains systèmes ». Enfin, au GAEC Cassenuejouls à Cornus dans l’Aveyron, les associés incorporent le sainfoin depuis longtemps dans leurs prairies, en pur ou en mélange : « Nous en faisons 4 ou 5 ha en pure pour allonger les rotations et casser le cycle de la luzerne. C’est une plante qui ne météorise pas ».

Des plantes plus résistantes à la sécheresse
Grâce à leurs systèmes racinaires, les sainfoins, plantains et chicorées sont jugées plus résistants à la sécheresse par les éleveurs utilisateurs enquêtés dans le cadre d’une récente étude que de nombreuses espèces fourragères. Par contre, leur utilisation au pâturage n’est pas toujours facile. Le principal inconvénient du sainfoin, outre sa difficulté d’implantation, reste son manque de résistance au piétinement. Les utilisateurs de chicorée regrettent son manque de souplesse d’exploitation. Ils sont contraints de la broyer afin de bénéficier d’une repousse en feuilles pour les animaux. Tous sont intéressés par les essais actuellement en cours concernant une meilleure maîtrise des strongles gastro intestinaux. Ces derniers se terminent à l’automne 2021.
Retrouvez les témoignages de ces éleveurs dans la fiche technique « sainfoin, chicorée, plantain : le pâturage des plantes bioactives par les ovins et les caprins » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Acheter ses agnelles de renouvellement pour vendre d’avantage d’agneaux

L’achat des agnelles chez un sélectionneur ou un multiplicateur représente, à priori, un surcoût pour l’exploitation. « Selon le type génétique, il varie entre 10 et 50 € par animal par rapport au prix de vente d’une agnelle vendue à la boucherie » explique Laurent Fichet, en charge d’une récente étude sur le sujet à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire. Mais en raisonnant à plus long terme et à l’échelle du troupeau, l’intérêt économique s’inverse ! « Les agnelles achetées ont une meilleure productivité numérique*, poursuit Laurent. Elle se situe à 1 agneau par brebis contre 0,9 pour les élevages en auto-renouvellement ». En effet, si la prolificité est équivalente, la fertilité est améliorée et la mortalité des agneaux diminuée (22 % contre 26%). « L’estimation du gain réalisé sur la carrière d’une brebis en fonction du différentiel de performances, une fois le surcoût déduit, se situe entre 20 et 60 € par agnelle achetée », estime Laurent.

Et le sanitaire ?
Pour limiter les risques sanitaires liés à l’introduction d’animaux dans un troupeau, il est conseillé de s’approvisionner tous les ans dans le même élevage. Il est également fortement recommandé de mettre les animaux entrants en quarantaine et de réaliser les contrôles appropriés. Il existe des documents de garantie sanitaire lors des ventes (ex : billet de garantie conventionnelle). Votre groupement de défense sanitaire saura vous renseigner. Enfin, réaliser une transition alimentaire est essentielle pour une bonne adaptation des agnelles. Prendre contact avec le naisseur pour connaitre le mode d’alimentation des agnelles, les traitements …. est alors un plus indéniable.

*nombre d’agneaux vendus et conservés/nombre d’agnelles mises en lutte, 

Etude réalisée par la chambre d’agriculture des Pays de la Loire avec la participation financière du conseil régional. Comparaison en Mouton Vendéen.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

L’eau, le premier aliment des brebis

L’eau d’abreuvement peut être à l’origine de transmission de virus ou bactéries. Elle doit répondre à des recommandations (et non à des normes) sous peine de générer des problèmes de reproduction, de mortalité. Laurent Solas, de la Chambre d’Agriculture de Saône et Loire précise que « si l’eau du réseau ne présente pas de problème, cela n’est pas le cas des autres sources d’approvisionnement. Il est nécessaire de faire analyser l’eau au moins une fois par an pour voir si l’eau mis à disposition des animaux est potable ». D’un point de vue chimique, l’eau doit être sans odeur, présenter un pH entre 6 et 7, avoir une dureté (calcium-magnésium) inférieure à 10° et un RH2 entre 22 et 28. Enfin, une teneur en chlore inférieure à  0,1 ppm est recommandée. D’un point de vue bactériologique, Il est recommandé l’absence totale de germes d’origine fécale. Lorsque les animaux s‘abreuvent directement en cours d’eau, la présence de faune sauvage peut être source de contamination (Ragondins,…).  
 
Des animaux suffisamment hydratés 
Le premier point à vérifier, c’est la quantité d’eau bue par les animaux. « L’installation de compteur d’eau permet d’avoir une idée très précise de la quantité consommée quotidiennement par les animaux et de vérifier si les besoins en eau sont couverts, ajoute Laurent Solas. Cette méthode est peu couteuse et rapide ». Lorsqu’il n’y a pas de compteur installé dans les bâtiments et surtout pour vérifier si les animaux sont bien hydratés pendant le pâturage, il est possible de vérifier la densité urinaire à l’aide d’un réfractomètre. Pour cela, il suffit de prélever l’urine d’un échantillon représentatif d’animaux et de mesurer à l’aide du réfractomètre la densité urinaire. Les résultats sont instantanés. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter votre Groupement de Défense Sanitaire ou votre vétérinaire. 

Article extrait de la brochure de la 15ème rencontre technique ovine de Bourgogne-Franche-Comté

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

C’est le moment d’épandre le fumier sur les prairies

L’apport de fumier ou de compost en automne favorise la future pousse de la prairie. Cet apport agit sur la durée et stimule la vie biologique du sol.  Le phosphore et la potasse contenus dans le fumier sont disponibles rapidement ; l’effet direct est équivalent à celui des engrais minéraux les plus efficaces.  « En l’automne, il faut privilégier un apport de fumier ou compost «vieilli», précise Pauline Hernandez, animatrice du programme Herbe et Fourrages en Centre-Val de Loire. Il n’est pas obligatoire de composter son fumier avant épandage : un fumier stocké 6 mois au champ sans retournement convient ; ce d’autant plus que ce produit contient davantage d’azotes ammoniacal et organique rapidement minéralisables que le compost ». 

Epandre sur sol humide et réchauffé
La difficulté pour l’épandage d’automne réside dans le choix de la période. Le sol doit être relativement humide et réchauffé pour que la biologie du sol soit active et capable de dégrader le fumier épandu. Bien souvent, la période correspondant à ces critères se situe entre octobre et novembre. « L’idéal est d’épandre de 10 à 15 tonnes par hectare avec un épandeur muni d’une table d’épandage qui émiette bien le fumier, poursuit Pauline. Ce dernier se décompose alors plus rapidement. » Il vaut mieux ne pas dépasser 30 tonnes de fumier par hectare. En limitant l’apport, on s’assure d’avoir une dégradation rapide et efficace du fumier. Enfin, attention à la directive Nitrates, selon la zone dans laquelle s’inscrit votre prairie, certaines dates d’épandage ne sont pas permises. Pour en savoir plus : www.herbe-fourrages-centre.fr

CP : Chambre régionale d'agriculture CVL

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Pas assez de paille : pensez au bois en litière

Utiliser des plaquettes de bois en remplacement total de la paille pour la litière des brebis et des agneaux est tout à fait possible. Pour un même niveau de propreté de la litière, l’ajout de plaquettes est deux fois moins fréquent que le paillage. Toutefois les quantités étalées au final sont beaucoup plus importantes. Ainsi, sous-couche comprise, il faut compter 280 kg de plaquettes de bois, soit environ 1 MAP (Mètre Cube Apparent) en équivalence à 100 kg de paille. Ce ratio est le même pour les brebis et les agneaux sevrés. Il est inchangé que les brebis soient alimentées avec une ration sèche ou humide. 

Une autre valorisation du bois de l’exploitation
Le prix d’intérêt des plaquettes de bois est exclusivement lié à celui du prix de la paille. Lorsque le cours de la paille est élevé, l’utilisation du bois de l’exploitation et, dans une moindre mesure, l’achat de plaquettes de bois peuvent s’envisager. Par exemple, pour un prix de la paille de 150 € la tonne, les plaquettes de bois sont plus intéressantes en dessous de 14 € le MAP (Mètre Cube Apparent). Pour en savoir plus, deux vidéos et des fiches techniques sont à votre disposition sur ciirpo.idele.fr (rubrique « toutes les chroniques ovines en vidéo »).

CP : INRAe

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Dérobées : ce qu’il faut éviter

Les brebis s’accommodent très bien de la grande majorité  des espèces fourragères semées en dérobées.  Il y a toutefois quelques espèces qu’il vaut mieux éviter. La moutarde est l’une d’entre elles. A grande dose, cette plante est en effet toxique du fait de sa teneur en glucosinolates. Les autres crucifères telles que le colza, les navettes, les raves ou les radis ne posent par contre pas de problème sanitaire particulier. 
Dans la famille des légumineuses, les trèfles d’Alexandrie et Incarnat sont particulièrement utilisés. Ils présentent entre autre l’avantage de ne pas être acidogènes. Parmi les graminées, seul le sarrasin est susceptible d’induire des problèmes de photosensibilisation sur les animaux. Enfin, attention à la gesse et à la vesce velue : les graines sont toxiques. Celles de gesse par exemple contiennent un neurotoxique à l’origine de défaut de motricité.  Un pâturage avant la montée en graines s’impose donc. Pour en savoir plus : « Les dérobées et les ovins : espèces à privilégier  et modes d’utilisation » sur www.inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Les légumineuses se pâturent

Même semés en pure, la luzerne et le trèfle violet se pâturent, sous réserve de respecter les précautions suivantes. Afin de diminuer les risques de météorisation liée aux légumineuses, il est fortement conseillé de respecter au moins 6 semaines de repousse. D’autre part, une transition alimentaire de quelques jours est préconisée en rentrant les brebis sur la parcelle « le ventre plein » et en allongeant progressivement la durée de pâturage. Le rationnement au fil permet de s’en affranchir. Enfin, il est préférable d’arrêter le pâturage à l’apparition des gelées ou bien d’apporter du foin ou de la paille pour cause de risque de météorisation.

Ne pas pâturer de plantes malades
Toute maladie fongique ou parasitaire de la luzerne et dans une moindre mesure du trèfle violet entraîne une production d’œstrogènes de la plante (coumestrol). Cela peut avoir des conséquences sur la fertilité des animaux, mâles et femelles, si les animaux sont en période de flushing ou en lutte.  En fin de gestation, des avortements sont à craindre. En cas de doute, il est par conséquent préférable de ne pas inclure ces légumineuses sous quelque forme que ce soit dans la ration de brebis au cours de ces périodes.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Les glands : toxiques à grande dose

Lors des changements de parcelle ou de passages dans les chemins, les brebis se précipitent sous les chênes pour consommer les glands, particulièrement nombreux cet automne. En période de grand vent, il n’est pas rare de surprendre les brebis attroupées sous ces arbres. Elles attendent que les glands encore verts tombent ! Or, ces glands immatures sont les plus toxiques. Ils ont en effet conservé leur capsule qui est la partie la plus concentrée en tanins alors que les glands mûrs qui tombent naturellement sont consommés sans la capsule. Le tanin libère du pyrogallol, une substance toxique pour les reins lors de consommation importante. La dose nuisible n’est pas précisément connue. Si les glands sont bien secs et que l’ingestion est régulière, les risques sont peu élevés.  

Des tannins toxiques
Il faut avant tout essayer de prévenir l’intoxication, car les traitements sont illusoires et la maladie difficile à détecter.  Les animaux ne doivent pas avoir une grande quantité de glands à disposition sans en avoir consommé les jours précédents. On peut choisir de faire pâturer les parcelles avec des chênes par les lots de brebis de taille importante. La solution de la pose d’une clôture électrique est possible mais très contraignante.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

De la prolificité sur les agnelages d’été

Un mois avant la mise bas, l’alimentation des brebis doit être soutenue surtout pour les portées doubles et triples afin de limiter le taux de mortalité des agneaux. Quelles que soient les quantités d’herbe disponibles, une complémentation est nécessaire quatre à six semaines avant l’agnelage pour les brebis avec des portées triples. Il est parfois aussi simple de les rentrer en bergerie. Pour les brebis avec des doubles, compter 500 g de céréales au cours des trois dernières semaines de gestation. Si l’herbe vient à manquer, la ration doit être enrichie en concentré azoté et augmentée 15 jours avant l’agnelage.

Du bon foin
Une partie des foins a exceptionnellement été récoltée au 15 mai cette année. Les graminées étaient juste épiées et ces bottes sont donc de meilleure qualité que celles récoltés 3 à 4 semaines plus tard. En matière de valeur alimentaire, on estime le gain à environ 15 % d’UFL et 30% de PDI. Pour un lot de 100 brebis en lactation pendant 70 jours, l’économie de concentré est de l’ordre de 100 à 180 € selon sa nature. Attention car ces fourrages de faible encombrement et appétents peuvent induire des prolapsus. Il vaut mieux les réserver pour la lactation ou à défaut, les rationner en ajoutant un fourrage plus grossier. 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Pédiluve sec, une alternative à l’humide

Pour être efficace, le pédiluve humide nécessite des conditions strictes sans lesquelles le remède peut être pire que le mal. Ces dernières concernent la dose de dilution du produit utilisé et le temps de stationnement. L’aménagement des pédiluves et leur propreté ont également une grande importance sur l’efficacité de l’intervention. Le pédiluve sec a pour avantages une mise en place facile, un passage plus fluide des animaux, peu de salissement et l’élimination plus simple des résidus.

6 à 8 cm d’épaisseur

Laurent Saboureau de l’Alliance Pastorale indique que « plusieurs solutions sont proposées sur le marché. Certaines ont pour objectif de priver les bactéries pathogènes des conditions favorables à leur développement en asséchant le pied et en faisant chuter le pH vers 3,5, tout en favorisant la régénération de la peau et de la corne et en augmentant la dureté des onglons. D’autres sont des solutions biologiques qui associent sur un support asséchant des bactéries bénéfiques qui viennent concurrencer les bactéries du piétin sur le plan spatial et nutritif, et ainsi contre-carrer leur développement ». En cas de boiteries, deux passages hebdomadaires pendant 3 à 4 semaines sont conseillés avec une épaisseur de 6 à 8 cm sur 3 m de long.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Evaluer la valeur du méteil en grains avant de le distribuer

Le méteil a pour particularité de présenter des proportions des espèces semées très variables d’une année sur l’autre. S’assurer que sa valeur alimentaire est adaptée aux animaux auxquels il est destiné est indispensable. Les céréales et protéagineux étant riches en énergie, cette composante de la valeur alimentaire ne pose pas de problème avec les méteils sauf si la proportion d’avoine dépasse 40 %. Par contre, le mélange peut s’avérer trop pauvre en azote. Pour connaitre cette valeur, le comptage est une méthode simple et gratuite. La marche à suivre est la suivante. Un échantillon représentatif du méteil d’un kg environ est prélevé puis chacune des espèces est séparée au tamis ou à défaut, à la main (trier un kg est alors fastidieux). Puis, chaque espèce est pesée et exprimée en pourcentage. Enfin, il reste à calculer les valeurs alimentaires du mélange à partir des tables INRA.

Pour en savoir plus et connaitre les alternatives si les valeurs alimentaires du méteil ne sont pas suffisantes pour équilibrer la ration des brebis ou des agneaux, vous pouvez consulter la fiche technique « du méteil en grains adapté à la finition des agneaux de bergerie » sur ciirpo.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Les installations en ovins viande augmentent 

Depuis quelques années, le nombre d’installations en production ovin viande est en augmentation. Christophe Perrot, de l’Institut de l’Elevage, indique que, d’après de nouvelles analyses des données de la MSA (hors cotisants solidaires), « 500 installations sont enregistrées par an avec un troupeau de plus de 50 brebis viande, dont 300 à 400 en font leur activité d’herbivores dominante ». Aujourd’hui, 30 % des brebis sont élevées dans des exploitations ayant au moins un exploitant ou coexploitant de moins de 40 ans, ce qui témoigne d’une certaine attractivité de la production. A titre de comparaison, cette proportion est de 29% pour les vaches laitières ou allaitantes et de 34% pour les chèvres. 

Des installations après 40 ans
Par ailleurs, 47% du cheptel d’ovins viande reste détenu par des éleveurs de plus de 50 ans (4 points de plus qu’en bovins). Deux tendances sont à noter. La première concerne l’âge des éleveurs lors de leur installation. Depuis le début des années 2010, un quart d’entre eux a plus de 40 ans. La seconde concerne la taille des troupeaux. En exploitation spécialisée, 30% s’insèrent dans des GAEC avec 523 brebis de moyenne et 38% s’installent en individuel  avec 245 brebis en moyenne. La part des pluriactifs est de 19% avec 198 ou 151 brebis selon la place de l’activité agricole, principale ou secondaire. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le Webinaire : « L'élevage français aux défis du renouvellement des générations et de la compétitivité »

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Finir des agneaux à l’herbe

Pour les exploitations adaptées à cette pratique, opter pour un allaitement et une finition des agneaux à l’herbe est une solution pour économiser des aliments concentrés. Le coût de la ration est d’autant plus réduit par rapport à une alimentation en bergerie que la part des aliments concentrés distribués est faible. L’intérêt économique se trouve diminué avec un apport de concentré et à fortiori lorsqu’il est disponible à volonté ; ou bien avec la rentrée en bergerie en automne des agneaux non finis à l’herbe. Ainsi, on estime à 5,4 € le coût de la ration d’un agneau fini exclusivement avec de l’herbe et à 9,6 € avec un apport de 300 g de céréales par agneau et par jour.

A moduler pour le temps de travail
Lorsque un tiers des animaux est fin en bergerie en automne, le coût de la ration s’élève à 13,9 € contre 22,7 € pour un agneau fini en bergerie après le sevrage. Finir des agneaux à l’herbe sans concentré induit un temps de travail inférieur de 50 % à celui passé avec une alimentation en bergerie. Avec un apport quotidien de concentré à l’herbe et un quart des agneaux d’herbe finis en bergerie en automne, cet écart s’annule totalement. 
Pour en savoir plus : ciirpo.idele.fr avec le dossier WEB ECOLAGNO et de nouvelles références.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des dérobées pour finir les agneaux

Le pâturage des couverts végétaux semés en été au cours de l’allaitement et en finition diminue le coût de la ration de 17 € par couple brebis/agneau(x) par rapport à celui d’une alimentation en bergerie. Toutefois, cet intérêt économique implique d’une part un itinéraire simplifié lors du semis, d’autre part un coût de semences peu élevé. De plus, le rendement doit être suffisant pour autoriser un niveau de chargement de 20 agneaux finis par hectare. Si ces conditions ne sont pas réunies, élever et finir les agneaux en bergerie avec des fourrages de l’exploitation et un concentré peut s’avérer plus intéressant. 

Le même « bon goût » d’agneau
Les carcasses des agneaux finis sur couverts végétaux ne présentent pas de problème de finition. Toutefois, les animaux affichent des croissances inférieures de 16 % à ceux alimentés en bergerie. En conséquence, un mois supplémentaire est nécessaire pour les finir. Une éventuelle modification du prix de vente est alors à intégrer selon la période.
Aucune différence en matière de qualités sensorielles de la viande n’a été mise en évidence entre les agneaux finis sur dérobées et leurs homologues en bergerie. Après avoir dégusté plus de 20 agneaux de chacun des 2 types, le jury d’experts n’a ainsi détecté aucun écart d’odeur, de flaveur, de tendreté ni de jutosité. 
Pour en savoir plus : ciirpo.idele.fr.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Le constat de gestation améliore la marge brute

Des brebis à jeun, une opération réalisée 45 jours après le retrait des béliers et un opérateur expérimenté : telles sont les conditions à respecter pour que le constat de gestation soit fiable. Pour les mises à la reproduction du début du printemps au milieu de l’été, cette technique est devenue incontournable. Avec un taux de fertilité de 80%, le constat de gestation sans dénombrement du nombre d’agneaux améliore la marge brute de 7,70 € par brebis mise à la reproduction en prenant en compte un coût de 1 € pour la prestation. 

Moins de concentré
Cet écart est essentiellement lié à une augmentation de la productivité numérique du fait d’une remise en lutte rapide des brebis vides et à une moindre consommation de fourrage et de concentré des improductives. Avec un taux de fertilité plus faible, l’intérêt de cette technique est encore plus important. Le dénombrement et la séparation des brebis par taille de portée au cours du dernier mois de gestation permettent une augmentation de la marge brute de 1 € supplémentaire par brebis luttée grâce à des économies de concentré. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche technique « le constat de gestation, une technique pour améliorer le résultat économique » sur ciirpo.idele.fr.
 
CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des bottes de foin qui ne chauffent pas

Cette année, une partie des foins a été récoltée particulièrement tôt, dans la deuxième quinzaine de mai. Vérifier que les bottes ne chauffent pas au cours des dix jours qui suivent le pressage est une sage précaution. Pour ce faire, il est possible d’utiliser une sonde à fourrage.

Si la température au centre de la botte se situe en dessous de 40°C, il n’y a pas de problème.

Entre 40 et 60°C, le foin est en train de chauffer : il convient alors de surveiller l’évolution de sa température puis de les stocker les bottes dans un endroit aéré, sans les entasser afin que l’air circule.

Au-delà de 60°C, le danger d’incendie est important voir très important au dessus de 80°C : contacter alors les pompiers pour connaître la marche à suivre.

Différents modèles de sonde sont disponibles à des prix qui commencent aux environs de 100€. Certaines chambres d’agriculture et assureurs en mettent également à disposition des éleveurs gratuitement. 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Désinfecter la bergerie pour réduire la pression infectieuse

 « Certaines bactéries sont particulièrement résistantes dans les fumiers comme les salmonelles par exemple, indique Aurore Raffier de la CDAAS. D’autre part, des parasites (cryptosporidies et coccidies) se trouvent dans l’environnement sous la forme d’ookystes qui sont très difficiles à détruire et peuvent survivre plusieurs mois dans l’environnement ». Le but de la désinfection est de réduire la pression infectieuse, évitant ou retardant les maladies hivernales. L’objectif n’est pas d’assurer zéro microbe mais de limiter la quantité de micro-organismes présents. Toute désinfection est inutile si un nettoyage suffisant des locaux n’a pas été réalisé. En effet, le fumier est un réservoir à microbes. C’est pourquoi, il est indispensable de retirer un maximum de matières organiques avant de désinfecter.

Choisir le bon désinfectant
Il existe une grande variété de désinfectants. « Si le contexte sanitaire de l’élevage est globalement favorable, un désinfectant à large spectre d’activité sera choisi, ajoute Aurore. Le protocole d’utilisation d’un désinfectant est spécifique. Il est important de suivre les indications du fournisseur ».  Après le curage et avant la désinfection, Laurent Saboureau de l’Alliance Pastorale conseille d’utiliser pour l’étape du nettoyage un détergent qui aide à désincruster et à détacher la saleté. « Cela évite la persistance des biofilms protecteurs des germes, et améliore ensuite l’efficacité de la désinfection, explique-t-il. Contrairement à celui des désinfectants, le tarif des détergents est assez faible, et le ratio bénéfice/coût est donc élevé ». 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Les leviers pour éviter les résistances aux antiparasitaires

Selon Philippe Jacquiet, enseignant chercheur à l’école nationale vétérinaire de Toulouse, le développement des résistances aux anthelminthiques va devenir l’un des défis de ces prochaines années en matière sanitaire. En France, elles ne concerneraient actuellement que les strongles gastro intestinaux. Les alertes sur d’autres parasites n’ont pas été confirmées. « On sait aujourd’hui que les résistances à la famille des benzimidazoles perdurent pendant des années, précise le vétérinaire.  Pour les autres familles, il ne faut pas trop compter sur la réversibilité ». Trois leviers sont actuellement à disposition des éleveurs ou à l’étude. 

Savoir où on en est
« Le premier levier consiste à connaitre les produits qui restent efficaces sur son exploitation et ceux qui ne le sont plus, poursuit Philippe Jacquiet. Les tests d’efficacité sont assez simples à réaliser et peu couteux. Il s’agit de réaliser des coproscopies avant et après traitement selon un protocole précis. Si vous êtes intéressé, vous pouvez consulter votre vétérinaire ». Le second levier consiste à utiliser les matières actives efficaces de façon raisonnée. Les animaux ne sont déparasités que si besoin, résultats coproscopiques à l’appui. Et dans la même année, ces matières actives sont alternées. La troisième étape est actuellement à l’étude. Il s’agit de méthodes alternatives telles que la phytothérapie ou la génétique.   

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Du nouveau sur Equip’InnOvin

L’outil WEB Equip’InnOvin, mis en ligne en octobre 2019, propose des exemples d'aménagement de bâtiments accompagnés de leurs caractéristiques en matière de facilités de travail avec la participation du CIIRPO. Des plans d'équipements sont également à votre disposition. De nouvelles fiches viennent d’être ajoutées. En matière d’astuces, vous y trouverez un système de rangement des claies sur le bardage, un portillon pour les cornadis et des augettes pour cases d’agnelage. Deux astuces du concours du Berger Futé de l’édition 2019 de TechOvin  sont également nouvellement en ligne : le passe-pied pour les cornadis et une tablette amovible.

De nouveaux plans
Si vous êtes intéressés pour construire une salle de tonte, les plans sont désormais disponibles. Un système astucieux pour attraper les brebis pour la tonte est également en vidéo. La transformation d’un poulailler en bergerie est illustrée en photos. Des fiches techniques avec des plans et coûts de salles de transformation fromagère sont également en ligne. Enfin, vous trouverez de nouvelles recommandations (températures pour les animaux, distances minimales d’implantation entre deux bâtiments) ainsi que des méthodes de contention pour attraper ou assoir une brebis. Au cours de l’été, un volet spécial « parc de contention » sera disponible avec les recommandations et des plans. 

CP : CIIRPO 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des bascules connectées

Le marché des bascules connectées se développe. Les distributeurs annoncent un débit de 400 à 600 brebis à l’heure avec une lecture automatisée des boucles électroniques et de 250 à 300 brebis à l’heure avec une lecture manuelle. Après la pesée, le tri des animaux peut également être réalisé automatiquement sur des critères choisis et pré-enregistrés : poids, âge, sexe…. Cette opération peut être réalisée sans aucune intervention humaine que celle de les faire circuler dans le couloir et la bascule. Selon les modèles, le coût de ces bascules connectées varie de 8 000 à 20 000 €. Il est très important de se renseigner auprès du fournisseur afin de vérifier la compatibilité avec les logiciels de gestion de troupeau. Une liste non exhaustive des bascules sur le marché français en 2020 est indisponible sur la fiche technique « des bascules connectées » sur ciirpo.idele.fr et www.innovin.fr. Vous y trouverez également une vidéo « un système de tri automatique intégré au parc de contention ». Parmi les évolutions possibles, une bascule dans laquelle les brebis et agneaux, iraient se peser tout seul dans leur parcelle au pâturage ou bien sur leur aire paillée va être prochainement testée au CIIRPO, sur la ferme expérimentale du Mourier (87). 

CP : CIIRPO 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des lactations plus longues à l’herbe

Avec des lactations en bergerie, il est usuel de sevrer les agneaux vers 70 à 80 jours. Et pourtant, même en diminuant nettement le niveau d’alimentation des brebis à partir de 6 semaines de lactation, les adultes ont toujours du lait et la question de reporter le tarissement peut se poser. Trois essais réalisés ces dernières années semblent montrer qu’un sevrage précoce reste préférable. A la ferme expérimentale de Carmejane (04), avec des agneaux Préalpes du Sud, le sevrage à 100 jours a permis d’économiser 11 kg de concentré par agneau par rapport à un sevrage à 70 jours. Par contre, le bilan alimentaire des brebis fait apparaitre un solde de 8 kg de céréale et de 40 kg de foin en défaveur des lactations longues. Au CIIRPO, sur le site du Mourier, le constat est le même avec des agneaux de type prolifique sevrés à 70 ou 110 jours. L’économie de concentré chez les agneaux est modeste avec un sevrage tardif alors que les brebis consomment 17 kg de concentré en plus. 

2 à 5 € de plus par agneau en bergerie
Au final, un sevrage tardif lorsque les brebis sont en bergerie entraîne une augmentation du coût de la ration (brebis et agneaux) de 2 à 5 € par agneau selon la nature du fourrage et le niveau d’ingestion des brebis en lactation.
Le constat est différent avec des lactations à l’herbe. Dans la mesure où les disponibilités en herbe le permettent, un sevrage précoce n’induit pas d’économie, au contraire. En effet, l’herbe pâturée reste l’aliment le moins cher. Un tarissement des brebis avec 110 ou 120 jours de lactation est alors usuel. Les agneaux continuent à bénéficier du lait de leurs mères et mangent de l’herbe avec éventuellement un complément de concentré. Par contre, si les brebis sont peu laitières, trop maigres ou bien qu’une accélération du mode de reproduction est prévue, un sevrage plus précoce reste conseillé. 

CP : CIIRPO 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des agnelles de renouvellement à l’herbe sans concentré

À la mise à l’herbe de printemps, une transition alimentaire est à prévoir pour les agnelles de renouvellement nées en automne. Il est possible d’ajouter quelques brebis (de réforme par exemple) au lot d’agnelles afin de faciliter l’apprentissage. Les brebis les guident jusqu’au point d’eau et aux abris. Pour faciliter cette transition, deux solutions sont possibles : apporter du concentré à l’herbe pendant une ou deux semaines ou supprimer le concentré quinze jours avant la mise à l’herbe à condition toutefois que le foin soit de bonne qualité. Les objectifs de croissance de la mise à l’herbe à la mise en lutte varient en fonction de l’âge à la mise à la reproduction. Dans tous les cas, l’herbe de printemps suffit alors à équilibrer la ration. L’apport de concentré est inutile.

Des animaux sensibles au parasitisme
Si la mise en lutte est précoce, c’est-à-dire à l’âge de 8/9 mois, la croissance doit être soutenue avec 120 g par jour. Il peut s’agir par exemple d’agnelles nées en octobre et épongées en juin. Une mise à la reproduction plus tardive (10/12 mois) reste moins exigeante en matière de croissance : 50 g par jour suffisent alors pour atteindre l’objectif de 47 kg minimum. C’est le cas par exemple d’agnelles nées en novembre et mises à la reproduction en septembre.
Une attention particulière doit être portée au parasitisme. Bien qu’âgées de 4 à 7 mois à la mise à l’herbe, ces agnelles qui n’ont jamais pâturé ne disposent d’aucune immunité car elles n’ont jamais été en présence des parasites qui se développent à l’herbe (strongles et ténia). Prenez contact avec votre vétérinaire et votre technicien pour bâtir un protocole adapté à votre élevage. Pour en savoir plus, vous trouverez des fiches techniques et vidéos sur www.idele.fr onglet réseaux et partenariats/CIIRPO et sur www.inn-ovin.fr. 

CP : CIIRPO 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Enrubanner la première coupe de luzerne

Pour la première coupe réalisée en enrubannage, le stade optimum de fauche de la luzerne est le début du bourgeonnement. Cela signifie que sur 20 tiges cueillies au hasard,  4 soit 20 % présentent des boutons floraux. Le sol doit également être très bien ressuyé. Dans le cas contraire, rien ne repousse sous les passages des roues. Comme tous les enrubannnages, l’objectif est de récolter un fourrage à 50-60 % de matière sèche. Avec de bonnes conditions de récolte, on peut compter sur un fourrage dosant 0,7 UFL et 110 g de PDIN et 90 g de PDIE par kg de matière sèche. Pour des brebis en lactation, un apport de céréales et de complément minéral suffit alors pour celles qui allaitent des simples. 

Travailler « à la fraiche »
La luzerne a comme particularité de ne pas être facile à récolter. Les feuilles, particulièrement fragiles, se détachent facilement des tiges. Afin de conserver un maximum de feuilles, toutes les opérations sont réalisées lorsque celles-ci sont humidifiées, c'est-à-dire en début de matinée et en soirée. Par exemple, le premier jour, la parcelle est fauchée après la rosée matinale et fanée 2 heures après. Le soir, elle est andainée. Le lendemain ou surlendemain, elle est pressée juste après la levée de la rosée ou bien les andains sont retournés puis pressés le soir à la rosée.  

CP : CIIRPO 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

OK, éleveur : du nouveau pour vous informer

La première plateforme interactive dédiée aux éleveurs « OK Eleveur », mise en ligne à l’automne dernier, est plus que jamais à votre disposition en cette période de confinement. Cet espace communautaire est dédié à l’élevage des herbivores : bovins, équins, ovins et caprins. Parmi les 645 articles et 75 outils d’aide à la décision, vous y trouverez un espace spécial « covid 19 » en entrant soit par la filière ovine, soit par le moteur de recherche. Plusieurs articles sont alors à votre disposition concernant l’alimentation des agneaux dont la vente serait reportée, l’insémination animale, le contrôle de performances, la tonte… Vous pouvez également être mis en relation avec des spécialistes, des conseillers et des communautés d’éleveurs. L’utilisateur, après avoir ouvert gratuitement un compte, peut poser directement des questions à des experts et s’inscrire sur des réseaux sociaux en rapport à ses attentes. Ok Eleveur apporte des solutions concrètes, argumentées et illustrées de témoignages. Vous y trouverez également de nombreuses publications du CIIRPO. 

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Mangez de l’agneau, c’est bon pour la santé !

Riche en protéines de bonne qualité, la viande d’agneau est également une source de vitamine B12 et de minéraux essentiels. Sa teneur en protéines se situe en effet à 22% et est stable selon le sexe, l’âge et le mode d’alimentation de l’agneau. De plus, ces proteines sont de bonne qualité car elles contiennent tous les acides animés indispensables en proportions équilibrées. Enfin, elles sont bien assimilées par l’organisme. Par ailleurs, consommer 100 g de viande d’agneaux couvre 30 % des apports recommandés quotidiens en vitamines B12. Les aliments d’origine animale constituent la source alimentaire quasi exclusive de cette vitamine qui est indispensable à la formation des globules rouges. Ceux d’origines végétales en sont dépourvus.

Une des meilleures sources de fer
Comme pour les autres viandes, l’apport en fer de celle d’agneau est aussi intéressant quantitativement que qualitativement. De plus, le fer est sous forme héminique à 46%, donc beaucoup mieux absorbé. D’autre part, 100 g de viande d’agneau couvrent 17 à 32% des apports recommandés quotidiens en zinc. Enfin, la finition des agneaux en bergerie avec des aliments concentrés supplémentés en sélénium se traduit par des teneurs élevées de ce minéral dans les viandes. La noix de cotelette d’agneaux finis à l’herbe contient quant à elle des oméga 3. Ces teneurs peuvent paraitre faibles dans l’absolu mais elles contribuent malgré tout aux apports. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche technique « la viande d’agneau, un atout santé » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

CP : CIV

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Rationner les agneaux pour reporter les ventes

Suite au confinement lié au Covid-19, une partie des ramassages d’agneaux est reportée dans les prochaines semaines. Si votre acheteur vous confirme ce report, le rationnement est la meilleure solution. Un arrêt total du concentré est déconseillé : les agneaux vont maigrir et il sera compliqué de leur faire reprendre du poids par la suite. S’il s’agit de reporter de 15 jours la date de commercialisation d’agneaux auxquels il manque 5 à 10 kg pour être abattus, le niveau de rationnement du concentré se situe entre 800 g et 1 kg pour les mâles, et entre 700 et 800 g pour les femelles. Cette pratique n’entraine pas de consommation supérieure de concentré. En revanche, les quantités de fourrages distribuées sont doublées.

500 g de concentré avec de la paille
Si le départ des agneaux prêts à partir est reporté, un rationnement sévère les stabilise au même poids. Pour un aliment dosant 0,92 UFV, les rations quotidiennes seraient de 600 g pour les mâles et de 500 g pour les femelles avec de la paille à volonté. La pesée des animaux et leur observation restent de mise afin de modifier ces niveaux de rationnement s’ils n’étaient pas adaptés au type génétique. Pour en savoir plus, consulter la lettre technique des éleveurs ovins n°40 sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Les bonnes prairies plus productives en pâturage cellulaire

Avec la technique du pâturage cellulaire (ou tournant dynamique), les brebis changent de mini parcelles tous les un ou deux jours. Le chargement instantané (nombre de brebis à un moment donné sur la parcelle) est supérieur à 300 brebis par hectare contre 80 brebis pour le pâturage tournant « classique ». Selon une récente étude¹, ce type de pâturage se traduit par une augmentation du rendement annuel des prairies. Cette amélioration est plus marquée sur les prairies de moins de 5 ans. Elle se situe en moyenne à 27 % par rapport aux prairies conduites en pâturage tournant. Au cours des étés particulièrement secs de 2018 et 2019 (97 mm en trois mois), cet écart est toutefois considérablement réduit. Par ailleurs, la production des prairies de plus de 5 ans n’est améliorée que de 250 kg de matière sèche par hectare et par an, soit 5% par rapport au pâturage tournant. 

(¹) étude conduite pendant cinq ans au Centre Interrégional d’Information et de Recherche en Production Ovine (CIIRPO) sur le site expérimental du Mourier
CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Réformer les brebis atteintes de piétin : une solution efficace mais onéreuse

La moitié des éleveurs participant à une récente étude¹ sur le piétin réforme les animaux atteints. Ils estiment que ce moyen de lutte est efficace pour limiter la maladie sur l’ensemble du troupeau. Cependant, la majorité des personnes enquêtées le font au moins après deux récidives. Le remplacement de ces brebis réformées implique en effet une  augmentation du taux de renouvellement difficile à mettre en pratique lorsque le nombre d’animaux atteints est important. Et pourtant, la réforme est un mode de sélection génétique car ce sont également les animaux les plus sensibles. Cette méthode est pratiquée dans d’autres pays comme l’Australie avec succès. Elle doit toutefois s’accompagner de précautions lors d’introduction d’animaux. Ainsi, les achats de reproducteurs sont réduits au maximum afin de ne pas réintroduire la bactérie dans le troupeau. Le cas échéant, une quarantaine est mise en place. 


170 € par brebis réformée 

Danielle Sennepin de la Chambre d’agriculture de la Creuse précise que « que si on prend en compte l’ensemble des couts sur 3 ans  (moins d’agneaux vendus, prix des réformes boiteuses moindre, productivité inférieure du troupeau), le remplacement d’une brebis atteinte par le piétin par une agnelle de renouvellement est de l’ordre de 170 € par animal. Mais ce calcul ne tient pas contre des contre-performances induites par la maladie. En effet, la baisse de production d’une brebis atteinte de piétin est difficilement chiffrable.  Mais on sait par ailleurs que 0,2 agneau vendu en moins par brebis, c’est environ 30 € de marge brute en moins auquel il faut ajouter la moindre valorisation des réformes et le travail supplémentaire ».

(¹) étude portée par l’Institut de l’Elevage avec de nombreux partenaires et financée par Ecoantibio 2017

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

L’application Bergerie Futée s’enrichie de nouvelles vidéos

Créée dans le cadre d’Inn’Ovin, cette application met en ligne des vidéos d’équipements qui permettent de gagner du temps et du confort de travail en bergerie. Entre le matériel Hi Tech et l’astuce d’éleveur, de la distribution de l’alimentation, au paillage, de la traite en passant par la contention, une trentaine de solutions sont visionnables. Nouveauté pour ce début d’année, l’intégration de vidéos des trucs et astuces présentés au concours Berger Futé de Tech Ovin.

Les bonnes questions à se poser avant de s’équiper
Conçu pour montrer la diversité des solutions à la disposition des éleveurs  et les inciter à s’équiper, cet outil présente également les questions à se poser avant d’investir dans un équipement. D’après Karine Lazard, conseillère ergonome à la chambre d’agriculture du Cher, « faire le bon choix n’est pas facile. L’innovation est permanente et les matériels et équipements proposés aujourd’hui sont de plus en plus divers, sophistiqués, voire coûteux. Les éléments à prendre en compte sont nombreux et le matériel parfait, qui fait tout, parfaitement adapté et pas cher, n’existe pas ».  Il faut faire des compromis et l’un des moyens pour réduire les erreurs de choix est de bien préparer son projet en se posant les bonnes questions. 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse 
Audrey DESORMEAUX, Fédération Nationale Ovine

 

Deux autres moyens de lutte contre le piétin 

Souvent associé au parage, le passage au pédiluve est pratiqué par les deux tiers des éleveurs enquêtés lors d’une récente étude¹. Cette pratique est essentiellement mise en œuvre en curatif, lorsqu’une proportion non négligeable du lot présente des boiteries. Dans la très grande majorité des cas, les brebis y réalisent un seul passage, sans stationnement, ce qui est insuffisant pour obtenir l’efficacité souhaitée (2 passages au moins par semaine pendant 3 à 4 semaines, et un stationnement de plusieurs minutes sont nécessaires pour les pédiluves humides). De ce fait, l’efficacité du pédiluve et son coût restent souvent décriés. De plus, les éleveurs associent le pédiluve à un risque pour la santé humaine et l’environnement. Au parage curatif, les éleveurs associent très majoritairement l’antibiothérapie par voie locale. 

1 € pour une brebis de 70 kg
Les antibiotiques sont généralement à base d’oxytétracycline et sous forme de sprays. Seules les lésions les plus sévères impliquent une utilisation par voie générale. Selon les éleveurs, l’efficacité de ce moyen de lutte explique qu’ils ne puissent pas s’en passer pour la prise en charge des onglons particulièrement atteints. Pour autant, ils en connaissent les risques et estiment cette solution trop onéreuse. Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale souligne que « localement et en première intention, il est aussi possible d’utiliser un aérosol spécifique des lésions du pied, à base de chélates de cuivre et de zinc, afin de limiter le recours systématique aux antibiotiques. Les lésions les plus anciennes, profondes, infectées et douloureuses doivent faire l’objet d’une administration par voie générale d’un antibiotique, en complément d’une utilisation par voie locale. Les tétracyclines ou macrolides sont alors utilisés. L’échec de l’antibiothérapie devra signer la réforme de la brebis. » Il faut compter 1 € pour une injection d’oxytétracycline à une brebis de 70 kg. 


(¹) étude portée par l’Institut de l’Elevage avec de nombreux partenaires et financée par Ecoantibio 2017

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Le parage : un passage obligé pour se débarrasser du piétin

Première cause de boiterie, le piétin est une maladie dont il est très difficile de se débarrasser. Cinq moyens de lutte sont utilisés en élevages ovins viande, soit seuls soit associés. Les avis des éleveurs concernant l’efficacité de ces pratiques restent toutefois contrastés selon une récente étude¹.  
Le parage est le plus utilisé d’entre eux. Parmi les éleveurs enquêtés, 93 % pratiquent le parage des onglons et 80 % le jugent efficace. La forme la plus répandue reste le parage curatif. Suite à l’observation des animaux, ceux présentant une boiterie sont attrapés, examinés puis parés si besoin dans les jours qui suivent. La corne excédentaire du sabot, résultant d’une croissance anormale ou de lésions, est alors enlevée. 

Ramasser les onglons atteints
Si cette pratique reste relativement efficace, elle est particulièrement gourmande en temps de travail. Pierre Autef, vétérinaire à Bellac (87), souligne que « lorsque les onglons sont atteints, il est conseillé de nettoyer le sécateur entre chaque brebis. Le recours à deux sécateurs dont l’un qui trempe pendant que l’autre coupe est possible. La corne malade doit également être ramassée puis détruite après le parage car la bactérie responsable peut résister 42 jours dans des débris de corne et augmenter le risque infectieux. La même stratégie de parage doit être mise en place lors de la quarantaine qui suit l’achat et l’introduction des animaux sur l’exploitation. Le piétin est en effet « une maladie qui s’achète » ».
Les autres moyens de lutte contre le piétin seront l’objet de prochains articles de la chronique ovine.

(¹) étude portée par l’Institut de l’Elevage avec de nombreux partenaires et financée par Ecoantibio 2017

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des agnelles de renouvellement rationnées pour devenir de bonnes laitières

À partir de l’âge de deux mois, la phase de différenciation mammaire est engagée.
Des niveaux de croissance trop élevés jusqu’à la puberté (vers 6 mois) entraînent une diminution du potentiel laitier. Le tissu adipeux se dépose en effet dans la mamelle au détriment du tissu excréteur. Et cette évolution est irréversible ! Les agnelles grasses avant la puberté resteront de mauvaises productrices de lait. Si les animaux sont alimentés en bergerie,  il est temps de les préparer à leur future carrière de reproductrice dès le sevrage. Leur ration est alors adaptée pour une croissance de 100 à 150 g par jour. 

600 g de concentré
Le concentré est alors rationné deux semaines après le sevrage en adaptant les quantités à la qualité du fourrage. Par exemple, avec un foin de graminées de qualité moyenne (0,6 à 0,7 UFL), 500 à 600 g d’un aliment de type « agneaux » sont distribués au quotidien. Il faut alors compter 3 à 4 agnelles au mètre linéaire d’auge. Pour favoriser au maximum l’ingestion et développer correctement la panse de l’animal, le fourrage doit impérativement être distribué à l’auge tous les jours et être aéré. Sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr, vous trouverez des vidéos, podcast et fiches techniques sur le sujet. 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Du nouveau sur Equip’Innovin

L’outil WEB « équip’Innovin » met à disposition des plans de bergeries pour des brebis viande, des brebis laitières et des agneaux sevrés. Il a été mis en ligne en octobre 2019. Les recommandations en matière de logement des animaux sont également disponibles ainsi que des astuces d’éleveurs. L’outil vient de s’étoffer de quelques nouveautés. Vous y trouverez en effet de nouvelles astuces d’éleveurs avec trois nouveaux plans de systèmes d’accroche faciles des claies aux barres d’auge et aux cornadis ainsi qu’un chariot de transport des claies. Trois nouveaux plans de bergerie ont également été réalisés, avec entre autres, des auges installées dans la largeur.

Des solutions contre les « coups de chaud »
L’onglet « recommandations » n’est pas en reste avec par exemple des solutions d’équipement la bergerie pour faire face aux fortes chaleurs. En l’occurrence,  c’est l’apport de vitesse d’air au niveau des animaux qui réduit la température ressentie. Les bardages amovibles installés en partie basse sont donc d’une meilleure efficacité en été. Si le bâtiment peut être totalement ouvert pour l’été (de type hangar qui fait office de parasol), il est également possible de l’équiper sur les longs pans de rideaux amovibles constitués de filets brise-vent ou de bâches pleines. Vous trouverez l’outil « Equip’Innovin » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr. De nouvelles fiches seront ajoutées en mai. 

CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Résistance aux antiparasitaires : les résultats dans 7 élevages

Dans 7 élevages situés en Haute-Vienne et au nord de la Corrèze, les 6 matières actives contre les strongles gastro intestinaux ont été testées : fenbendazole, lévamisole, moxidectine, ivermectine, monepantel et closantel (sur haemonchus). A partir des 980 analyses de crottes réalisées, cette étude¹ donne un aperçu de l’état des résistances. Et les résultats confirment ceux obtenus récemment dans d’autres départements. Tous les élevages montrent une résistance au benzimidazole. Dans l’un d’entre eux, le nombre d’œufs de strongles est même supérieur après le traitement. Cela signifie que cette matière active ne peut plus être utilisée ni chez les agneaux ni chez les brebis, ce type de résistance étant irréversible.

Des résistances au lévamisole
Le lévamisole montre également des signes de moindre efficacité dans quatre élevages sur sept. Tout ou partie des trois principales espèces de strongles ne sont plus éliminées après le traitement. Cela signifie que le traitement doit être adapté à la saison et également à l’élevage. Enfin, la moxidectine est en passe de devenir moins efficace dans l’un des élevages. Quant aux autres matières actives testées, elles éliminent plus de 95 % des oeufs lors du traitement. Leur efficacité n’est donc pas remise en cause mais les bonnes pratiques de traitement (alternance des matières actives, posologie adaptée….) restent indispensables. 

(¹) étude conduite par l’Ecole Vétérinaire de Toulouse en collaboration avec des organisations de producteurs et le CIIRPO
CP : CIIRPO

Emilie GUERRE,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Prévenir les carences en sélenium chez les agneaux

Au cours de la gestation, le sélénium est transféré à l’agneau. La distribution quotidienne d’un complément minéral vitaminé au cours des cinq dernières semaines de gestation est une solution efficace pour rétablir le statut en sélénium des brebis à la mise bas et augmente de façon significative celui des agneaux. Comptez 800 à 1000 € la tonne. Ces compléments sont également enrichis en minéraux, oligoéléments et vitamines. Pour couvrir les besoins d’une brebis en fin de gestation (0,4 mg par jour), il faut choisir un complément minéral qui dose au moins 20 mg de sélénium par kg. 

Bolus et pierres enrichies
Les bolus sont également efficaces en cas de carence. Ils sont toutefois plus chers (environ 2 € par brebis) et n’apportent pas tous les minéraux majeurs. Par contre, la forme buvable du sélénium en un seul apport en milieu de gestation ou bien dans l’eau de boisson pendant six jours consécutifs en fin de gestation n’apporte pas les résultats attendus. L’inconvénient des  pierres de sel enrichies et des seaux reste le manque de maitrise des niveaux de consommation. L’apport de sélénium sur les prairies par des engrais enrichis est moins efficace que l’apport direct à l’animal car la plante l’absorbe plus ou moins bien. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche technique « Corriger une carence en sélénium pour des brebis en gestation avec un complément minéral vitaminé » sur www.idele.fr, onglet « réseaux et partenariat/CIIRPO » et sur www.inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO
    
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

En hiver, faire passer les brebis sur les prairies des vaches

Le pâturage hivernal des brebis ne détériore pas la flore des prairies. Quatre années de suivi au CIIRPO (centre Inter régional d’Information et de Recherche en Production Ovine), sur le site expérimental du Mourier (87) avaient montré que cette pratique n’entrainait pas de modification de la flore par rapport aux parcelles en repos hivernal pendant deux mois. Sur les prairies qui ne bénéficient pas de ce repos hivernal, le retard de la pousse d’herbe au printemps est de l’ordre de 10 jours. La production annuelle de la parcelle n’est pas modifiée. Ces références ont été obtenues avec le pâturage exclusif de brebis. 

Une étude en Creuse
En élevage mixte avec des bovins, étant donnée la mise à l’herbe plus tardive des animaux, les parcelles des vaches peuvent être pâturées par les brebis jusqu’à la fin février. Une étude est actuellement en cours au lycée agricole d’Ahun (23) en collaboration avec la chambre d’agriculture de la Creuse et le CIIRPO. Les brebis Limousine pâturent sur les parcelles des vaches depuis le mois de décembre. Les effets sur la pousse de l’herbe et l’évolution de la flore seront précisément mesurés. Selon les éleveurs qui mettent cette pratique en œuvre depuis de nombreuses années, l’avenir de la prairie n’est pas compromis avec un mode de pâturage tournant et une hauteur d’herbe de l’ordre de 5 cm à la sortie de la parcelle. L’économie est de l’ordre de 6 € par brebis pour deux mois de pâturage.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Les bonnes questions à se poser avant d’aménager une bergerie

Un projet bâtiment est le moment clé où l’éleveur va construire ses futures situations de travail, celles qui lui permettront de réaliser un travail conforme à ses attentes et compatible avec sa santé, aujourd’hui et à long terme. On cherchera le compromis qui alliera de bonnes conditions de réalisation du travail, le bien-être animal et les performances techniques et économiques. Ces éléments ne sont pas contradictoires, au contraire, de bonnes conditions de travail favorisent l’amélioration des performances techniques et économiques. Le premier élément consiste à éviter les ports de charges pour préserver le dos, les membres supérieurs… Par exemple, les solutions de distribution automatique, mécanisée, ou transportée au plus près de la distribution (brouette, quad…) permettent de répondre à chaque situation de bâtiments et/ou de lots d’animaux.

Les éléments à prendre en compte
Pour faciliter la surveillance, on cherchera une position qui permette de voir les animaux sans passer sur l’aire paillée et sans déranger les animaux. Ne pas avoir à enjamber les claies en prévoyant suffisamment de portillons pour que l’accès à tous les lots soit facile est un autre élément à prendre en compte. Pour travailler sans déplacement excessif, il est important de prévoir un point de rangement pour la pharmacie et les outils d’enregistrement à proximité et qui ne gêne pas la circulation et qui ne soit pas accessible aux animaux. Enfin, des précautions d’hygiène simples sont importantes pour l’éleveur, les salariés et les intervenants extérieurs. Un point d’eau chaude avec du savon est par exemple très appréciable. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’onglet des recommandations sur la page WEB equip-innovin sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

CP : CIIRPO
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
D’après Josiane Voisin, ergonome à MB²
 

Mode d’emploi du réfractomètre

Pour peser du colostrum à congeler ou bien vérifier la qualité de celui des brebis, le réfractomètre nécessite seulement une goutte de liquide. Cet outil de mesure coute toutefois plus cher que le pèse colostrum : de 40 à 200 €. Les réfractomètres optiques (voir photo) sont en général moins onéreux que les numériques. Dans les deux cas, la lecture est immédiate, la teneur en anticorps modifiant la réfraction de la lumière. L’unité de mesure est le degré Brix. Un colostrum de mauvaise qualité affiche moins de 22 degré Brix. Les colostrums de très bonne qualité dose plus de 30 degrés Brix, ce qui correspond à une concentration en immunoglobulines de type G (IgG) supérieure à 80 grammes par litre. Pour être fiable, cet outil doit être étalonné, souvent à l’aide de sérum physiologique. Consultez la notice d’emploi avant la première utilisation est par conséquent indispensable. Le réfractomètre peut aussi être utilisé pour vérifier la concentration en aliment d’allaitement de la louve. Une vidéo est disponible à ce sujet sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr : « Vérifier la concentration du lait à la louve au réfractomètre ». 

CP : CIIRPO

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Un stock de colostrum au congélateur pour sauver des agneaux

Les défauts de tétée du colostrum sont à l’origine d’un quart de la mortalité des agneaux, soit directement par hypothermie de l’agneau à la naissance, soit indirectement par les maladies infectieuses favorisées chez cet agneau plus sensible. L’agneau doit en effet téter 10 % de son poids en colostrum dans les six heures qui suivent la naissance. Ce premier lait riche en matière grasse et en anticorps est son assurance vie! Il est alors utile de disposer d’un stock de colostrum au congélateur pour pallier à un éventuel manque chez certaines brebis ou bien chez les portées triples et plus. Une sage précaution consiste à vérifier qu’il est suffisamment riche en immunoglobulines que l’on appelle les IgG (immunoglobulines de type G) avant de le congeler.

Peser le colostrum de vaches 

Deux matériels peuvent être utilisés pour discrimer les « bons » et les « mauvais » colostrums de vaches destinés à la congélation. Le pèse colostrum, d’un coût de 27 € HT environ, s’achètent dans les coopératives d’approvisionnement en matériel d’élevage. Son mode d’utilisation est simple : la qualité du colostrum est estimée sur une échelle de concentration en protéines, les immunoglobulines en faisant partie. Cet outil a été étalonné pour du colostrum de bovin à une température de 20°C. Attention à ne pas peser des colostrums tout juste traits ou bien sortis du réfrigérateur. Si « le flotteur » se situe dans la graduation rouge, le colostrum affiche moins de 50 g d’IgG par litre et n’est pas à conserver. Le réfractomètre, autre outil de mesure, est d’un coût plus élevé : de 40 à 200 €. Une goutte de colostrum suffit et la lecture est immédiate. Pour être bon, le colostrum doit afficher au moins 23 Brix. 

CP : CIIRPO

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Sheepnet, un partage des connaissances

L'élevage ovin est présent dans la plupart des pays de l'Union Européenne avec 830 000 exploitations agricoles et 85 millions d'animaux. Le réseau thématique SheepNet(1) a été mis en place dans l’objectif d’améliorer la productivité ovine (nombre d'agneaux produits par brebis) dans les élevages européens, d’accroître la rentabilité et l'attractivité du secteur ovin. De nombreuses solutions scientifiques et pratiques innovantes sont déjà en place mais souvent peu connues. Au cours des trois années du projet, le réseau SheepNet a permis un large partage de connaissances entre les six principaux pays producteurs d'ovins de l'Union Européenne (Irlande, France, Royaume-Uni, Roumanie, Espagne et Italie) et la Turquie. Retrouvez les 73 trucs et astuces ainsi que de nombreuses fiches techniques sur le site Sheepnet : www.sheepnet.network.

(¹) Sheepnet est un projet financé par l’Union Européenne 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

L’arbre et la brebis, l’alliance gagnante

Très présent dans les exploitations ovines du Massif central, l’arbre est un allié pour le troupeau. A l’heure actuelle, il est principalement valorisé sous la forme de bois de chauffage. Les plaquettes de bois sont encore très peu utilisées en ovin. Et pour cause, aucune référence n’était disponible jusqu’à présent. C’est maintenant chose faite ! En 2018 et 2019, treize essais comparant des litières pailleuses et constitués de plaquettes de bois ont été réalisés(¹). Divers essences ont été testées : pin sylvestre, frêne, peuplier, chêne, aulne, hêtre, bouleau, mélange de bois blanc et mélange de feuillus. Tous les résultats de cette étude sont disponibles sur la fiche technique « des plaquettes de bois en litière pour les brebis et les agneaux » : mode d’emploi, intérêt économique. 

Le secret de plaquettes réussies

Cinq nouvelles fiches détaillant en images les itinéraires techniques de gestion des différentes formes bocagères sont également disponibles. Après une description du type de haie, ces fiches listent les conseils pour un itinéraire sylvicole durable et pour préserver la biodiversité. Elles donnent une indication de leur potentiel en matière de plaquettes de bois. Enfin, les 7 étapes clés pour obtenir des plaquettes de bonne qualité sont explicitées, de la période de coupe jusqu’au stockage. Vous trouverez toutes ces informations sur www.idele.fr, rubrique réseaux et partenariats/CIIRPO et sur www.inn-ovin.fr.

¹ Etude CLIMAGROF 2017-2019 pilotée par le CIIRPO et  financée par le FNADT et la région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de la convention interrégionale du Massif central.    

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

En zones céréalières, des brebis plébiscitées pour pâturer les couverts

En quelques années, le pâturage des couverts végétaux par les brebis s’est considérablement développé en particulier en zones céréalières. Et les éleveurs ne se contentent pas de leurs propres parcelles ! Les brebis sont plébiscitées par les voisins céréaliers pour détruire les couverts. Une étude est actuellement en cours en région Ile de France afin de quantifier les intérêts techniques et économique de ce type de destruction par rapport à un broyage. 

Un fourrage facile à utiliser
Quel que soit le stade physiologique des brebis, il est inutile d’ajouter du concentré à la ration. Composés de graminées, légumineuses et de crucifères semées seules ou en mélange, les couverts végétaux présentent en effet une excellente valeur alimentaire au cours de l’automne et le début d’hiver qui suit leur implantation. Avec environ 0,9 UFL et 90 g de PDI par kg de matière sèche, cette dernière est équivalente à celle de repousses d’herbe d’automne et largement supérieure à un foin de première coupe. Au final, avec des quantités offertes suffisantes, les brebis maigres sont en prise d’état corporel et les brebis en bon état se maintiennent. Par exemple, à l’EPLEFPA de Montargis (45), la proportion de brebis présentant une note d’état corporel de 3 (sur une échelle de 0 à 5, de très maigre à très grasse)  est passée de 8 à 62 % en un mois et demi de pâturage. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

A vos prélèvements de crottes

Malgré la période de sécheresse,  les parasites sont bien présents : strongles gastro-intestinaux et petite douve en particulier. Il est alors particulièrement utile de faire faire des analyses de crottes afin de choisir le produit à utiliser. Le mode de réalisation des prélèvements revêt une grande importance sur la fiabilité des résultats. Pierre Autef, vétérinaire praticien à Bellac (87) explique « qu’à l’exception des crottes des agneaux de bergerie qui peuvent éventuellement être mélangées, tous les autres prélèvements effectués sur des ovins qui pâturent depuis plusieurs semaines doivent être réalisés en individuel. Compter 5 à 7 prélèvements pour un lot d'une centaine de brebis ». Si les brebis sont à l’herbe, il est possible de collecter les crottes fraiches (c’est-à-dire encore chaudes) en les regroupant. 

C’est le labo qui mélange les crottes
Les prélèvements sont acheminés le jour même ou le lendemain au plus tard pour analyse par un laboratoire (laboratoire départemental ou l’Alliance Pastorale) ou par le vétérinaire en prenant soin de les conserver au réfrigérateur. Il est possible de réaliser une coproscopie de mélange qui est moins onéreuse (environ 15 € pour un lot). Mais c’est le laboratoire qui réalise les mélanges. Il reste impératif de prélever les crottes individuellement. Pour une recherche de Grande douve, une analyse négative ne veut pas dire que le lot est forcément indemne. Une prise de sang (sérologie) en mélange de 4-5 brebis pourra compléter le diagnostic.
Contactez votre vétérinaire ou votre technicien pour vous aider à analyser les résultats.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Bergeries : un nouvel outil WEB 

Des plans de bergeries et d’équipements viennent d’être mis en ligne sur www.inn-ovin.fr et www.idele.fr. Réalisé dans le cadre de l’action Inn’Ovin, cet outil WEB appelé Equip’Innovin a pour objectif de présenter des plans spécifiques pour des brebis viande, lait et également des agneaux en finition. Vous y trouverez des exemples d’aménagement accompagnés de leur cout indicatif à l’animal logé et d’indicateurs en matière de facilités de travail. Des plans d’équipements,  auges ou claies par exemple, sont également disponibles. 
Cet outil a été conçu pour être évolutif. D’ici la fin de l’année, de nouvelles fiches seront ajoutées. L’année 2020 sera plus particulièrement consécrée aux parcs de contention, salles de traite et de transformation fromagère. Le site sera également progressivement enrichi d’astuces d’éleveurs ayant participé au concours du Berger Futé de TechOvin. Si vous avez des idées, n’hésitez pas à apporter votre contribution à cet outil. Contact : Laurence.sagot@remove-this.idele.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des opportunités de pâturage à saisir

Les brebis ont la faculté de pâturer de multiples types de couvert, qu’il s’agisse de semis, de repousses ou bien de chaumes. Pour les prairies qui sortent d’une période de sécheresse, il est nécessaire d’attendre 3 semaines après les premières pluies pour disposer d’un stock d’herbe suffisant à pâturer. Les dérobées peuvent être pâturées un mois et demi après la levée. Le sorgho fourrager peut être exploité six à huit semaines après son implantation sous réserve qu’il atteigne une certaine hauteur. Les variétés Sudan Grass présentent un moindre degré de toxicité et les brebis peuvent entrer sur la parcelle dès que le sorgho mesure 40 cm de hauteur. Pour les variétés hybrides, il est impératif d’attendre 60 cm. Un pâturage au fil est nécessaire pour limiter le gaspillage. Par ailleurs, les chaumes de sorgho grains peuvent être pâturés sans restriction. Il en est de même pour le moha. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO
 

Des semis sous couvert pour assurer les futurs stocks

S’il est aujourd’hui trop tard pour implanter des prairies en pur, un semis sous couvert de méteil (mélange de céréales et de protéagineux) récolté immature est toujours possible jusqu’au 10 octobre en altitude et jusqu’au 25 octobre ailleurs. Le méteil assure une protection à la prairie tout en produisant un fourrage de bonne qualité alimentaire. Ces mélanges seront récoltés au printemps sous forme d’enrubannage ou d’ensilage. La seconde coupe pourra être pâturée ou fauchée.
Pour implanter ces prairies de longue durée, l’idéal est de semer avec un semoir à double caissons et de rouler. Il est également possible de commencer à semer le méteil à 3 cm de profondeur puis la prairie à 1 cm de profondeur puis de rouler. En matière de dose de semis, les préconisations sont présentées au tableau ci-dessous. L’objectif est d’obtenir 200 à 220 plants de céréales au m² et 35 pieds de protéagineux en sortie d’hiver.

 Tableau. Des exemples de doses de semis de prairie sous couvert (par hectare)

RégionNouvelle AquitaineCentre Val de Loire
Prairies (quelles que soient les espèces)25 à 30 kg25 à 30 kg
Céréales100 kg de blé ou de triticale50 kg de triticale + 25 kg d'avoine*
Protéagineux35 kg de pos fourrager d'hiver
+ 15 kg de vesce commune
30 kg de pois fourrager d'hiver
20 kg de vesce commune

* majorer la quantité de céréales de 50 à 75% sur sols à faible potentiel.

Sources : herbe et fourrages Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les brebis en bon état ont la préférence des béliers

Cela prête à sourir et pourtant, les résultats d’une étude réalisée par l’INRA sont sans appel : les béliers préfèrent les brebis en bon état ! Et la raison est simple : elles ont plus de chance de mener à bien la gestation et donc de perpétuer l’espèce.  Afin de mesurer les préférences des mâles, 6 brebis de poids et note d’état corporel différents ont été mises en contact avec 2 béliers pendant 30 mn. Toutes les cinq minutes, la brebis la plus courtisée était enlevée du lot. Les brebis qui avaient le meilleur état corporel ont eu la préférence des béliers. La différence s’est avérée particulièrement nette et a été confirmée par le nombre de chevauchements qui était plus important.

Deux lots de lutte
Si le lot de brebis à mettre prochainement en lutte est hétérogène, il est par conséquent conseillé de constituer deux lots. Pour celles dont la note est supérieure à 3 sur une échelle de 0 à 5, il est inutile d’ajouter des céréales à la ration. Si elles ne maigrissent pas pendant la période de lutte, elles seront aussi fertiles et prolifiques. Par contre, la distribution de 300 à 500 g de céréale par jour aux brebis maigres (note d’état de 2) 3 semaines avant le début de la mise aux béliers et pendant la lutte va augmenter le nombre d’agneaux vendus de 6 à 12 pour 100 brebis. Une vidéo, un podacst et des fiches techniques sont disponibles sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse

Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO

 

Préserver les capacités de repousse des prairies

Quand la pluie revient après une période de sécheresse, la reprise de végétation est généralement très bonne. En effet, le retour de pluies sur un sol chaud provoque un pic de minéralisation, permettant d’assurer la nutrition azotée des graminées, à condition que les plantes et leur système racinaire n’aient pas été épuisés par une surexploitation. Il n’est donc pas nécessaire d’apporter de l’azote minéral, qui ne sera que très peu valorisé.
Pour ne pas compromettre la production de fourrage à venir, il est recommandé de ne pas sur-pâturer les prairies actuellement rases et de laisser un temps de repousse suffisant à celles qui reverdissent. En général, cela nécessite d’attendre 3 à 4 semaines minimum après la pluie. 

Des rations d’hiver
En attendant, les brebis peuvent être rentrées en bergerie ou bien resserrées sur une parcelle « sacrifiée ». Un affouragement et une complémentation sont mis en place selon les besoins des animaux. Au final, cette solution sera moins coûteuse que la perte de production fourragère due à un surpâturage généralisé. Malgré tout, dans certains cas, un entretien, voire un sur-semis de certaines prairies pourra être nécessaire.
Des conditions climatiques favorables à l’automne (pluies suffisantes et températures clémentes, sans gel) permettront de prolonger le pâturage sur les prairies en place, et d’économiser d’autant la consommation de fourrages grossiers. On peut également, dans certaines régions, envisager une conduite en pâturage hivernal d’une partie du troupeau. Ceci dépendra bien évidemment des conditions de sols, de climat et du type de prairies. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Deux espèces de coccidies sont pathogènes

Les coccidioses sont liées au développement de plusieurs espèces de coccidies dans l’intestin des jeunes agneaux. Douze espèces sont connues chez les ovins dont seulement deux sont pathogènes. Les agneaux peuvent commencer à présenter des symptômes (diarrhée nauséabonde noirâtre, laine piquée) vers 1 mois d’âge. Mais la coccidiose est le plus souvent sans symptôme particulier, avec toutefois des retards de croissance importants. Tout stress peut être un facteur déclenchant (sevrage, vaccination, transport, changement de régime alimentaire…). Mais la gravité de cette maladie est aussi liée aux conditions de milieu.

Les matières actives utilisées
Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale rappelle que « l’hygiène de la bergerie, sa ventilation et la densité animale restent des critères qui ont toute leur importance ». Ainsi, il faut compter 700 g à 1 kg de paille par brebis en paillage quotidien pendant le premier mois de lactation. Toute fuite d’eau (abreuvoir par exemple) est un facteur de risque supplémentaire. Enfin, il est conseillé d’offrir 1,5 m² d’aire paillée pour une brebis allaitant un seul agneau et 2 m² pour une brebis avec deux agneaux. Laurent Saboureau ajoute que « les trois matières actives les plus utilisées en préventif et en curatif pour lutter contre ce parasite sont réalisées en administration orale. Il s’agit des sulfamides (pendant 3 à 5 jours), le diclazuril et le toltrazuril. Le decoquinate et les sulfamides peuvent également être utilisés en supplémentation médicamenteuse dans l’aliment. D’autres solutions alternatives et complémentaires peuvent présenter un intérêt, en améliorant l’hygiène digestive ». Contactez votre vétérinaire pour en savoir plus.

CP : CIIRPO

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Des brebis alimentées au foin

Il n’y a plus d’herbe à pâturer dans la plupart des exploitations et il vaut mieux rentrer les brebis en bergerie ou bien « sacrifier » des vieilles prairies qui seront retournées et y « stocker les brebis » avec du fourrage. Dans les deux cas, les rations des animaux sont les mêmes. Les brebis vides et en milieu de gestation (gestantes entre 1 à 4 mois) se satisfont d’un foin de qualité moyenne si elles sont en bon état car leurs besoins alimentaires restent faibles. Si une reprise d’état ou bien un flushing est nécessaire, un apport quotidien de 300 à 500 g de céréales s’impose. 

Un ratelier pour 50 brebis
Les brebis dans le dernier mois de gestation nécessitent par contre un apport de concentré systématique qui est lié à la taille de la portée et au stade de gestation. Il en est de même pour les béliers qui sont en période de préparation pour les luttes d’automne. Enfin, la même ration qu’en bergerie est indispensable pour les agnelles de renouvellement, soit de 300 à 500 g de céréale avec un foin de graminées de qualité moyenne.  Un râtelier pour 50 animaux maximum est conseillé afin de ne pas constituer un facteur limitant de consommation. Une brebis doit en effet ingérer au minimum 1 kg de foin par jour. 

CP : CIIRPO

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO)
 

Bois ou paille pour la litière des brebis ?

Utiliser des plaquettes de bois en remplacement partiel ou total de la paille pour la litière des brebis et des agneaux est tout à fait possible. Pour un même niveau de propreté de la litière, l’ajout de plaquettes est deux fois moins fréquent que le paillage. Toutefois les quantités étalées au final sont beaucoup plus importantes. Ainsi, sous-couche comprise, il faut compter 280 kg de plaquettes de bois, soit environ 1 MAP (mètre cube apparent) en équivalence à 100 kg de paille. Ce ratio est le même pour les brebis et les agneaux sevrés. 

Une autre valorisation du bois de l’exploitation
Le prix d’intérêt des plaquettes de bois est exclusivement lié à celui du prix de la paille (graphe). Lorsque le cours de la paille est élevé, l’utilisation du bois de l’exploitation et, dans une moindre mesure, l’achat de plaquettes de bois peuvent s’envisager. Par exemple, pour un prix de la paille de 100 € la tonne, les plaquettes de bois sont plus intéressantes en dessous de 9,5 € le MAP (Mètre Cube Apparent). Le mode d’emploi de ce nouveau type de litière est disponible sur www.idele.fr, rubrique réseaux et partenariat/CIIRPO et www.inn-ovin.fr. Une journée technique est également organisée dans le Puy de Dôme le 10 octobre. Si vous êtes intéressé, contacter laurence.sagot@idele.fr.

Graphe. Un intérêt économique lorsque le prix de la paille est élevé
 
Source : CIIRPO¹

¹Cette étude est pilotée par le CIIRPO et  financée par le FNADT et la région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de la convention interrégionale du Massif-Central

CP : CIIRPO
    
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO)
 

Un apport de céréales à l’herbe pour assurer la croissance des agnelles 

Le poids des agnelles à la mise à la reproduction est l’un des principaux critères qui influence leur taux de fertilité. L’objectif est d’atteindre les deux tiers du poids adulte, soit 47 kg pour des brebis de 70 kg ou encore 53 kg pour des femelles adultes de 80 kg. Selon une étude de l’Institut de l’Elevage, l’écart de fertilité est de 33 % entre celles qui pèsent ou non ce poids objectif. Si les agnelles sont au pâturage et que l’objectif est de les mettre en lutte avant l’âge d’un an, elles doivent continuer de croitre à raison de 100 à 150 g par jour au cours de l’été. L’apport de concentré devient nécessaire lorsque les quantités d’herbe deviennent limitantes. Une céréale (maïs, orge, triticale…) est alors apportée quotidiennement à raison de 300 à 500 g par agnelle. 

36 kg au 1er septembre
La mise à disposition d’un concentré distribué à volonté entraîne des niveaux de consommation excessifs sans aucune régulation des agnelles selon la quantité d’herbe. Un essai réalisé au pôle régional ovin de Charolles (71) avec des agnelles nées au printemps fait état d’un niveau de consommation quotidien de 930 g par agnelle et d’un surcoût de 10 € par agnelle sur la période de pâturage par rapport à une modalité d’apport rationné. 
Afin de contrôler le bon développement des agnelles, la pesée des plus petites est un bon indicateur. Si la mise en lutte est programmée en novembre, elles doivent alors peser au moins 36 kg au 1er septembre pour espérer atteindre le poids de 47 kg deux mois plus tard. Et si la mise à la reproduction est prévue entre février et avril prochain, le poids minimum est de 40 kg à la mi-décembre. Les agnelles qui n’ont pas atteint cet objectif sont vendues à la boucherie

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO)

Le constat de gestation améliore la marge de 8 € par brebis

Du début de printemps au milieu de l’été, le taux de fertilité en lutte naturelle reste dans la majorité des cas inférieur à celui obtenu en saison sexuelle. Sur synchronisation des chaleurs, les résultats espérés sont de 55 à 70 % de brebis gestantes. Avec une fertilité de 80 %, le constat de gestation sans dénombrement du nombre d’agneaux par portée améliore la marge brute de 7,7 € par brebis mise à la reproduction en prenant en compte un coût d’un euro pour la prestation. Cet écart est essentiellement lié à une augmentation de la productivité numérique du fait d’une remise en lutte rapide des brebis vides et à une moindre consommation de fourrage et de concentré des brebis improductives. Avec un taux de fertilité plus faible, l’intérêt de cette technique est encore plus important. 

Des brebis à jeun
Le dénombrement et la séparation des brebis par taille de portée au cours du dernier mois de gestation permettent une augmentation d’un euro supplémentaire de marge brute par brebis luttée. Cette technique est également particulièrement appréciable en matière de travail autour de l’agnelage : poids des agneaux plus adaptés à la taille des portées, agneaux plus vigoureux à la naissance…. Pour être fiable, le constat de gestation doit être réalisé 45 jours après le retrait des béliers. Les brebis doivent être à jeun et l’opérateur expérimenté. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO)
 

Béliers achetés : la phase d’adaptation est cruciale

La conduite des béliers au cours des semaines qui suivent leur arrivée sur l’exploitation conditionne leur future carrière.  Il est indispensable de les laisser à part pendant plusieurs mois (ce qui nécessite d’en acheter au moins 2). D’une part pour le respect d’une quarantaine ; d’autre part, parce qu’une transition alimentaire est obligatoire. Si les béliers sont issus de stations de contrôle individuel ou de centres d’élevage, il est recommandé de maintenir un niveau d’alimentation de l’ordre d’1 kg d’aliment par jour pendant un mois, qu’ils soient à l’herbe ou en bergerie. L’apport de concentré peut ensuite passer à 700 g d’aliment par jour jusqu’à l’âge d’un an. Les béliers sont ensuite mélangés au lot de béliers ou éventuellement mis en lutte avec des béliers adultes mais sur un cycle seulement (17 à 20 jours).

Plus facile avec des modes d’alimentation similaires

Pour les béliers achetés en foires, en centres de rassemblement ou bien directement en élevages, il est indispensable de demander comment ils étaient alimentés et de maintenir le même niveau d’aliment concentré pendant un mois. Il est ensuite possible de diminuer le niveau de complémentation jusqu’à l’âge d’un an tout en maintenant un apport de concentré, sauf contre-indication du vendeur. D’une façon générale, plus les modalités d’alimentation du vendeur sont proches de celles de l’acheteur, meilleure sera l’adaptation du bélier. Et dans tous les cas, il est fortement recommandé de demander le protocole pratiqué en matière d’antiparasitaires.

   
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO)
 

Gagner 2,3 € par agneau en achetant un bon bélier

La moitié des gènes des agneaux est transmise par les béliers. Le choix d’un bélier a ainsi plus de conséquences dans un élevage que celui d’une femelle. En effet, son potentiel génétique sera transmis à de nombreux descendants sachant qu’un mâle reproducteur produit de 200 à 500 agneaux sur sa carrière selon le niveau de prolificité et le système d’élevage. Le gain apporté par un bélier qualifié est évalué à 2,3 € par agneau, achat du bélier déduit.

Acheter des béliers issus d’élevages en sélection est essentiel pour améliorer la qualité du troupeau. Ils apportent des garanties génétiques. Les béliers qualifiés sont issus du schéma de sélection de la race et validés par l’organisme de sélection. N’hésitez pas à demander leur Certificat d’Origine et de Qualification lors du choix.

Des béliers choisis sur leurs papiers

Trois cas de figure se présentent. Pour produire des agnelles de renouvellement,  mieux vaut choisir un bélier « type élevage » qui présente un bon potentiel sur les valeurs maternelles, c’est-à-dire avec des index prolificité et valeur laitière de bon niveau. Pour vendre des agneaux de boucherie, un bélier « type viande » avec de bonnes caractéristiques bouchères, c’est-à-dire de la croissance et de la conformation, convient parfaitement. Enfin, il s’agit de trouver le meilleur compromis avec un bélier mixte ou en privilégiant le bélier de « type élevage » pour produire à la fois des agneaux de boucherie et des agnelles.

Dans tous les cas, le bélier doit présenter des testicules normaux, de bons aplombs et un développement morphologique suffisant.

Pour en savoir plus, une vidéo est disponible sur www.idele.fr , rubrique réseaux et partenariats/CIIRPO : « savoir lire les papiers des béliers ».

   
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO)
 

Il n’y a plus d’herbe, il faut sevrer

Compte tenu des conditions climatiques, les agneaux de plus de 70 jours peuvent être sevrés. Dans la plupart des cas, les disponibilités en herbe ne sont plus suffisantes pour assurer les besoins des brebis allaitantes et de leurs agneaux. Les brebis sont prioritaires et les agneaux sont alors finis en bergerie. Une fois taries, les brebis vides présentent de faibles besoins et se satisfont d’herbe de médiocre qualité. Attention à la transition alimentaire afin de limiter les acidoses chez les agneaux. Dans tous les cas, il faut respecter une transition alimentaire à la rentrée en bergerie.

Au moins 500 g par jour d’aliment 
Si les agneaux ne disposaient pas de concentré sous les mères ou bien en consommaient moins de 500 g de concentré par jour au cours de la semaine précédent le sevrage, le rationnement du concentré est réalisé sur plusieurs semaines. Commencer alors à distribuer de très faibles quantités de concentré (50 à 100 g par agneau et par jour) et augmenter très progressivement en vérifiant que tous vont à l’auge. Selon la nature du concentré, cette période d’adaptation se prolonge de 2 à 3 semaines avec un aliment complet et de 4 à 5 semaines avec un mélange fermier. L’incorporation de bicarbonate de soude à raison de 5 à 10 g par agneau par jour pendant 15 jours limite les risques d’acidose. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 

Du foin qui chauffe malgré la météo

Même si la météo a été favorable au séchage du foin, les volumes sont assez importants et la présence de rosée en matinée a pu créer une ambiance moite. Si vous avez un doute, il est conseillé de surveiller l’échauffement des bottes pendant une dizaine de jours après le pressage en les laissant dehors. Pour ce faire, il est possible d’utiliser une sonde à fourrage. Différents modèles sont disponibles (voir sur Internet) à des prix qui commencent aux environs de 100 €. Certaines chambres d’agriculture et assureurs en mettent également à disposition des éleveurs gratuitement.

Si la température au centre de la botte se situe en dessous de 40°C, il n’y a pas de problème. Entre 40 et 60°C, le foin est en train de chauffer. Il convient de surveiller l’évolution de sa température puis de stocker les bottes dans un local aéré, sans les entasser afin que l’air circule si cette dernière ne baisse pas. Au-delà de 60°C, le danger d’incendie est important voir très important au dessus de 80°C. Contacter alors les pompiers pour connaître la marche à suivre.

CP : CIIRPO 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 

Des brasseurs d’air pour plus de confort en été

Même si elle ne remplace pas l’isolation du bâtiment, la mise en place de brasseurs d’air dans une bergerie qui ventile déjà correctement peut constituer une amélioration de l’ambiance lors de fortes chaleurs. En effet, ces ventilateurs diminuent la température ressentie. Dans un bâtiment, la baisse réelle de température existe même si elle est minime. Et l’effet « ambiance » sur les animaux est incontestable : ils viennent se rafraichir au ventilateur et mangent mieux. De plus, grâce aux courants d’air générés, ces ventilateurs ont un effet important sur les mouches ! Moins de mouches, c’est plus de confort pour les animaux et les éleveurs !

De 300 à 1000 €
Il existe différentes sortes de brasseurs qui peuvent être utilisés en bergerie. Les plus simples sont des ventilateurs courants à pâles horizontales. Les tarifs varient en fonction de la taille, du type de ventilateurs et de sa puissance. Comptez de 300 € pour les plus petits et plus simples, à plus de 1000 € pour les plus performants, parfois couplés à des brumisateurs. 

D’après « le feuillet du moutonnier du Tarn »
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 

Des bottes d’enrubannage « taggées »

L’enrubannage coute 40 % plus cher que le foin ramené à la tonne de matière sèche : 117 € contre 77 € (source : chambre d’agriculture de la Creuse 2018). Sa valeur alimentaire reste exclusivement liée à celle du fourrage fauché et donc au stade de la plante. L’identification des bottes par le nom de la parcelle facilite la répartition et distribution en fonction du type d’animaux au cours de l’hiver. Les marques sur les bottes à l’aide de bombes de peinture de couleur (rouge, bleu, vert) pour animaux résistent aux intempéries toute une campagne. Les brebis à forts besoins, c’est-à-dire celles en début de lactation sont prioritaires sur les meilleurs fourrages, c’est-à-dire ceux récoltés les plus tôt. 

Pour limiter les problèmes sanitaires
L’enrubannage doit être d’excellente qualité afin d’éviter les problèmes sanitaires. Le principal facteur de réussite reste le taux de matière sèche à la récolte, avec un optimum compris entre 50 et 60 %. En dessous de 40 % de matière sèche, le développement des bactéries butyriques est favorisé, entrainant de mauvaises qualités de conservation. De plus, la présence de terre (attention aux taupinières !) accentue les risques de listériose. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter « les règles d’utilisation de l’enrubannage » sur www.inn-ovin.fr et www.idele.fr.

CP : CIIRPO
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Le maïs ne colore pas le gras des agneaux

Ce sont surtout les colorations brun-rouge qui altèrent la présentation des carcasses des agneaux et peuvent entrainer l’exclusion des démarches qualité (label, CCP…). Et en matière de facteurs favorisant ces gras colorés, le maïs a mauvaise réputation. Pourtant, cette céréale n’est en aucun cas responsable des gras jaunes à partir du moment où elle est distribuée entière. Cette coloration résulte d’une accumulation de pigments caroténoïdes (le β carotène) dans les graisses de l’agneau. Le maïs reste un aliment très peu pourvu en β carotène à l’inverse de l’herbe pâturée par exemple. Par contre, de nombreux facteurs liés directement à l’animal le prédisposent au problème de coloration du gras. Le sexe reste le premier critère. Les mâles sont beaucoup plus sensibles que les femelles. 

Des races moins sensibles que d’autres
L’âge influence également la couleur du gras. Les agneaux abattus entre 8 et 10 mois présentent généralement des gras plus colorés que les agneaux d’herbe abattus jeunes. Certaines races sont beaucoup moins sensibles que d’autres : Ile de France, Suffolk… Le mode d’alimentation joue également un rôle : les défauts sont moins fréquents sur des agneaux rationnés en concentré par exemple. Enfin, il est probable que la couleur du gras soit sous la dépendance d’une variabilité individuelle. Cela expliquerait les différences de qualité parfois observées entre deux agneaux de même race, de même sexe et conduits de la même façon. 

CP : CIIRPO

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Des graines de soja pour les brebis

Les graines de soja crues peuvent être distribuées entières aux brebis. Elles remplacent une partie des céréales de la ration. Ces graines sont d’ailleurs riches en énergie avec 1,08 UFL par kg de matière brute contre 0,95 UFL pour de l’orge par exemple. Par contre, elles ne sont pas une source importante de protéines. En effet, les graines de soja crues sont relativement pauvres en azote avec 215 g de PDIN par kg brut et seulement 76 g de PDIE, soit une valeur équivalente à celle d’une céréale pour les PDIE. 

Pas plus de 400 g par brebis et par jour
La graine de soja est particulièrement riche en matière grasse : 18 % contre 4 % pour les céréales. Son incorporation doit donc être limitée afin que le taux de matière grasse total de la ration ne dépasse pas 5%. Au delà, une sous consommation de fourrages et des problèmes digestifs sont à craindre. Il est recommandé de ne pas en incorporer plus de 300 g par brebis et par jour. Avec ce niveau de rationnement, l’éventuelle présence de composés toxiques, principalement des glucosinolates, ne présente pas de problème important. L’intérêt économique de ces graines, même si elles sont produites sur l’exploitation, reste à calculer.

CP : CIIRPO

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 

Une méthode pour analyser les résultats de coproscopies

L’analyse des crottes est un outil qui se développe en élevages et il faut en connaitre les limites. Tout d’abord, cette méthode mesure le nombre d’œufs présents dans les fèces pour chaque parasite. Elle quantifie ainsi un niveau d’excrétion à partir duquel il est parfois difficile d’extrapoler au niveau d’infestation. En effet, le stade physiologique de l’animal agit sur la ponte des parasites. Le stress de l’agnelage provoque par exemple une excrétion très importante d’œufs de parasites. Dans ces conditions, un niveau d’excrétion important ne signifie pas pour autant que les animaux soient fortement parasités. D’autre part, la méthode d’analyse influence le résultat obtenu pour chaque parasite.

Bien prélever pour des résultats fiables

Le mode de réalisation des prélèvements revêt une grande importance sur la fiabilité des résultats (ce sera le thème de cette rubrique la semaine prochaine).

Il n’existe pas de table d’analyse des résultats coprologiques mais différents points de vue des vétérinaires en fonction du type de prélèvement, de la technique d’analyse… Pierre Autef, vétérinaire praticien à Bellac (87), transmet son mode d’analyse pour chaque parasite au travers d’une fiche technique disponible sur le WEB : « analyser les résultats de coprocopies : l’exemple des arbres de décision de Pierre Autef, vétérinaire » et le podcast Radio Ovin « des éléments pour interpréter une analyse coproscopique » sur   www.inn-ovin.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Des agneaux d’herbe complémentés pour préparer la rentrée en bergerie

Apporter du concentré aux agneaux d’herbe n’est pas une obligation. Si les brebis disposent de suffisamment d’herbe et qu’elles ont le potentiel laitier pour élever leur(s) agneaux(x), la croissance de ces derniers n’est pas pénalisée sans complémentation. Dans le cas contraire, avec un lot d’agnelles allaitantes par exemple, disposer un nourrisseur dans la parcelle compense, mais en partie seulement, un manque de lait. Par contre, si les agneaux sont finis en bergerie après le sevrage, l’apport de concentré sous la mère prépare la transition, qui est toujours une phase délicate. En général, le même aliment que celui utilisé en finition est alors mis à disposition. Pour un sevrage à 120 jours, il faut compter entre 5 et 20 kg par agneau au total selon l’herbe disponible. Plus l’herbe est de qualité, moins les agneaux consomment d’aliment concentré. 

Une transition plus facile
Si les animaux sont complémentés à l’herbe depuis au moins un mois, ils peuvent être mis à volonté lors de la rentrée en bergerie.  Mais attention : les niveaux de consommation à l’herbe doivent être supérieurs à 500 g de concentré par agneau et par jour au pâturage au cours de la dernière semaine. 
Si les agneaux n’étaient pas complémentés à l’herbe, tout changement d’alimentation brutal fait courir des risques d’acidose. En conséquence, une transition à la rentrée en bergerie est obligatoire. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Le pis de bois, une mammite irréversible

Le « pis de bois » se caractérise par l’un ou les deux quartiers mammaires durs, froids et sans aucune goutte de lait à l’agnelage ! « A ce stade, ce type de mammite est irréversible, explique Pierre Autef, vétérinaire praticien à Bellac (87) ». Autrement dit, la brebis doit être réformée, son ou ses agneaux élevés au biberon ou bien candidats à l’adoption. Ce type de mammite peut avoir plusieurs origines. La plus courante est liée à une ancienne mammite qui s’est développée lors du tarrissement.

« Les sevrages progressifs et tardifs avec des agneaux lourds qui continuent à têter en donnant des coups de tête dans le pis pour faire venir le lait favorisent les pis de bois, explique Pierre Autef. Cela provoque des mammites non détectables cliniquement avec fibrose et induration du parenchyme mammaire. Les brebis n’ont pas de lait lors de la lactation suivante ».  L’agalactie contagieuse à Mycoplama agalactiae peut également provoquer ce syndrome. « C'est une affection plutôt localisée au pays Basque. Les formes visibles sont rares mais il n’est pas exclu de les voir survenir notamment chez les primipares». 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 

Pommes de terre et carottes dans la ration des brebis

Les pommes de terre, carottes, oignons, haricots verts et petits pois qui ne sont pas compatibles avec les cahiers des charges des circuits de commercialisation en alimentation humaine ou bien en surproduction peuvent être intégrés à la ration des brebis. La racine d’endive à laquelle a été enlevé le chicon est également consommable. S’agissant de produits riches en eau et parfois laxatifs, leur incorporation dans la ration des brebis doit impérativement être accompagnée de ces trois précautions. 

Une incorporation progressive
Stephane Pype, technicien à la chambre d’agriculture de l’Oise, précise que « la première est d’être progressive avec une transition alimentaire de 10 à 15 jours. La seconde est d’être accompagnée d’un fourrage sec offert à volonté : paille ou foin de qualité moyenne. Enfin, leur mise à disposition doit être rationnée avec par exemple 2 à 3 kg brut pour une brebis en lactation (jusqu’à 6 kg pour les pommes de terre), 1 à 2 kg brut pour une brebis vide ou en milieu de gestation ». Une attention particulière doit être portée aux pommes de terre verdies ou germées. Si elles représentent plus de 15 % du volume, une intoxication à la solanine (un alcaloïde) provoque des troubles aux niveaux alimentaires et de la reproduction. Enfin, les disponibilités d’une année sur l’autre font varier les prix de ces coproduits. Il est important de bien calculer leur prix d’opportunité.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Ne pas gaspiller d’herbe ce printemps

Ce printemps, la reconstitution des stocks de fourrage est impérative. Il faut donc essayer de gaspiller le moins d’herbe possible. Le pâturage sur les parcelles de fauche est souhaitable à condition d’arrêter ce déprimage à 450 °C. Hervé Feugère, de la chambre d’agriculture de la Creuse, indique que « dans le cas contraire, le rendement à la fauche est divisé par deux ». Deux jours après la sortie des brebis, un apport de 40 à 50 unités d’azote assure un rendement en foin ou enrubannage nettement supérieur. Une fauche précoce est toujours de mise : le fourrage est de meilleure qualité et une repousse est possible fin juin pour le pâturage ou bien début juillet pour une récolte de regain.  Enfin, la mise en place du pâturage tournant, avec 5 parcelles par lot d’animaux reste le meilleur gage d’une gestion de l’herbe avec un minimum de gaspillage. Cette année, les refus peuvent être récoltés. Les « avertissements herbe » basés sur la somme des températures vous fourniront les indicateurs utiles tout au long du printemps. Vous pouvez vous y abonner gratuitement via le site Internet de votre chambre d’agriculture. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Les trois gestes après une naissance difficile

Après une naissance compliquée, si l’agneau a souffert et qu’il peine à trouver sa respiration,  trois gestes sont à enchaîner très vite. Ces astuces ont l’avantage d’avoir un effet immédiat, et ne nécessitent pas un médicament d’urgence.

  • La premiere consiste à déposer un peu d’eau froide sur la nuque pour déclencher le réflexe respiratoire.
  • Le second geste réside dans le dégagement des glaires : l’agneau est suspendu par les arrières et secouer à bout de bras en le tenant fermement.
  • Enfin, Hubert Germain, vétérinaire, souligne « qu’il faut impérativement vérifier que le cœur a bien démarré, de façon rapide et régulière. Pour ce faire, on pose l’agneau sur ses genoux, couché sur le ventre (jamais sur le côté), et on vérifie en posant le bout des doigts de part et d’autre de la poitrine. Si les battements ne sont pas réguliers ou rapides, on masse avec les doigts des deux mains, une fois par seconde, en appuyant bien ; puis on vérifie le résultat au bout de trente secondes. Parfois, le cœur ralentit à nouveau : on recommence … Certains mettent jusqu’à cinq minutes à redémarrer et ils vivront sans aucune séquelle ! »

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Le guide à l’installation en ovins lait vient de paraître

Si vous envisagez de vous installer en brebis laitières, le guide à l’installation dédié à la production de lait de brebis a été rédigé pour vous aider dans vos choix. Déclinaison du guide « s’installer en élevage ovin » centré sur la production ovine allaitante, il recense les questions essentielles qui ne vont pas manquer de se poser au cours d’une phase d’installation ou de création d’atelier. Vous y trouverez ainsi 13 chapitres dans lesquels sont détaillés à la fois les aspects techniques, économiques et réglementaires. Les démarches à réaliser pour l’installation ainsi que les clés de réussite de votre projet y sont également détaillées. Enfin, l’organisation du travail y tient une place importante. Ce guide  intitulé « s’installer en élevage ovins laitier » est disponible sur www.idele.fr et www.inn-Ovin.fr.  

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Des antibiotiques utilisés au cas par cas

Pour lutter contre les principales pathologies des agneaux qu’ils rencontrent dans leur élevage, les éleveurs ovins misent avant tout sur la prévention.  Interrogés sur leurs pratiques en matière d’utilisation des antibiotiques chez les agneaux, un panel de 45 éleveurs ovins viande enquêtés dans le cadre du programme Ecoantibio insistent sur le fait que si les antibiotiques restent indispensables, ils sont utilisés avec parcimonie. Une alimentation équilibrée toute l’année avec des transitions alimentaires, de bonnes conditions d’ambiance et la surveillance de la tétée du colostrum sont les pratiques les plus citées. 

La prévention avant tout
Renée de Crémoux, vétérinaire à l’institut de l’Elevage souligne que  « l’observation des animaux, la surveillance de la tétée du colostrum, l’hygiène et le soin aux agneaux ont été cités par les éleveurs comme des moyens de prévention efficaces. Des cases d’agnelage propres et mobiles afin que toutes les brebis ne se succèdent pas sur une même case qui serait devenue contaminée apparait également important ». Quant aux antibiotiques, ils sont réservés aux animaux malades, afin de les sauver ou de soulager leur douleur. 

Pour en savoir plus sur les principaux problèmes sanitaires rencontrés en élevages et le panel des moyens mis en œuvre par les éleveurs, vous pouvez consulter  «Les antibiotiques chez les agneaux en ovins viande : indispensables mais pas automatiques» sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.


CP : @eline_erual 
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Les brebis pâturent les blés

Au lycée agricole du Chesnoy à Montargis (45), les brebis de race Ile de France ont pâturé une parcelle expérimentale de blé dans l’objectif de la faire taller. La technique peut paraitre surprenante mais l’objectif est de définir les conséquences de cette pratique à la fois sur les blés et sur les animaux. Pour la céréale, une bande témoin de la parcelle n’a pas été pâturée afin de comparer le développement de la plante et les rendements. Des mesures de bien-être animal sont réalisées sur les brebis afin de vérifier que ce mode d’alimentation n’entraine pas de problème de santé, de type boiterie par exemple.

Pâturer pour faire taller
Cet essai est réalisé dans le cadre d’une étude conduite par le Centre Inter régional d’Information et de Recherche en Production Ovine (CIIRPO) et pilotée par la Chambre d’Agriculture de la Dordogne.  Manon Colomb, directrice de l’exploitation du Chesnoy explique que « si le rendement du blé n’est pas diminué, cette ressource alimentaire serait particulièrement intéressante pour les brebis. Le pâturage des céréales permettrait d’alléger la charge alimentaire du troupeau».  A l’échelle du territoire, l’enjeu est de taille. La région Centre-Val de Loire est la première région céréalière de France et d’Europe. Si cette pratique se révèle être « gagnant/gagnant » pour les céréaliers et les éleveurs ovins, on va peut-être revoir les brebis pâturer dans la plaine !


CP : CIIRPO 
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 

Des aliments moins riches en azote pour les agneaux

Dans les années 1970, des résultats d’essais avaient fixé le taux optimal de Matière Azotée Totale (MAT) des aliments destinés aux agneaux de bergerie autour de 17 à 18 % par kg brut. En dessous, les croissances et les indices de consommation étaient pénalisés. Cela n’est plus vrai aujourd’hui. Il est possible d’utiliser des aliments présentant des taux de MAT de l’ordre de 15 % sous réserve qu’ils titrent 100 g de PDI par kg brut. En effet,  si le régime alimentaire est un peu limitant en azote pour des agneaux à fort besoins, l’animal est capable de corriger cela en recyclant une partie des rejets azotés pour le bon fonctionnement de son organisme. 

De nouveaux résultats
Une étude conduite par l’Institut de l’Elevage vient de comparer deux aliments complets dosant 15,5 et 18 % de MAT et 100 ou 110 g de PDI par kg brut.  Elle montre que les croissances des agneaux ne sont pas dégradées avec des aliments dosant 100 g de PDI par kg brut. Les nombreuses mesures réalisées sur les carcasses n’ont pas mis en évidence de différence d’état d’engraissement, y compris sur les femelles qui y sont plus sensibles. Au final, les soldes sur cout alimentaires (prix de vente de l’agneau – les charges alimentaires) ne sont pas modifiés. 

CP : Ciirpo 
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Pâturage tournant ou cellulaire : même vigilance face au parasitisme interne 

Le mode de pâturage qui se caractérise par un temps de séjour par parcelle de seulement un ou deux jours n’est pas un gage à lui seul du contrôle du parasitisme interne des brebis. Telle est la conclusion des suivis réalisés au CIIRPO (Centre inter régional d’Information et de Recherche en Production Ovine) sur le site du Mourier en Haute-Vienne. « Les mesures réalisées depuis septembre 2016 montrent très clairement qu’on ne peut pas s’affranchir de traitements antiparasitaires avec un pâturage cellulaire. Aucune différence notable n’a été mesurée entre les deux modes de pâturage comparés, tournant et cellulaire,  que ce soient pour les strongles, la petite douve ou les paramphistomes, explique Philippe Jacquiet, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse.

Rester vigilant

La proportion de brebis qualifiées de fortes excrétrices (plus de 500 œufs de strongles gastro intestinaux par gramme de crottes) est même plus importante en pâturage cellulaire qu’en pâturage tournant (30,9 % contre 18,6%). Toutefois, la seconde campagne d’étude a mis en évidence une nature différente des espèces de strongles identifiées après coproculture. « Haemonchus contortus, le strongle le plus redoutable car à l’origine de mortalités, a été moins présent chez les brebis en pâturage cellulaire au profit d’espèces moins pathogènes. Ce résultat mérite d’être confirmé dans des contextes différents ». Pour en savoir plus : « Pâturage cellulaire et parasitisme en production ovine : bilan de deux campagnes de suivi » sur www.inn-ovin.fr.

 CP : Ciirpo 
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Des brebis prêtes pour l’agnelage

La fin de gestation est l’un des stades physiologiques au cours duquel il est impératif de couvrir les besoins des animaux sous peine d’assistance aux animaux plus important à l’agnelage selon une étude conduite au CIIRPO. En matière d’énergie et d’azote, les besoins des brebis augmentent progressivement de la sixième semaine avant la mise bas jusqu’à l’agnelage. Tout au long de cette période, les besoins des brebis qui portent deux agneaux sont supérieurs de 14 % en énergie et de 28 % en azote à ceux des femelles avec un seul agneau. Une sous-alimentation de l’ordre de 20 % chez des brebis de portées doubles (soit 300 g d’aliment concentré en moins dans la ration indiquée dans le tableau) a pour conséquence une augmentation de 9 % des agnelages difficiles.
D’autre part, la proportion d’agneaux très actifs dans les cinq minutes qui suivent la naissance (déjà debout ou en train de se lever) est diminuée de 29 %.
Enfin, une augmentation de 19 % des agneaux qui ne tètent pas tout seul (assistés deux fois pour la  tétée) a été enregistrée.
Il est actuellement conseillé de se renseigner sur les gammes d’aliments complets pour les brebis. Leur prix peut être équivalent à celui d’un mélange fermier lorsque les céréales sont achetées.

Exemple de rations en fin de gestation avec un foin de qualité moyenne (0,6 UFL ; 70 g de PDIN et 75 g de PDIE par kg de matière sèche) et un aliment complet dosant 0,95 UFV ; 120 g de PDIN et 110 g de PDIN par kg brut

Nombre d’agneau par portéeUn seuldeux
Semaines avant mise bas  De 6 à 3 semaines Les 3 dernières semaines   De 6 à 3 semaines  Les 3 dernières semaines
Concentré par brebis et par jour  300 g  600 g  300 g 800 g

        
Source : CIIRPO
CP : Ciirpo
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 

Avant la mise à l’herbe, des prairies au repos

Afin de conduire au mieux le pâturage au printemps, le seuil des 300 °C de températures pour la mise à l’herbe est un indicateur imparable. Son respect permet d’assurer au mieux le pâturage en matière de quantité et de qualité de l’herbe. Comme chaque année, vos journaux agricoles départementaux se feront le relai de cette information. Sur le site du Mourier à Saint Priet Ligoure (87) par exemple, les 300 °C sont atteints entre le 20 mars et le 10 avril selon les années.
Mais avant cela, les prairies doivent être au repos pendant au moins un mois et demi. Dans le cas contraire, le retard de la pousse d’herbe au printemps est de l’ordre de 10 jours. Un arrêt du pâturage au 1er février pour une mise à l’herbe au 15 mars est donc indispensable.  Dans ces conditions, et contrairement à ce qui est souvent dit, le pâturage hivernal par des brebis n’entraine pas de baisse de production des prairies. 
 
CP : Ciirpo 
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/ CIIRPO) 
 

Mélangeuse distributrice : à partir de 200 UGB

Compte tenu du montant de l’investissement, les mélangeuses distributrices ne se justifient qu’au dessus de 200 UGB ou 1400 brebis en élevage spécialisé. Pierre Lépée, conseiller machinisme à la chambre d’agriculture de la Creuse insiste sur le fait « qu’en dessous de 200 UGB, il y a des solutions plus simples et moins couteuses pour distribuer les rations s’il s’agit d’acheter du matériel neuf. En effet, ce type de matériel induit nécessairement une hausse du poste de carburant et le gain de temps n’est pas systématique. C’est le cas par exemple avec des bruns longs et du fourrage sec car les temps de mélange sont plus importants ». Certains éleveurs l’achètent d’ailleurs à plusieurs, élevages ovins et bovins parfois, et ne distribuent plus qu’un jour sur deux ou trois. 

Une ration humide
La seconde condition à l’utilisation des mélangeuses distributrices concerne le type de ration.  Leur recours impose une ration humide, à base d’ensilage ou enrubannage. Une ration composée de deux tiers de fourrages secs et de seulement un tiers d’enrubannage ou d’ensilage n’est pas adaptée à ce mode de distribution. En effet, le fourrage sec remonte dans la mélangeuse et les volumes sont alors trop faibles. L’utilisation d’autres matériels sont alors mieux adaptés : une dérouleuse pailleuse ou une dessileuse pour distribuer les fourrages et pailler ; un godet distributeur ou un transporteur pour mécaniser les apports de concentrés. 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter « Mélangeuse distributrice : des éleveurs ovins partagent leur expérience » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Barbara Ducreux (Institut de l’Elevage) 
 

Lorsque la paupière s’enroule

L’entropion est une cause fréquente d’œil qui pleure chez les agneaux. L’origine est mécanique : la paupière inférieure s’est enroulée vers l’intérieure de l’œil. Cette dernière qui porte les cils a d’habitude un rôle de protection en évitant leur dessèchement, grâce à leurs clignements réguliers. Mais dans le cas de l’entropion, les cils sont mal positionnés et viennent irriter la surface de l’œil (cornée). Cette anomalie est alors à l’origine d’une inflammation importante voir d’une perte de la vision. Certaines races ou lignées sont génétiquement prédisposées et il faut, dans la mesure du possible, éviter les croisements avec des béliers connus pour avoir transmis l’entropion à leur descendance. « En matière de traitement, dérouler la paupière avec les doigts suffit parfois. Sinon, la pose d’une agrafe (petite chirurgie couramment mise en œuvre) ou d’un simple point de suture est réalisée pour redresser la paupière.», précise Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO
 

L’arbre, indispensable au bien-être des brebis 

Omni présent dans les exploitations ovines du Massif central, l’arbre est un allié pour le troupeau. Une enquête auprès de 15 éleveurs dresse un panorama de ses atouts et contraintes et met en lumière des modes d’agroforesterie qui associent l’arbre et la brebis.
Les deux premiers atouts de l’arbre cités sont en lien direct avec les animaux. Le premier concerne leur bien-être pour 75 % des éleveurs. L’arbre protège les brebis et leurs agneaux de la pluie, du vent et du soleil. Le second des atouts cités est lié à l’alimentation. Les bois et sous-bois mais également les arbres en production de types vergers ou châtaigneraies représentent des surfaces complémentaires aux prairies. L’arbre peut aussi servir de litière grâce aux plaquettes de bois.

L’arbre, une charge de travail supplémentaire
Les éleveurs enquêtés attribuent également à l’arbre des atouts économiques. Les brebis nettoient les plantations à certaines périodes de l’année et le pâturage limite alors les désherbages et l’entretien mécanique.  Enfin, la moitié des réponses apportées par les éleveurs sont d’ordre environnemental. Le rôle de l’arbre sur la beauté des paysages diversifiés mais aussi sur la création de biodiversité, la qualité de l’eau et la rétention des berges est ainsi largement reconnu. 
Toutes les contraintes citées par les éleveurs enquêtés sont d’ordre économique. La première concerne la charge de travail supplémentaire occasionnée par l’entretien des haies et des arbres pour 40 % d’entre eux. L’arbre est également vécu comme un obstacle à la mécanisation du fait de la difficulté de passage des outils : élagage des branches basses, contour des arbres isolés, débroussaillage manuel sous les clôtures électriques… Enfin, l’entretien de la haie est vécu comme une obligation liée à la PAC. 
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche technique : « l’arbre et la brebis : l’alliance gagnante»  sur www.idele.fr et www.inn-ovin.f

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO
 

Le certificat de spécialisation ovin : un tremplin pour l’installation

Le même centre d’intérêt anime les candidats au certificat de spécialisation ovin (CSO) et 95 % d’entre eux souhaitent s’installer en production ovine*. Parmi eux, 35 % préfèrent l’apprentissage à la formation pour adultes. Les apprenants viennent d’univers variés. En effet, si un diplôme agricole peut être exigé, il est également possible d’intégrer la formation avec un an d’expérience professionnelle en agriculture.  

45 % déjà installés
Ce concept permet de visiter de nombreux élevages, de découvrir des savoirs faire et des astuces qu’on ne trouve pas dans les livres. Quatre ans plus tard, 45 % des personnes qui ont suivi cette formation sont installés ou en cours d’installation. D’autres (21%) sont embauchés par des éleveurs ou des organismes agricoles en attendant une opportunité. A la rentrée 2018, dix centres de formation « labélisés Inn’Ovin » proposent le Certificat de Spécialisation Ovin. Pour prendre contact, « le Certificat de Spécialisation Ovin : la relève pour demain » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.
*Selon l’enquête : « que sont devenus les CSO ? » réalisée en 2018 sur les 4 dernières promotions

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO
 

Transformer une stabulation en bergerie

Lors d’une installation ou d’une nouvelle orientation de l’exploitation, la solution d’aménager un bâtiment existant est à envisager notamment au niveau économique. S’il s’agit d’aménager une ancienne stabulation pour vaches laitières, la nature des sols est l’un des premiers éléments à prendre en compte. Par exemple, les caillibotis sont-ils suffisamment résistants pour le passage d’un tracteur? Si c’est le cas, il est alors possible de couler une chape de béton de 10 cm afin que cette aire soit destinée à la surface paillée ou au couloir d’alimentation. Si ce n’est pas le cas, il faut alors combler la fosse avec du remblai. Les différences de niveaux sont les seconds éléments du diagnostic. En effet, les sols restent les points clés qui conditionnement fortement les possibilités de réaménagement et en déterminent le coût.

Des marches et des pentes
La hauteur des marches varie de 20 à 40 cm. Si elle ne dépasse pas 20 cm, il est recommandé de la laisser en l’état. Si elle dépasse 20 cm, il faut alors prévoir une table d’alimentation ou bien deux niveaux d’aire paillée dans la future bergerie. Par ailleurs, seule une pente est de l’ordre de 1 à 3% (cas des logettes en général) peut être laissée en l’état. D’autres postes sont également importants à prendre en compte mais des solutions d’adaptations sont alors plus faciles à trouver (bardages, circuit d’eau…).
Pour en savoir plus et consulter des exemples d’aménagements, vous pouvez consulter la fiche technique : « Une bergerie aménagée dans une ancienne stabulation pour vaches laitières »  sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO
 

La plaquette de bois en litière, une alternative à la paille pour les brebis

Le prix de la paille flambe et les plaquettes de bois peuvent faire office de litière en remplaçant complètement la paille. Les premiers résultats des essais en cours sont unamines : les performances des animaux (brebis et agneaux) sont inchangées et leur bien-être respecté. En matière de réglementation liée à la PAC, les haies peuvent être taillées ou coupées du 1er août au 31 mars avec obligation du maintien de la regénération. Toutes les essences peuvent être utilisées à destination de litière. Mais pour que le bois ait toutes les propriétés voulues en matière d’absorbtion, plusieurs conditions sont à respecter. La première est d’effectuer le déchiquetage quand le bois est encore vert, soit quelques semaines (maximum 3 à 4 mois) après la taille ou la coupe de la haie. Il est recommandé d’éviter de broyer les feuilles vertes et donc d’attendre qu’elles aient été consommées par les animaux ou tombées au sol. La seconde condition concerne la durée et les conditions de séchage. Ce dernier peut être réalisé à l’air libre ou bien à l’abri mais le tas doit toujours avoir la forme d’un dôme de 3 m de haut minimum (hauteur du godet d’un tracteur). En extérieur, attention à créer des pentes régulières pour que l'eau ne s'infiltre pas. 

De 3 à 6 mois de séchage
La durée du séchage du tas est de 3 à 6 mois. C’est en effet le temps nécessaire pour qu’il monte en température (jusqu’à 80°C, processus de fermentation) et que les plaquettes s’autosèchent sans aucune intervention extérieure. Les trois indicateurs qui témoignent que les plaquettes sont prêtes à être utilisées sont les suivants : des champignons sont apparents sur le sommet, les 30 premiers cm du tas sont humides mais la plaquette est sèche et froide lorsqu’on introduit sa main à 70 cm. 
Pour en savoir plus sur la réalisation des plaquettes, vous pouvez consulter la fiche « des plaquettes pour valoriser le bois des agriculteurs » sur le site afac-agroforesteries.fr. Par contre, les chiffres indiqués en termes de quantités sont spécifiques aux bovins et il faudra attendre la fin des essais pour avoir l’équivalent en ovins. Néanmoins, il semble qu’il faille privilégier des couches plus fines qu'en bovin. Pour en savoir plus sur l’intérêt économique des plaquettes, les premières références sont disponibles sur www.idele.fr (rubrique réseaux et partenariats CIIRPO) et www.inn-ovin.fr : « recueil les rencontres du CIIRPO pour les éleveurs ovins ». Enfin, n’hésitez pas à contacter le conseiller forestier de votre chambre d’agriculture ou la mission haies Auvergne. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

2018_Semaine 41 : Des luttes d’automne sans herbe

Compte tenu des conditions climatiques, il faut s’attendre à avoir moins d’agneaux au printemps prochain… Afin de limiter cette perte, trier les brebis et mettre en lutte les brebis les plus en état est une solution. Cette dernière ne sera adoptée que si elle ne modifie pas l’équilibre des tailles de lots sur l’exploitation. D’une façon générale, des brebis en prise d’état sont plus fertiles que des brebis en perte d’état avec un écart de 7 % sur la durée totale de lutte. Toutefois, les brebis maigres (note d’état corporel de 2) et en état corporel moyen sont beaucoup plus sensibles à cette augmentation de poids que les femelles en bon état (note d’état corporel supérieure ou égale à 3).

 

Des brebis qui ne maigrissent pas

Le manque d’herbe entraine également une baisse de la prolificité qui a été observée lors des précédentes sécheresses. Ainsi, selon une récente étude¹, 1,6 agneau naisse en moyenne pour une brebis très maigre à la mise en lutte (note d’état corporel < 2) contre 1,9 agneau pour une brebis en bon état (note d’état corporel supérieure ou égale à 3). Le taux de prolificité des brebis en bon état est inchangé si ces dernières maintiennent leur état corporel ou bien l’augmentent au cours de la lutte. Mais attention, elles ne doivent pas maigrir car le nombre d’agneaux nés est alors inférieur de 20 %.

En résumé, choisir les brebis les plus en état lors de l’introduction des béliers reste la meilleure solution. Si elles affichent une note d’état corporel d’au moins 3, inutile de réaliser un flushing.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

¹Résultats issus d’une étude réalisée avec 3321 brebis de race Mouton Vendéen pour la partie ovin viande  (Institut de l’Elevage)

 

 

 

2018_Semaine 40 : Nouveau : un réseau national technique sur les chiens de protection

Se faire accompagner quand on met en place et on utilise un ou des chiens de protection, c’est désormais possible ! Trente-cinq ans après la mise en place du réseau chiens de conduite, l’Institut de l’Elevage, à la demande du Ministère de l’Agriculture, a structuré un réseau national visant à accompagner les éleveurs et bergers dans leur travail au quotidien avec leur(s) chien(s) de protection.

Une offre d’accompagnement technique complète basée sur une démarche volontaire, qui commence par une formation collective, dans l’idéal suivie avant l’achat du premier chien, qui se poursuit par un suivi individuel sur l’exploitation lors de la mise en place d’un chiot (4 à 5 visites courtes à des périodes clés du développement du canidé) et qui peut également prendre la forme d’un appui individuel pour des éleveurs qui rencontreraient des problèmes avec des chiens adultes.

La signature d’Idele qui a fait ses preuves depuis des dizaines d’années est conservée : les experts du réseau sont tous des éleveurs (ovins ou caprins) et des utilisateurs expérimentés et reconnus de chiens de protection. Actuellement au nombre de 6, ils seront aidés par des relais locaux, là encore avec un profil agricole, qui assureront les suivis individuels chez les éleveurs de leur département qui en font la demande.

Dans les zones éligibles aux aides à la protection des troupeaux, les prestations proposées par le réseau peuvent faire l’objet de financement par l’Etat et l’Europe (Feader).

Plus d’informations sur http://chiens-de-troupeau.idele.fr  

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Barbara DUCREUX, coordinatrice des réseaux chiens de troupeau à l’Institut de l’Elevage

 

 

 

2018_Semaine 39 : Surveiller les mamelles dès l’agnelage

Outre leurs conséquences directement sur l’état de santé de la brebis, les mammites peuvent également compromettre la croissance des agneaux voire occasionner de la mortalité chez les jeunes. Parmi les bactéries fréquemment rencontrées dans les formes cliniques aigues, citons Staphylococcus aureus (forme gangréneuse) et Mannheimia haemolytica (présence d’œdème, cyanose,..). Dans ce second cas, les bactéries sont transmises par la bouche des agneaux lors de la tétée. Les mammites peuvent également passer inaperçues ou devenir chroniques au fil du temps : les mamelles sont indurées, déséquilibrées voire atrophiées et/ou peuvent présenter des abcès.

Un traitement antibiotique

L’observation des brebis et la surveillance des mamelles (inspection, palpation) sont de rigueur aussi bien à l’agnelage qu’au sevrage. Des traitements antibiotiques peuvent être envisagés lors de clinique (pas forcément de guérison bactériologique ni de préservation de la demi-mamelle atteinte). Faire attention dans ce cas à écarter les agneaux à la fois pour administrer correctement le produit intramammaire et pour éviter l’absorption du lait riche en antibiotiques par les agneaux.  Des précautions plus générales s’imposent sur les conditions d’ambiance et d’hygiène en bergerie, la prévention des blessures des mamelles. Le repérage des infections chroniques permettra enfin d’orienter la gestion des réformes à venir.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Renée De Crémoux (Institut de l’Elevage)

 

2018_Semaine 38 : Peser les agnelles de renouvellement pour une meilleure fertilité

Elever les agnelles de renouvellement, c’est avant tout les préparer à leur carrière de futures productrices d’agneaux et de lait. La pesée est alors un bon indicateur de tri puis de bonne conduite.Le poids des agnelles à la première mise à la reproduction reste l’un des principaux facteurs de variation de la fertilité. L’objectif des deux tiers du poids adulte, soit 47 kg pour les races lourdes, reste la référence. Pour les agnelles n’atteignant pas ce poids plancher, le taux de fertilité est en effet inférieur de 33 %.  Pour une exploitation de 420 brebis en agnelage de printemps, l’impact sur le revenu annuel est alors de 2 730 € (source : Inosys Réseau d’élevage).

Une pesée au sevrage

Le poids à la mise en lutte est directement lié à celui du sevrage : les agnelles de faible poids au sevrage ne rattrapent jamais leur retard. En effet, au cours de la phase d’élevage, c’est à dire jusqu’à la mise à la reprodcution, les agnelles légères et lourdes affichent des croissances similaires. Ce tri au sevrage est donc un des principaux leviers à mettre en œuvre pour garantir un niveau de productivité correct des agnelles à la première mise à la reproduction. Puis, une pesée de contrôle est réalisée lors d’une intervention : tonte, traitement… il s’agit alors d’un indicateur de bonne conduite. Seules les agnelles les plus petites sont pesées puis commercialisées avec les agneaux de boucherie si elles n’atteignent pas le poids minimum. Pour en savoir plus, vous pouvez écouter « radio ovin : Le tri et la conduite alimentaire des agnelles de renouvellement » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

 

 

 

2018_Semaine 32 : Haemonchose, le parasite de l’été des ovins

Parmi les nombreux strongles intestinaux, l’haemonchose est parmi les plus sournois. L’évolution de la maladie est en effet très rapide après l’infestation. Son cycle est de l’ordre de 15 jours en conditions favorables (chaleur et humidité), d’où une multiplication très rapide du parasite et les symptômes peuvent facilement se confondre avec ceux d’une autre maladie, une entérotoxémie par exemple. Les animaux perdent l’appétit et s’anémient très rapidement. La mort est rapide et le taux de mortalité peut être élevé. Une association entre le surpâturage et des conditions climatiques favorables participe à une augmentation de l’infestation. Le risque est maximale est de 10 à 15 jours après un violent orage et principalement entre les mois de juin et de septembre. Les jeunes animaux (agneaux de moins de 6 mois, ….) et les adultes en mauvais état corporel sont les plus vulnérables.

 Des antiparasitaires efficaces

Même si des traitements curatifs d’urgence peuvent être mis en place en cas d’haemonchose déclarée afin de limiter la mortalité, c’est une pathologie qu’il faut prévenir.  Le mal est en effet déjà fait lorsqu’on identifie la maladie à partir des symptômes. Sauf si les animaux rentrent et restent en bâtiment à l’issue du traitement, il vaut mieux utiliser des strongicides à action rémanente. Les produits anti parasitaires à base d’Ivermectine, Moxidectine et de Closantel sont utilisés chez les ovins. Rappelons qu’il est indispensable d’alterner les familles de matières actives afin de limiter les problèmes de résistance, de respecter la posologie (en particulier en ne sous estimant pas le poids des animaux, et pour les caprins en adoptant quand cela est connu des posologies spécifiques) et de noter toutes les informations dans le cahier sanitaire. Pour plus d’information, contacter votre vétérinaire ou votre technicien.

 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Myriam DOUCET (Institut de l’Elevage)

Les activités du CIIRPO sont financées par l’Union Européenne et les conseils régionaux Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire

 

 

 

2018_Semaine 31 : Des astuces sans frontières

Les 7 pays du réseau Sheepnet partagent leurs trucs et astuces pour améliorer la productivité ovine. Le top 5 parmi les 76 propositions est le suivant :

N°1 : Alimentation en eau des cases d’agnelage (Irlande) : un système de distribution d’eau : pour plusieurs cases d’agnelage provenant d’une seule source pour réduire le travail,

N° 2 : Utilisation de la technologie pour améliorer la productivité (Turquie) : utilisation d’appareils d’enregistrement d’identification électronique pour améliorer la productivité,

N°3 : Une barrière amovible (Australie) : la porte d’un parc de contention en camembert se déplace pour faire avancer les ovins sans stress et se soulève au-dessus des animaux pour revenir à son point de départ,

N°4 : Gestion des gros trayons (Irlande) : en cas de trayon trop gros, on applique un ruban adhésif sur le trayon normal afin d’encourager les agneaux à téter le gros trayon,

N° 5 : Un anti passage cornadis pour les jeunes agneaux (France) : un système qui empêche les agneaux de sauter dans l’auge.

Vous pouvez retrouver les trucs et astuces en images et en vidéos sur le site internet de SheepNet (www.sheepnet.network), en français et traduits dans la longue de chaque pays participant.

 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Myriam DOUCET (Institut de l’Elevage)

Les activités du CIIRPO sont financées par l’Union Européenne et les conseils régionaux Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire

 

 

 

2018_Semaine 30 : Comment interpréter les résultats d’analyses de fourrage (Ep.2)

Afin d’estimer les quantités de concentré à apporter pour obtenir une ration équilibrée, il est nécessaire de connaitre la valeur alimentaire du ou des fourrages distribués aux brebis. Cette valeur est calculée à partir de leur composition chimique. En effet, pour chaque espèce animale, des équations adaptées aux caractéristiques du fourrage (nature, espèce, cycle de végétation) sont utilisées. L’un des premiers critères calculés est la valeur énergétique exprimée en UFL pour les brebis et en UFV pour les agneaux. Le stade de récolte et la nature du fourrage influencent cette valeur : un foin dose entre 0,65 et 0,85 UFL par kg de matière sèche contre 0,98 UFL pour un ensilage de maïs par exemple.

PDIN et PDIE pour l’azote

Les valeurs PDI (Proteines Digestibles dans l’Intestin) reflètent la valeur protéique de l’aliment. Les PDIA sont les protéines issues de l’aliment et non dégradées par le rumen. Les PDIN et PDIE sont la somme des PDIA et des protéines issues des micro-organismes du rumen : les PDIN sont les protéines limitées par l’azote de la ration ; les PDIE sont les protéines limitées par l’énergie de la ration.  Par ailleurs, la digestibilité de la matière organique (dMO) est la part de la matière organique qui est digérée par l’animal, le reste étant rejeté dans les matières fécales. Elle doit être supérieure à 72 % pour les ensilages et à 60 % pour les foins. Enfin, UEM signifie Unité d’Encombrement Mouton. Cette valeur détermine (en théorie car ces données méritéraient d’être revues) la quantité de fourrage que l’animal va ingérer. Un fourrage à haute valeur UEM séjourne plus longtemps dans la panse et la brebis en consomme donc moins.

 


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)
d’après « le feuillet du moutonnier du Tarn »

 

 

2018_Semaine 29 : Comment interpréter les résultats d’analyses de fourrage (Ep.1)

D’une année sur l’autre, d’une parcelle à l’autre, la valeur des fourrages récoltés peut être très différente. Cette dernière conditionne les quantités de concentrés. Entre deux foins de la même parcelle récoltés à 15 jours d’intervalle, l’économie de concentré peut s’élever à 600 kg pour un lot de 100 brebis pendant 70 jours de lactation, soit de 90 à 180 € selon la nature du concentré. Réaliser des analyses de fourrages prend alors tout son intérêt. A partir d’un échantillon de 200 g prélevés sur plusieurs bottes ou bien à différents endroits du tas d’ensilage, le laboratoire va vous fournir deux type de valeurs : les mesurées et les calculées.

Les valeurs mesurées indiquent la composition chimique d’un fourrage. Elles sont déterminées soit par analyse chimique, soit par infra-rouge. Le premier type d’analyse mesure directement la quantité des constituants du fourrage. Lors d’une analyse infra-rouge, plus rapide et moins couteuse, c’est un spectre qui est comparé à une base de données issue d’analyses chimiques.

MAT et cellulose

La première valeur mesurée est le taux de matière sèche (MS). C’est le premier critère de bonne conservation d’un fourrage. Par exemple, un foin doit titrer plus de 85 % de matière sèche ; un enrubannage entre 50 et 60 % et un ensilage entre 28 et 35 % selon sa nature. Le second critère est la Matière Azotée Totale (MAT). Des teneurs élevées sont recherchées pour utiliser le moins de concentré azoté possible. Un ensilage de maïs se situe entre 70 et 90 g de MAT par kg de matière sèche alors qu’un foin de légumineuses peut dépasser les 150 g. La Cellulose Brute (CB) est liée à la teneur en paroies végétales du fourrage. Plus cette teneur est importante, plus le fourrage est mur et il est moins ingestible par les animaux. Enfin, les Matières Minérales (MM) reflètent la teneur totale en minéraux et oligo éléments. Une teneur élevée indique la présence de terre dans le fourrage : un ensilage doit afficher moins de 100 g de matières minérales par kg de matière sèche ; et un foin moins de 80 g.  Dans le prochain numéro de cette chronique, vous trouverez quelques explications sur les valeurs alimentaires calculées.

CP : CIIRPO


Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)
d’après « le feuillet du moutonnier du Tarn »

 

 

2018_Semaine 28 : Mode d’emploi du jeune bélier acheté

Vous venez d’acheter un bélier qualifié dans une station de contrôle individuel, un centre d’élevage, une foire à béliers ou bien directement chez un sélectionneur. Une quarantaine et une transition alimentaire sont alors indispensables pour lui laisser le temps de s’adapter à son nouveau milieu. Dans le cas contraire, la perte de poids peut être très importante et compromettre son avenir. Deux cas de figures se présentent. Si c’est un agneau : il est âgé de 6 à 8 mois. Son alimentation a surtout été à base de concentré. Pour réaliser une transition alimentaire, continuer à lui distribuer 500 g de concentré par jour et diminuer progressivement s’il est à l’herbe. Si c’est un antenais : il est âgé de 12 à 15 mois. Pour certaines races, il était à l’herbe et complémenté avec du concentré, de l’ordre de 500 g par jour. Il faut donc continuer à lui donner du concentré au cours de la période de quarantaine en diminuant progressivement.

Dans tous les cas, la plus grande vigilance s’impose en matière de parasitisme interne (strongles, ténia) quels que soit l’âge et le poids des jeunes béliers. Enfin, le mélange avec les béliers de l’élevage peut s’avérer délicat. Afin que la hiérarchie s’établisse entre les « anciens » et les jeunes lors du mélange des béliers, il est conseillé de les mettre dans un espace restreint en bergerie.

CP : CIIRPO
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)
 

2018_Semaine 27 : Traitement contre les strongles : flash, remanent ou longue action ?

Parmi les spécialités disponibles sur le marché en matière de produits antiparasitaires contre les strongles gastro intestinaux, on peut distinguer trois catégories : les traitements à effet flashs, les traitements rémanents ou bien les traitements longues actions. Philippe Jacquiet, enseignant chercheur à l'école vétérinaire de Toulouse nous explique leur mode d'action.

« Un traitement flash permet d'éliminer les parasites présents chez un animal au moment du traitement. Dans ce cas, il n'y a aucune rémanence du produit et les animaux peuvent se recontaminer au bout de 12 ou 24 h post-traitement s'ils sont en pâture. A titre d'exemples, on peut citer le praziquantel, le fenbendazole mais aussi l'ivermectine orale pour laquelle la rémanence est très courte - deux ou trois jours maximum, donc on peut considérer cela comme un traitement flash. Ces traitements sont bien adaptés à l'entrée en bergerie car on sait que les animaux ne se recontamineront pas ».
 

Un traitement rémanent si les animaux restent à l'herbe
Un traitement rémanent permet d'avoir une action curative et de protéger pendant un délai généralement de quelques semaines contre les réinfestations au pâturage. Philippe Jacquiet précise : « Attention, cette rémanence dépend de la molécule utilisée, de son mode d'administration, du parasite cible (une rémanence peut varier selon l'espèce parasitaire en cause...) et aussi et surtout selon l'état corporel de l'animal traité : on sait que les rémanences  sont plus faibles chez les animaux maigres et très parasités. Par exemple, la moxidectine orale a une rémanence évaluée à 5 semaines vis à vis de Teladorsagia circumcincta et d'Haemonchus contortus, un peu plus courte (deux à trois semaines) vis à vis de Trichostrongylus colubriformis. A noter que cette évaluation a été faite en conditions de laboratoire avec des animaux bien nourris. Ces traitements sont bien indiqués quand on doit traiter les animaux et qu'ils vont continuer à évoluer sur une parcelle très contaminée.
Enfin, les traitements « longue action » (ex moxidectine injectable longue action) sont destinés à bloquer les cycles parasitaires en empêchant le recyclage des larves infestantes sur les pâtures pendant plusieurs mois. Ils sont au cœur d'un débat actuellement car en les utilisant, un éleveur exerce une pression de sélection de longue durée sur les populations de strongles et cela pourrait favoriser l'apparition et la diffusion des résistances.

CP : CIIRPO
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)
 

Vers de nouveaux partenariats éleveurs/céréaliers

Le pâturage des intercultures dans les exploitations de grandes cultures par les brebis d’un éleveur voisin est une technique qui se développe. Ce partenariat est « gagnant/gagnant » pour les deux parties. Pour le céréalier, le fait d’envisager un pâturage le conduit à implanter 3 à 4 espèces fourragères à minima, choisies parmi les légumineuses, graminées, protéagineux et crucifères. Ces mélanges permettent de lutter plus efficacement contre les adventices, de restructurer le sol et de favoriser une plus grande production fourragère. Or, un couvert avec une production de 2 tonnes de matière sèche par hectare se traduit par 40 à 60 kg d’azote par ha sur la culture suivante et 15% de rendement en plus. Le pâturage n’a pas de conséquence négative sur la structure du sol. Le piétinement est en effet réduit du fait du faible poids des brebis. 

Moins de campagnols et de limaces
Le pâturage a également un effet sur la réduction des populations de campagnols et de limaces. D’autre part, la délégation de l’entretien de la parcelle à un éleveur permet un gain de temps non négligeable et une réduction des coûts en évitant sa destruction avec des produits phytosanitaires ou du broyage. Enfin,  la matière organique est augmentée (d’autant plus avec un couvert multiespèces). Pour l’éleveur, les couverts végétaux sont une ressource fourragère de bonne qualité alimentaire et facile à pâturer dans la mesure où les espèces semées ont été bien choisies.  
Pour en savoir plus, vous trouverez des conseils pratiques et un chiffrage des intérêts respectifs sur www.inn-ovin.fr : « Développer un partenariat autour de vos intercultures ». 

CP : CIIRPO
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)
 

Le pâturage cellulaire et le parasitisme

L’étude sur le pâturage en mini parcelles se poursuit au CIIRPO (Centre inter régional d’Information et de Recherche en Production Ovine) sur le site du Mourier (87). Depuis septembre 2016, les parasites de brebis conduites selon deux modes de pâturage, tournant « classique » et cellulaire (appelé encore dynamique) sont observés à la loupe. Philippe Jacquiet, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse, explique que « les résultats obtenus lors de la première année d’observation indiquent que les brebis menées en pâturage cellulaire présentent des intensités d’excrétion d’oeufs de strongles gastro-intestinaux massives à certains moments de l’année. De plus, à certains moments du suivi, l’intensité du parasitisme interne a été plus importante en pâturage cellulaire qu’en pâturage tournant. »

Des résultats qui se confirment
Les deux séries de mesures réalisées en 2018 indiquent les mêmes tendances. Lors du dernier prélèvement, le 28 mai dernier, l’excretion s’établit à 434 oeufs de strongles gastro intestinaux (opg) en moyenne sur les 41 brebis prélevées en pâturage tournant. Les matières fécales des 43 brebis prélevées en pâturage cellulaire contenaient 612 opg. « Ceci signifie qu’il faut rester vigilant et que le pâturage cellulaire n’est pas un gage à lui seul d’un contrôle effectif du parasitisme interne au cours d’une saison de pâture, conclut le vétérinaire ».
Les résultats de la première campagne d’étude sont disponibles sur www.inn-Ovin.fr et www.idele.fr : « Pâturage cellulaire et parasitisme en production ovine : les enseignements d’une première campagne de suivi ».

CP : CIIRPO
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Plantes à tannins : des espoirs qui restent à concrétiser

Plantin, lotier ou bien chicorée sont des plantes riches en composés naturels bioactifs, dont les tannins. Elles auraient une action sur les vers de strongles gastro intestinaux et réduiraient leurs effets sur la santé des animaux à l’herbe. Mais les études conduites en grandeur réelle restent rares et ont essentiellement été menées en Grande Bretagne et en Nouvelle Zélande. En France, un premier essai a été conduit en 2017 au CIIRPO, sur le site du Mourier. Deux lots d’agneaux d’herbe non complémentés en concentré ont été comparés. L’un d’eux disposait d’une parcelle composée de chicorée, plantain et lotier qui était pâturée chaque mois en cure pendant 10 jours consécutifs en alternance avec une prairie temporaire. L’autre lot n’avait pas de plantes à tannins à disposition. 

17 % de croissance en plus
Au final, au cours de l’été, les croissances des agneaux ont été supérieures de 17 % lorsque les agneaux ont consommé les plantes à tannins. Par contre, les analyses de crottes réalisées toutes les trois semaines n’ont pas mis en évidence de différence d’excrétion en œufs de strongles intestinaux. Le 22 août, les niveaux des deux lots étaient équivalents avec plus de 1000 œufs par gramme. Des tractus digestifs des agneaux sont en cours d’analyse : les œufs seront comptés et reflèteront le réel niveau d’infestation des agneaux avec et sans tannins. Un nouvel essai demarre en juillet au CIIRPO. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)
 

La complémentation minérale des brebis en résumé

La complémentation minérale d’un troupeau sur l’année est complexe. Toutefois, quelques grandes règles de base sont à respecter. Dans ce domaine, les excès sont souvent plus néfastes que les carences. Apporter des minéraux toute l’année est très coûteux et peut être préjudiciable pour la santé des animaux dans le cas d’une conduite au pâturage. En effet, l’excès d’un élément est alors à craindre, ce dernier bloquant l’assimilation d’un autre. Des cures de minéraux aux moments stratégiques suffisent : un mois avant la mise à la reproduction et un mois avant l’agnelage. 

Jamais de cuivre ajouté
Au cours des autres stades physiologiques, des cures d’un mois maximum alternées avec un ou deux mois sans apport sont également possibles : pierre ou seau enrichi en zinc pour les boiteries par exemple. 
D’autre part, un aliment pour ovins ne doit jamais contenir de cuivre ajouté sauf diagnostic de carence. Il est important de vérifier que cet oligo élément ne figure pas dans la liste des additifs sous peine de grave intoxication. Enfin, l’apport d’engrais enrichis d’un élément (sélénium par exemple) sur les prairies est moins efficace que l’apport direct à l’animal car la plante l’absorbe plus ou moins bien. 
Pour en savoir plus : « la lettre technique des éleveurs ovins n°24 : compélmentation minérale, simplicité et modération » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)
 

Un risque d’entérotoxémie accru avec du ténia

Les premiers signes cliniques du ténia sont bien connus : les agneaux présentent un mauvais état général avec un déficit de croissance. Des troubles digestifs, un amaigrissement et une laine sèche et cassante sont des signes possibles. Les agneaux manquent de vigueur, avec une anémie possible. Ce qui est moins connu, c’est le risque d’entérotoxémie qui est considérablement accru. Et en ce milieu de printemps, les infestations de ténia sont particulièrement virigulentes dans certaines régions.

Un traitement spécifique efficace 
Le laboratoire de l’Alliance Pastorale témoigne : « depuis 3 semaines, les autopsies d’agneaux révèlent de fortes infestations en ténia, y compris sur des agneaux âgés d’un mois et demi ».   Le traitement se fait par administration d’un médicament spécifique du ténia ou d’un produit polyvalent ténia-strongles à partir de 5 semaines après la sortie à l’herbe ou le début de la consommation effective d’herbe. L’immunité contre le ténia se développe en quelques mois. Ce ne sera donc plus un souci dans la plupart des cas après 6 mois de pâturage.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la vidéo « le ténia du jeune agneau »  et le podcast « radio ovin n°3 » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Les béliers préfèrent les grosses brebis

L’état corporel des brebis en lutte joue-t-il un rôle sur le comportement sexuel des béliers ? Selon une récente étude réalisée par Supagro Montpellier et l’INRA, la réponse est oui : les béliers préfèrent les brebis bien en chair. 

Le dispositif mis en place pour mesurer la préférence des béliers était le suivant : à partir de brebis de race Mérinos d’Arles de même poids, trois lots ont été composés. Le premier, alimenté selon ses besoins pendant 3 mois, s’est maintenu. Le second, suralimenté, a pris 8,2 kg au cours de la lutte. Le dernier, sous alimenté, a perdu 7,8 kg. Afin de mesurer l’attractivité des mâles, 6 brebis (2 de chaque lot) ont été mises en contact avec 2 béliers pendant 30 mn. Toutes les cinq minutes, la brebis la plus courtisée était enlevée du lot. 

Grosses et en bon état

Ce test a été répété avec 6 béliers différents, avant et après la différence de régime alimentaire. « Les brebis qui ont le meilleur état corporel et le poids le plus élevé ont la préférence des béliers, explique Nathalie Debus de l’INRA. La différence est nette et est confirmée par le nombre de chevauchements qui est nettement plus important. Cela peut s’expliquer par le fait que les mâles identifient les femelles à même de mener leur gestation à terme ». Par contre, l’alimentation des brebis ne modifie pas leur intérêt pour les mâles. Maigres ou grasses, elles prospectent de la même façon mais lorsque le bélier a le choix, certaines ont plus de chances que d’autres !

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Reconnaître une boiterie et la soigner

Savoir identifier un panaris, une fraise, une fourbure ou du piétin : tel est l’objectif de cette nouvelle fiche technique intitulée « les boiteries des brebis et des béliers » mise en ligne sur www.inn-ovin.fr et www.idele.fr. Les causes de boiteries les plus fréquemment rencontrées chez les adultes y sont listées avec leurs symptômes, moyens de prévention et de soins possibles. Par exemple, le panaris est facilement identifiable avec un espace interdigité et une couronne gonflés. Parfois, du pus est visible avec un ulcère. Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale, rappelle « qu’une blessure dans l’espace interdigité s’est alors transformée en porte d’entrée pour les bactéries qui pénètrent dans les tissus du pied et déclenchent alors une infection. Un antiseptique local et un antibiotique par voie générale sont alors recommandés ». Le mal blanc a pour origines possibles des litières et des pâtures humides associées à des températures supérieures à 10 °C, de la terre ou de la matière organique entre les onglons. L’espace interdigité n’est plus rosé mais blanchâtre ou inflammé. Un traitement antiseptique individuel ou un passage collectif au pédiluve suffit bien souvent à enrayer la maladie. Attention, la surinfection est possible (piétin, panaris) en cas de manque de soins. 

Du parage à la vaccination

Le piétin entraine une boiterie plus ou moins prononcée selon le type de lésions : de l’inflammation à la nécrose de la corne avec décollement de l’onglon. A l’origine, deux bactéries dont l’une est très résistante dans le pied mais peu dans le milieu extérieur. « Un parage en éliminant la corne molle et lésée, une antibiothérapie par voie locale voire générale est alors indispensable, conseille Laurent. En matière de prévention, l’association du parage, de passages au pédiluve, éventuellement d’une vaccination ou d’une supplémentation alimentaire en zinc et surtout d’une réforme si récidive sont nécessaires ». 

Dans cette même rubrique, vous retrouverez la semaine prochaine les moyens de prévention possibles de la fourbure, de la fraise ou limace et d’une pousse anormale de la corne.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Déclarer les dégâts des petits prédateurs

Les populations de renards et blaireaux sont en constante augmentation dans les campagnes. Selon Alain Delpuech de la fédération des chasseurs de la Haute-Vienne, « il y a trois principales raisons : l'interdiction de la chloropicrine dans les années 1990, la présence de terriers plus nombreux après la tempête de 1999 rendant leur suivi plus facile et la disparition de la gale ». En avril et mai, les renardes se mettent à chasser pour nourrir leurs jeunes. Les agneaux âgés de moins d’un mois et les plus fragiles sont des proies faciles. Les pertes peuvent être élevées. « Sans compter le nombre de renards qui ont été piégés et dont le nombre a doublé entre 2011 et 2017, le tableau de chasse fait état de 3950 renards tués en Haute Vienne lors de la campagne 2016/17 contre 1860 en 2001/2002, argumente Alain Delpuech. La fréquence d'observation lors des comptages de nuit réalisés par la Fédération des chasseurs a été multipliée par 5 au cours des 15 dernières années ». 

Un classement revu tous les 3 ans

En Haute-Vienne, le renard est classé dans les espèces nuisibles mais le classement des espèces est revu tous les 3 ans. « Nous avons très peu de déclarations, explique le technicien de la fédération de chasse et cela pose problème car un recensement des dégâts est indispensable pour classer les espèces nuisibles. Le renard est ainsi susceptible de sortir de la liste des espèces nuisibles et le seul moyen de régulation resterait la pratique de la chasse. Le piégeage du renard  serait alors interdit. Chaque fois que cela est possible, il est donc très important de faire une déclaration à votre Fédération Départementale des Chasseurs ». 

Les activités du  CIIRPO sont financées par l’Union Européenne  et les conseils régionaux Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Le maïs et le colza ne colorent pas le gras des agneaux

Ce sont surtout les colorations brun-rouge qui altèrent la présentation des carcasses des agneaux et peuvent entraîner l’exclusion des démarches qualité. Le colza et le maïs ont particulièrement mauvaise réputation. Et pourtant, tous les essais qui comparent des agneaux du même âge finis en bergerie ou sur des couverts végétaux à base de colza fourrager ont démontré le contraire. D’autre part, le maïs n’est en aucun cas responsable d’une coloration jaune des gras. Cette dernière résulte d’une accumulation de pigments caroténoïdes (le β carotène) dans les graisses de l’agneau. Et le maïs reste un aliment très peu pourvu en β carotène à l’inverse de l’herbe pâturée par exemple.

Le sexe et l’âge des agneaux 

De nombreux facteurs liés directement à l’animal le prédisposent par contre au problème de coloration du gras. Le sexe reste le premier critère. Les mâles sont beaucoup plus sensibles que les femelles. L’âge influence également la couleur du gras. Les agneaux abattus entre 8 et 10 mois présentent des gras plus colorés que les agneaux d’herbe abattus jeunes. La race est un critère pouvant également favoriser l’apparition de défaut de couleur. Certaines races sont beaucoup moins sensibles que d’autres comme l’Ile de France par exemple. Le mode d’alimentation joue également un rôle : les défauts sont moins fréquents sur des agneaux rationnés en concentré par exemple. Enfin, il est probable que la couleur du gras soit sous la dépendance d’une variabilité individuelle. Cela expliquerait les différences de qualité parfois observées entre deux agneaux de même race, de même sexe et conduits de la même façon.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Quatre méthodes pour faire adopter un agneau

L’adoption n’est pas toujours couronnée de succès mais certaines méthodes offrent plus de réussite que d’autres. Frotter l’agneau à adopter avec le placenta de la brebis qui vient de mettre bas est en une. Hubert Germain, vétérinaire et formateur explique « qu’il est possible de simuler un nouvel agnelage afin de déclencher l’ocytocine par la compression des sciatiques. Quatre doigts sont introduits dans le vagin, le pouce à l’extérieur. Un message est alors réalisé en appuyant bien sur le plancher du bassin. Cette technique est à essayer lorsque l’agnelage est récent ». La case d’adoption est une autre solution. La brebis est alors attachée au cornadis en permanence.  L’alimentation et l’abreuvement sont réalisés par devant. La mère ne peut pas voire ni sentir l’agneau à adopter et l’éleveur se poste dans la case plusieurs fois par jour pour le faire téter. Pour vérifier si l’adoption a réussi, elle est détachée du cornadis et observée de près pendant quelque temps. 

Une corde à l’attache de la queue
Il est également possible d’attacher la brebis dans sa case d’agnelage à l’encolure en continue afin qu’elle ne fasse pas de mal à l’agneau à adopter. Pour faire téter l’agneau, un jarret est mis en suspension sur la barrière pour libérer la mamelle. La présence de l’éleveur est indispensable afin d’éviter les risques d’étouffement et de préserver le bien être de la brebis. Enfin, une autre méthode consiste à utiliser un masque et une corde. L’objectif est de bloquer l’articulation des pattes arrière pour empêcher la brebis de taper l’agneau. Pour ce faire, la corde est passée autour de la brebis, juste devant la mamelle et sur la pointe des hanches. Un nœud qui se défait très rapidement est ensuite réalisé car la corde est enlevée aussitôt que l’agneau a tété. La corde est ensuite ramenée au niveau de l’attache de la queue. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche technique « Une méthode d’adoption avec un masque et une corde » et la vidéo « une méthode d’adoption en élevage ovin » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

C’est le début des luttes de printemps

Au printemps, les races dites « desaisonnées » ont la capacité de se reproduire en lutte naturelle, même si les taux de fertilité et de prolificité restent inférieurs à ceux obtenus en automne. De façon très schématique car les interactions avec le milieu (alimentation, sanitaire…) font que les choses ne sont pas aussi simples, il s’agit des races rustiques, prolifiques ainsi que des Ile de France, Berrichon du Cher et Charmoise dans les races bouchères. Ce qui différencie les races « saisonnées » des races « desaisonnées » est leur faculté à répondre à l’effet mâle. Si les premières restent indifférentes au bélier au printemps, les secondes y sont beaucoup plus sensibles. Le contact entre une brebis et un bélier déclenche une ovulation chez la brebis qui n’est pas fécondante. Ce n’est qu’au cycle suivant, soit 17 jours plus tard, que la brebis est saillie.

Un coup de foudre entre une brebis et un bélier
C’est la raison pour laquelle les mises-bas sont très souvent décalées de 15 jours par rapport aux luttes naturelles d’automne. Par exemple, pour une mise en lutte au 20 mars, les mises-bas devraient commencer le 10 aout avec 80 % des brebis qui agnellent dans les 30 jours qui suivent. Avec un effet mâle, seules quelques femelles mettent bas du 10 au 30 août. La majeure partie des naissances sont réparties en septembre. C’est la raison pour laquelle il est conseillé de laisser les béliers au moins 3 cycles, soit un près de 2 mois. Des béliers vasectomisés peuvent être utilisés pour réaliser l’effet bélier. Ils restent 14 jours avec les brebis puis sont remplacés par les béliers reproducteurs qui peuvent alors être enlevés 35 jours plus tard. Et pour mettre toutes les chances de son côté, les brebis doivent être « au calme » pendant toute la durée de la lutte et les trois semaines qui suivent. Le niveau d’alimentation doit être maintenu sans rupture comme une mise à l’herbe par exemple. Enfin, ce n’est pas le moment de parer ou de traiter. Les interventions en milieu de gestation sont sans risque pour le fœtus qui est solidement accroché trois semaines après la fecondation. 

Les activités du  CIIRPO sont financées par l’Union Européenne  et les conseils régionaux Nouvelle Aquitaine et Centre. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Une méthode simple pour évaluer la valeur alimentaire du méteil en grains

Le méteil a pour particularité de ne pas présenter les mêmes proportions des espèces au semis et à la récolte. En conséquence, une vérification de sa composition s’impose afin de s’assurer que la valeur alimentaire est adaptée aux animaux auxquels il est destiné. Les céréales et protéagineux étant riches en énergie, cette composante de la valeur alimentaire ne pose pas de problème avec les méteils sauf si la proportion d’avoine dépasse 40 %. Par contre, le mélange peut s’avérer trop pauvre en azote. Pour connaitre cette valeur, le comptage est une méthode simple et gratuite. La marche à suivre est la suivante. Un échantillon représentatif du méteil d’un kg environ est prélevé puis chacune des espèces est séparée au tamis ou à défaut, à la main (trier un kg est alors fastidieux). Puis, chaque espèce est pesée et exprimée en pourcentage. Enfin, il reste à calculer les valeurs alimentaires du mélange à partir des tables INRA. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche technique « Du méteil en grains adapté à la finition des agneaux de bergerie » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Fanny MESOT, Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

SheepNet, un réseau européen pour améliorer la productivité ovine

SheepNet est un réseau sur la productivité ovine financé par l'Union Européenne qui implique les 6 principaux pays producteurs ovins de l'Union Européenne (Irlande, France, Royaume-Uni, Roumanie, Espagne et Italie) et la Turquie. La productivité ovine (nombre d'agneaux élevés par brebis mise à la lutte) est une combinaison du succès de la reproduction, de la gestation et de la survie de l’agneau. C’est un des critères clefs de la performance économique des élevages ovins. SheepNet est conçu pour stimuler l'échange de connaissances entre la recherche et les acteurs ovins (éleveurs, techniciens, vétérinaires,…) afin de diffuser largement les meilleures pratiques et les innovations, dans le but d'augmenter la productivité ovine. Le site web SheepNet (www.sheepnet.network) permet d’accéder aux solutions proposées et sera mis à jour régulièrement. Vous avez aussi des trucs et astuces et des bonnes pratiques intéressantes à partager dans le cadre de SheepNet ? N’hésitez pas à le faire sur site web SheepNet. SheepNet c’est aussi des rencontres nationales et internationales orientées sur l’échange de connaissances techniques, pratiques et scientifiques. Vous souhaitez y participer ? Enregistrez-vous sur le site web SheepNet. Les prochaines rencontres sont en avril dans le lot et en juin en Espagne. Ce réseau européen n’a d’intérêt que par une participation large des acteurs ovins. On attend plus que vous !

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Jean Marc GAUTIER, Institut de l’Elevage

Le piétin, une maladie très contagieuse

Le piétin est lié principalement à l’action de deux bactéries. L’une, très résistante dans le milieu extérieur (fèces), provoque une inflammation de l’espace interdigité situé entre les onglons, à l’origine des complications ultérieures. L’autre subsiste plutôt dans les litières humides ou bien les endroits boueux, toujours à l’abri de l’air. Même si les aspects génétiques mériteraient d’être précisés, les facteurs de risque du piétin sont aujourd’hui bien connus. Le premier concerne les animaux contaminés introduits dans l’élevage : lors de l’achat de reproducteurs, il est indispensable de vérifier l’absence de piétin. D’autre part, dans un pédiluve devenu au fil des passages un véritable bouillon de cultures, des brebis saines peuvent ressortir contaminées.  Les litières humides sont également un facteur favorisant : lorsque la peau située entre les onglons est maintenue chaude et humide, les bactéries responsables du piétin pénètre l’épiderme puis infectent le pied. Enfin, toutes les zones de passages « boueuses » sont à proscrire si possible : zone d’abreuvement, abords des bâtiments lors de passages quotidiens….

Se débarrasser du piétin passe d’abord par la prévention 
Parer les onglons des animaux atteints est indispensable afin d’exposer les zones infectées à l’air. Les traitements externes (pédiluve, pulvérisation) peuvent alors être efficaces.  La vaccination seule ne peut pas prévenir complètement le piétin ni guérir les animaux atteints mais elle est un bon auxiliaire dans la lutte contre la maladie. A titre indicatif, le coût du vaccin est de l’ordre d’1,5 € par injection et par animal.  Lorsque cela est envisageable compte tenu du nombre d’animaux atteints, traiter au cas par cas est particulièrement efficace. Après parage, deux solutions : soit seule la corne tendre est atteinte et la pulvérisation de l’onglon avec un spray antibiotique est suffisant ; soit le stade de la maladie est plus avancé (décollement de la corne ou chute de l’onglon) et un traitement par antibiothérapie par voie générale se justifie.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

La synchronisation des chaleurs au printemps

Mise au point au début des années 1970, la synchronisation des chaleurs consiste à reconstituer le cycle sexuel de la brebis par l’intermédiaire d’un traitement hormonal en deux étapes : une éponge vaginale suivie d’une injection de PMSG à son retrait. L’éponge libère le progestagène et bloque le cycle de la brebis pendant 14 jours. La femelle peut être indifféremment au repos sexuel ou bien déjà cyclée. La PMSG libère les deux hormones responsables de l’ovulation. La brebis peut alors être soit inséminée 55 heures après l’injection, soit luttée 48 heures après. 

Cette méthode présente l’avantage d’être applicable à toutes les races de brebis ainsi qu’aux adultes comme aux agnelles.  Les mises-bas sont groupées sur 10 jours. Le coût de la synchronisation (éponge + PMGS) est d’environ 5 € par brebis.  Un taux de fertilité supérieur à 70 % est considéré comme très correct.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Des agneaux plus vigoureux à la naissance avec des brebis bien alimentées

Selon les résultats d’une récente étude¹, les agneaux sont plus débrouillards à la naissance lorsque leurs mères sont bien alimentées lors des six dernières semaines de gestation. Myriam Doucet, vétérinaire à l’Institut de l’Elevage en charge de cette étude, explique que « la proportion d’agneaux qui vont essayer de se lever dans les cinq premières minutes est supérieure de 29 % lorsque les brebis reçoivent une ration suffisante par rapport à des brebis sous alimentées à raison de 80 % de leurs besoins ». Cet écart se maintient deux heures après la naissance : 90 % des agneaux dont la mère a été alimentée correctement ont tété tout seul. Dans notre étude, cette proportion passe à 62 % avec des brebis sous alimentées.

6 % de mortalité en moins

De plus, pour 19% des nouveaux nés issus de brebis mal nourries, au moins deux aides à la tétée, au biberon ou au pis, ont été nécessaires afin de leur garantir la bonne dose de colostrum pour les réchauffer et les immuniser. « En conséquence, le temps passé à l’agnelage est plus important et c’est sans compter les 9% d’agnelages difficiles en plus sur lesquels il y a nécessité d’intervenir. Au final, le taux de mortalité des agneaux est majoré de 6 % au sevrage avec des brebis mal alimentées ». Les résultats de cette première étude doivent être confirmés avec d’autres types génétiques dans les années qui viennent. 

 ¹ Étude financée par FranceAgriMer et réalisée en 2017 avec des brebis de race Romane portant deux agneaux (Fédatest/ Institut de l’Elevage/CIIRPO).

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

www.inn-ovin.fr : le site WEB de la production ovine

Le site Internet, entièrement dédié à la production ovine, a fait peau neuve en 2017. Vous y accéderez en tapant www.inn-ovin.fr. Le site Inn’Ovin a été conçu pour les éleveurs, les techniciens et également les enseignants et les élèves intéressés par les ovins. Christelle Bonnet, d’Interbev Ovins et en charge du site, indique « que 200 connections sont enregistrées chaque jour en moyenne. Tout ce qui concerne le travail est particulièrement consulté ».

Une mine d’informations
Toutes les nouveautés en matière de production ovine, viande et lait, y sont archivées par thématiques : travail, alimentation, sanitaire… Plusieurs centaines de documents sous forme de fiches, de vidéos et même de podcasts ou de diaporamas sont à votre disposition, en version imprimable si vous le souhaitez. Le site www.inn-ovin.fr, c’est aussi un agenda avec les manifestations dans vos différentes régions. Une photothèque est également disponible. D’autre part, toutes les informations relatives aux  Ovinpiades y figurent avec entre autres les podiums régionaux et les gagnants au Salon de l’Agriculture à Paris. Enfin, une page spéciale est consacrée à la formation et aux éléments nécessaires à la construction d’un projet.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Le repos hivernal des prairies n’est pas une obligation

En février, les brebis peuvent continuer à pâturer les prairies sans nuire à la production future. C’est le cas par exemple des prairies semées en fin d’été si les conditions climatiques le permettent (terrain ressuyé !). Il est alors conseillé d’associer un fort niveau de chargement (100 brebis par hectare) avec un passage assez rapide : de l’ordre de 3 à 4 jours. Avec un mode de pâturage tournant et une hauteur d’herbe de l’ordre de 5 cm à la sortie de la parcelle, l’avenir de la prairie n’est pas compromis.

De l’herbe qui serait perdue

Car, contrairement à ce qui est souvent dit, le pâturage hivernal par les brebis n’abîme pas les prairies. Cette pratique n’entraîne pas de baisse de production au printemps si les deux conditions suivantes sont respectées : sortir les animaux de la parcelle avant qu’elle ne soit sur-pâturée et respecter un mois et demi de temps de repousse jusqu’au pâturage suivant. Sur les prairies qui ne bénéficient pas de ce repos hivernal, le retard de la pousse d’herbe au printemps est de l’ordre de 10 jours. En élevage mixte avec des bovins, étant donnée la mise à l’herbe plus tardive des animaux, les parcelles des vaches peuvent être pâturées par les brebis jusqu’à la fin février. La qualité de l’herbe au printemps s’en trouve même améliorée.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Etiquette des aliments : quelques éléments à connaître

En matière de réglementation pour les ruminants, la dénomination « aliment complémentaire » indiquée sur les étiquettes des aliments est destinée à la fois aux aliments complets et aux compléments de céréales. C’est le taux de protéines qui différencie les deux types d’aliments : dans un aliment complet, la teneur en  protéines brutes est de l’ordre de 16 à 18%. Dans un aliment à associer aux céréales, elle est supérieure à 20 %. Pour en connaître les composants, sachez que la rubrique « composition » liste par ordre décroissant toutes les matières premières. Enfin, les valeurs alimentaires UF et PDI de l’aliment ne figurent pas sur l’étiquette en général. Pour les connaitre, il suffit de vous adresser au fabricant.

« Destiné aux ovins »
La première mention à vérifier est que l’aliment est bien destiné aux ovins. Si l’espèce n’est pas mentionnée dans la liste, la confirmation que le cuivre ne fait pas partie des additifs est indispensable sous peine de risque important d’intoxications. D’autre part, l’addition de chlorure d’ammonium figure obligatoirement dans cette liste des additifs si l’aliment en contient. Dans ce cas, les agneaux sont assurés de ne pas présenter de gravelle.  Si la « date limite de consommation » (appelée aussi « date de durabilité minimale ») est dépassée, les risques sanitaires restent toutefois limitées. En effet, seules les vitamines et les levures perdent alors une partie de leur efficacité (sauf défaut de conservation avec présence de moisissures par exemple).

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Un manque à gagner de 20 € par agneau trop gras

L’état d’engraissement reste le principal critère de paiement à l’éleveur. Et dans le contexte actuel, les carcasses trop grasses sont invendables ! Elles sont bradées à Rungis alors qu’elles auraient été excellentes avec quelques kg de moins. En effet, lorsqu’un agneau est fini au toucher, il est nécessaire de le commercialiser sans tarder. Attendre quinze jours, c’est entre 1,7 et 2,3 kg de carcasse supplémentaires mais aussi 20 kg d’aliment en plus si les agneaux en disposent à volonté. Avec de la chance, l’agneau ne change pas de classe d’état d’engraissement et le gain est de l’ordre de 6 € par agneau. Mais la solution la plus probable, en particulier pour les femelles, c’est un état d’engraissement excessif. Si la carcasse est classée en 4 selon la grille EUROP actuellement en place, le manque à gagner est de plus de 20 € par agneau.

Des solutions pour éviter le gras

Si la proportion de carcasses grasses (classes 4 et 5) dépasse 5 %, il est nécessaire de mettre en place une solution pour la diminuer. Diminuer le poids de carcasse des femelles en particulier en commercialisant les agneaux moins lourds reste la solution la plus radicale. Le tri régulièrement les agneaux (tous les quinze jours maximum) sans retarder la commercialisation de ceux qui sont finis est également indispensable. Le rationnemment du concentré en finition entraîne une réduction des vitesses de croissance et par conséquent de la formation de gras. Cette technique, qui demande toutefois de la place à l’auge, permet alors de détecter plus facilement le moment où l’agneau présente un état d’engraissement optimum à condition de les trier tous les quinze jours.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Des béliers bien soignés cet hiver

Les luttes d’automne sont à présent pratiquement terminées. Les béliers adultes nécessitent une retape et les antenais ont encore des besoins de croissance. Si aucune mise à la reproduction n’est programmée avant deux mois, une ration avec un foin de qualité moyenne, 500 à 700 g de concentré par jour selon l’état des béliers suffissent (aliment complet ou bien 400 g de céréale + 100 g de complémentaire azoté ou de tourteau de colza et un complément minéral). Avec une ration à base de paille, la ration est majorée de 300 g d’aliment complet, de pulpe de betteraves déshydratées ou de céréales.

Prévoir les achats de béliers

Deux mois avant la mise à la reproduction, 300 g de céréales ou de pulpe déshydratées sont ajoutés à la ration quotidienne. La durée de la fabrication des spermatozoïdes est en effet de 60 jours. Et la durée du flushing est donc beaucoup plus longue que celle des femelles, qui est de 3 semaines.

En ce milieu d’hiver, c’est aussi le moment de faire le point sur le haras de béliers et de prévoir les achats des jeunes mâles dès maintenant. L’examen des dents, pattes et testicules permet de recenser les réformes sachant que l’âge maximum se situe entre 5 et 6 ans. Enfin, un soin des pattes pour les béliers qui boitent s’impose afin qu’ils puissent reprendre de l’état. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse

Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

La nature de l’aliment influence peu l’état d’engraissement des agneaux

Les aliments de type « basse énergie », c’est-à-dire affichant moins de 0,9 UFV au kg brut, n’entraînent pas de modification de l’état d’engraissement des agneaux par rapport à un aliment à 0,92 UFV par exemple pour un même poids d’abattage et une valeur azotée identique. Avec des aliments dosant moins de 0,8 UFV par kg brut, il est même illusoire de finir des agneaux.

La nature de la source de protéines n’a pas d’influence non plus sur les quantités de gras déposées. Les essais réalisés avec différents protéagineux, pois, lupin, n’ont pas montré de différence d’état d’engraissement des agneaux pour un même poids de carcasse. 

Aucune d’influence de la source d’azote

Il en est de même pour les tourteaux d’oléagineux, tourteaux de colza ou de soja. La valeur énergétique du tourteau de tournesol est trop faible et ce dernier doit obligatoirement être associé à une autre source de protéines, par exemple un autre tourteau. Enfin, la nature du fourrage (foin, paille, enrubannage de légumineuses) n’entraîne pas de modification non plus. Par contre, rationner le concentré en finition entraîne une réduction des vitesses de croissance et par conséquent de la formation de gras. Le rationnement permet alors de détecter plus facilement le moment où l’agneau présente un état d’engraissement optimum à condition de les trier tous les quinze jours.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/CIIRPO

Ce qui favorise la coccidiose

Les coccidioses sont liées au développement de plusieurs espèces de coccidies dans l’intestin des jeunes agneaux. Douze espèces sont connues chez les ovins dont seulement trois sont pathogènes. Les agneaux peuvent commencer à présenter des symptômes (diarrhée nauséabonde noirâtre, laine piquée) vers l’âge d’un mois. Cependant, la coccidiose est le plus souvent sans symptôme particulier, avec toutefois des retards de croissance importants.  Tout stress peut être un facteur déclenchant (sevrage, vaccination, transport, changement de régime alimentaire...). Mais la gravité de cette maladie est aussi liée aux conditions de milieu. L’hygiène de la bergerie, sa ventilation et la densité animale restent des critères qui ont toute leur importance. Ainsi, il faut compter 700 g à 1 kg de paille par brebis en paillage quotidien pendant le premier mois de lactation. 

Les matières actives utilisées

Toute fuite d’eau (abreuvoir par exemple) est un facteur de risque supplémentaire. Enfin, il est conseillé d’offrir 1,5 m² d’aire paillée pour une brebis allaitant un seul agneau et 2 m² pour une brebis avec deux agneaux.

Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale indique que « les trois matières actives les plus utilisées en préventif et en curatif pour lutter contre ce parasite sont la sulfadiméthoxine ou sulfadimérazine (pendant 3 à 5 jours), le diclazuril et le toltrazuril. Elles sont réalisées en administration orale. Le decoquinate peut également être utilisé en supplémentation médicamenteuse dans l’aliment. » Contactez votre vétérinaire pour en savoir plus.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
 Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/CIIRPO

Rationner les agneaux : pourquoi et comment ?

Le rationnement du concentré pour des agneaux sevrés entraîne une réduction des vitesses de croissance et par conséquent de la formation du gras. Cette technique permet alors de détecter plus facilement le moment où l’agneau présente un état d’engraissement optimum à condition qu’il soit trié toutes les semaines ou tous les quinze jours. Par contre, elle ne permet pas d’alourdir les carcasses. Le rationnement reste également la solution la plus efficace lorsque les gras sont colorés et mous, réduisant de 15 à 20 % la proportion de carcasses à problèmes. En consommant moins de concentré par jour, l’agneau ingère moins d’énergie et cherche à compenser en consommant davantage de fourrage. Cela favoriserait un fonctionnement normal du rumen, ce qui a un effet positif sur la couleur du gras.

De 800 g à 1 kg pour les mâles

Dès le sevrage ou bien 5 kg environ avant le poids vif d’abattage, le niveau de rationnement des agneaux varie entre 800 g et 1 kg pour les mâles et 600 à 800 g par jour pour les femelles. L’allongement de la durée de finition est de l’ordre de 2 à 3 semaines par rapport à une alimentation à volonté pour un même poids de carcasse, conséquence d’une réduction des vitesses de croissance. La consommation totale de concentré est la même que le concentré soit rationné ou à volonté. En revanche, les quantités de fourrage sont multipliées par 2 ou 3.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence Sagot ,Institut de l’Elevage/CIIRPO

Des solutions pour de ne pas vendre d’agneaux gras

Si la proportion de carcasses classées grasses (classe 4) dépasse 5 %, plusieurs solutions sont possibles afin de diminuer ce pourcentage. Trier régulièrement les agneaux (tous les quinze jours maximum) et commercialiser ceux qui sont finis reste la solution la plus efficace à court terme. En effet, la probabilité qu’un agneau fini puisse s’alourdir sans engraisser est faible et se traduit dans la plupart des cas par une perte économique. Si la carcasse de l’agneau passe de la classe 3 à la classe 4, la perte pour l’éleveur est de l’ordre  de 20 €. Rationner le concentré en finition est une autre solution. Cette technique entraîne une réduction des vitesses de croissance et par conséquent de la formation de gras.

Des mères avec du lait !

Le poids de naissance et la croissance au démarrage conditionnent le format des agneaux et donc leur état d’engraissement. Les agneaux à croissance lente au démarrage ont un métabolisme osseux ralenti. Leur potentiel de développement est perturbé et ils doivent être abattus moins lourds sous peine d’être trop gras. Il est donc indispensable que les besoins des brebis soient couverts en fin de gestation et pendant les 6 premières semaines de lactation. Miser sur la génétique est un autre levier possible, c’est-à-dire sélectionner les brebis sur leurs capacités laitières et utiliser des pères (béliers ou Insémination Animale) sélectionnés sur leurs aptitudes à transmettre à leurs descendants ce critère de qualité de carcasse.

A suivre dans l’article de la semaine prochaine : comment rationner les agneaux et pour quels résultats ?

Pascal CARILLET, Chambre d’Agriculture Meuse
 Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/CIIRPO

Du maïs grain humide pour les brebis et les agneaux

Le principe de conservation du maïs grain conservé en boudin est identique à celui d’un ensilage. Il repose sur un développement des bactéries lactiques et une conservation du maïs grain humide en l’absence d’oxygène. Lorsque les bactéries ont consommé l’oxygène enfermé lors de la mise en silo, les fermentations s’interrompent. La masse de maïs est ainsi stabilisée en l’absence d’entrée d’air dans le silo. Le pH se stabilise entre 4 et 4,5. Cette présentation du maïs nécessite les mêmes précautions que tous les modes de conservation sous forme humide. Il faut veiller à ce que le silo soit placé sur une aire propre, stabilisée et si possible bétonnée pour faciliter le dessilage journalier. Le silo doit être protégé des rongeurs et éventuellement des oiseaux particulièrement friands de ce produit. Quand le silo est ouvert, avancer de 10 cm minimum en hiver et 20 cm en été est indispensable pour éviter que le front d’attaque ne chauffe. Cela signifie qu’il faut avoir suffisamment d’animaux qui consomment en même temps. Les parties altérées, s’il y en a,  ne doivent en aucun cas être distribuées aux animaux. 

La même valeur alimentaire qu’en sec

Un maïs grain humide correctement stocké ne s’altère pas. Ses valeurs énergétiques et azotées ne sont pas modifiées par rapport à un maïs grain sec. Pour calculer une ration, il suffit de se reporter au tableau d’équivalence ci-contre. 

 

Tableau. Equivalence pondérale entre le maïs grain humide et le maïs sec

Humidité

26 %

28 %

30 %

32 %

34 %

36 %

Quantité de maïs grain humide pour un kg de maïs grain sec (kg)

1,15

1,18

1,21

1,25

1,29

1,33

 

¹Source : Arvalis-Institut du végétal, 

A condition qu’il soit distribué quotidiennement et de respecter les conditions d’une bonne conservation indiquées ci-dessus, le maïs grain humide conservé en boudin peut faire partie de la ration de brebis à tous les stades physiologiques, d’agnelles et d’agneaux. Toutefois, le fait que le maïs soit broyé finement augmente les risques d’acidoses. Avec la finesse de broyage, la salivation peut diminuer, la dégradabilité dans le rumen est accélérée et l’acidité du rumen augmente. Cela peut être source de problème sanitaire, en particulier pour des agneaux alimentés à volonté. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse

Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

La génétique pour améliorer le revenu

De nombreux critères liés à la production de la brebis mais aussi à la performance et à la qualité des agneaux se transmettent par la génétique. C’est le cas par exemple du taux de prolificité de la brebis et de sa valeur laitière mais aussi de tous les critères qui jouent sur le prix de l’agneau : son état d’engraissement, sa conformation, les quantités de concentré qu’il va consommer….

Une étude réalisée sur 52 élevages par la CAVEB, une organisation de producteurs des Deux Sèvres, a mis en évidence l’intérêt d’utiliser le meilleur de la génétique, en achetant des béliers qualifiés (inscrits) en organismes de sélection  ou bien en utilisant l’insémination animale (IA). Les performances techniques et économiques de trois profils d’exploitation ont été comparées : celles qui ont recours à l’IA et à l’achat de béliers qualifiés, celles qui utilisent uniquement des béliers qualifiés pour améliorer leur troupeau et enfin, celles qui n’utilisent aucune de ces possibilités.  

0,5 agneau produit en plus par brebis et par an

Les écarts sur le nombre d’agneaux produits par brebis sur une année sont importants avec un taux de productivité numérique de 142 % pour les élevages les plus utilisateurs de génétique et de 92 % pour ceux qui n’investissent pas dans ce domaine. De même, plus de 10 kg de carcasse d’agneaux vendus par brebis séparent ces deux modes d’aprovisonnement des béliers. Au final, la productivité économique (productivité numérique X prix de vente d’un agneau) s’établit à 172 € par brebis lorsque les éleveurs ont recours à la fois aux béliers qualifiés et à l’IA contre 110 € pour ceux dont le troupeau ne bénéficie d’aucune des deux. Le résultat est intermédiaire pour les éleveurs qui utilisent soit l’IA soit des béliers qualifiés avec 166 € par brebis. De nouvelles études devraient être réalisées en 2018. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO
Victor FAUCHER, InsemOvin

Les sources d’azote possibles pour équilibrer la ration des agneaux en bergerie

Il est nécessaire d’associer une source d’azote à la céréale afin d’équilibrer la ration des agneaux alimentés au mélange fermier. Le choix est large avec des performances et contraintes de travail différentes. Les complémentaires azotés sont des intermédiaires entre un aliment complet et un mélange composé exclusivement de matières premières. Ils sont pourvus en azote et en complément minéral. Les protéagineux et légumineuses en graines, pois, lupin, féverole ou vesce, peuvent constituer seuls la part azotée de la ration des agneaux. Toutefois, le remplacement du complémentaire azoté par ces graines se traduit par une baisse des croissances des agneaux de l’ordre de 19 %. Une augmentation de 11 jours en moyenne de la durée de finition des agneaux en découle. Par ailleurs, les quantités totales de concentré et de fourrage ne sont pas modifiées. 

Du foin de légumineuse avec une céréale

Sous réserve de disposer d’un fourrage riche en feuilles, le foin et l’enrubannage de légumineuses pures peuvent apporter la part d’azote nécessaire aux agneaux en finition.  La durée de finition est toutefois allongée de deux semaines en moyenne. Une autre alternative consiste à diminuer la part de la source d’azote avec du foin de légumineuse. Par exemple, un complémentaire azoté incorporé à 30% avec du foin de graminées ou de la paille ne le sera plus qu’à 15%. Ces régimes constitués en partie de légumineuses n’entraînent pas de dégradation des qualités de carcasse, y compris de la couleur des gras. Enfin, les tourteaux d’oléagineux (soja ou colza) peuvent constituer la seule source protéique de la ration avec des niveaux de performances et indices de consommation équivalents aux autres sources azotées. Le tourteau de tournesol ne peut pas être utilisé seul car il est pauvre en énergie.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Les rations possibles pour les agneaux de bergerie

Plusieurs types de rations sont possibles pour les agneaux finis en bergerie. Il est cependant nécessaire de respecter quelques règles. Un aliment « idéal » pour finir des agneaux dose entre 0,85 et 1,1 UFV et entre 100 et 120 g de PDI par kg brut. En dessous de ce niveau azoté, la durée de finition est allongée à l’exception de certaines catégories d’agneaux qui se satisfont de niveaux inférieurs (agneaux de type « gris » par exemple). Au dessus, aucune amélioration des performances n’est à attendre. D’autre part, il faut savoir que les agneaux régulent d’eux mêmes leur consommation en concentré en fonction de sa valeur énergétique. Plus l’aliment est énergétique, moins ils en ingèrent quotidiennement. 

Aliment complet ou fermier ?

Les aliments complets présentent l’intérêt d’être parfaitement équilibrés, y compris en minéraux et vitamines. Ils sont également moins acidogènes que des aliments fermiers. Hors coût de stockage, ils restent cependant plus onéreux que les mélanges fermiers, en particulier lorsque les matières premières sont produites sur l’exploitation. Toutes les céréales peuvent constituer la ration de base des agneaux. La plupart d’entre elles (triticale, orge, seigle) peut être utilisé seule, complémentée d’une source azotée, minérale et vitaminique. Leur mélange présente peu d’intérêt technique, les indices de consommation et qualités de carcasse étant peu influencés. L’incorporation d’avoine à hauteur de 25 % est une exception car elle se traduit par une amélioration  de la qualité des carcasses mais aussi par une augmentation de l’indice de consommation. Contrairement aux idées reçues, le maïs grain distribué entier n’entraîne pas l’apparition de gras jaunes. Quant au blé, il est plus acidogène que les autres céréales et son incorporation à hauteur de 40 % maximum de la ration totale limite les risques.

La semaine prochaine, nous vous proposons dans cette rubrique le panel des sources d’azote possibles pour équilibrer la ration en céréales.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage – CIIRPO

Une astuce pour empêcher les agneaux de passer dans le couloir

Avec cette astuce simple à mettre en place, les agneaux qui se promènent dans le couloir d’alimentation bordé de cornadis, c’est fini ! L’aménagement est esthétique, silencieux et particulièrement efficace. Il est de plus peu coûteux : 1,5 € par place de cornadis sans compter la main œuvre. L’aménagement est constitué de tuyaux de bâche d’enrubannage, de fer tor à béton et d’isolateurs de clôture électrique. Les brebis soulèvent le tube pour aller manger. Ce dernier descend lorsque la brebis n’est plus à l’auge et limite le champ de vision des agneaux sur le couloir. Ils ne sont ainsi plus incités à passer par le cornadis pour coloniser les auges. 

Des dimensions précises à respecter

Cette astuce a été mise au point par le GAEC du Petit Poirat à Pindray dans la Vienne. Elle a reçu le premier prix du concours du Berger Futé organisé dans le cadre du Tech Ovin 2017. Jean Marie Deletre, l’inventeur aujourd’hui retraité, a trouvé les dimensions idéales de longueurs et de pose des morceaux de tuyaux adaptées à ses brebis après plusieurs essais. Romain Dauchier, l’un de ses deux successeurs, témoigne de l’efficacité du dispositif : « même en fin de lactation, les agneaux ne passent pas sans avoir curé le parc ». Pour en savoir plus, les plans sont disponibles sur www.techovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO

Les brebis pâturent le colza

Qu’il s’agisse de colza fourrager semé après la moisson ou bien de repousses de colza grains, cette ressource alimentaire présente plusieurs avantages. Tout d’abord, son pâturage ne nécessite pas de transition alimentaire pour les brebis. Les animaux sont rentrés sur la parcelle sans aucune précaution particulière ni mise à disposition d’une botte de foin ou de paille. En effet, les brebis commencent à consommer les graminées et mauvaises herbes car elles ne sont pas attirées par l’odeur de choux que dégage le colza. Puis, progressivement, elles consomment le colza avec de plus en plus d’appétit et la transition se fait toute seule. D’autre part, sa valeur alimentaire est suffisante pour couvrir les besoins de brebis à forts besoins (0,9 UFL et 100 g de PDI par kg de matière sèche).

Idéal pour le flushing
Le colza est  particulièrement utilisé pour le flushing car il garantit une reprise de poids des femelles. Attention toutefois à ce type de flushing sur les agnelles car il peut induire un niveau de prolificité élevé. Il est conseillé d’introduire les brebis sur le colza 15 jours avant le début de la mise en lutte afin d’assurer un flushing.  A titre indicatif, un hectare de colza fourrager permet d’alimenter 30 brebis pendant environ un mois lorsque ce dernier atteint environ 40 cm de hauteur.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO

Les brebis pâturent le colza

Qu’il s’agisse de colza fourrager semé après la moisson ou bien de repousses de colza grains, cette ressource alimentaire présente plusieurs avantages. Tout d’abord, son pâturage ne nécessite pas de transition alimentaire pour les brebis. Les animaux sont rentrés sur la parcelle sans aucune précaution particulière ni mise à disposition d’une botte de foin ou de paille. En effet, les brebis commencent à consommer les graminées et mauvaises herbes car elles ne sont pas attirées par l’odeur de choux que dégage le colza. Puis, progressivement, elles consomment le colza avec de plus en plus d’appétit et la transition se fait toute seule. D’autre part, sa valeur alimentaire est suffisante pour couvrir les besoins de brebis à forts besoins (0,9 UFL et 100 g de PDI par kg de matière sèche).

Idéal pour le flushing
Le colza est  particulièrement utilisé pour le flushing car il garantit une reprise de poids des femelles. Attention toutefois à ce type de flushing sur les agnelles car il peut induire un niveau de prolificité élevé. Il est conseillé d’introduire les brebis sur le colza 15 jours avant le début de la mise en lutte afin d’assurer un flushing.  A titre indicatif, un hectare de colza fourrager permet d’alimenter 30 brebis pendant environ un mois lorsque ce dernier atteint environ 40 cm de hauteur.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO

La troisième coupe de luzerne est pâturée par les brebis

Pour les régions qui ont reçu suffisamment de pluie cet été, les troisièmes coupes de luzerne peuvent être pâturées. La valeur alimentaire de la luzerne est très correcte aux troisième et quatrième cycles et évolue assez peu après 6 semaines de repousse (0,85 UF, 140 g de PDIn et 90 g de PDIE par kg de matière sèche). L’apport de concentré n’est pas nécessaire y compris pour des brebis à forts besoins. Afin de diminuer les risques de météorisation liés aux légumineuses, il est fortement conseillé de respecter au moins 6 semaines de repousse. D’autre part, une transition alimentaire de quelques jours est fortement préconisée en rentrant les brebis sur la parcelle « le ventre plein » et en allongeant progressivement la durée de pâturage. Enfin, il est préférable d’arrêter le pâturage à l’apparition des gelées ou bien d’apporter du foin ou de la paille pour cause de risque de météorisation.

Attention aux luzernes malades
L’utilisation de la luzerne nécessite également de vérifier que cette dernière n’est pas malade. Toute maladie fongique ou parasitaire entraîne en effet une production d’oestrogènes de la plante. Cela reste peu courant mais peut avoir des conséquences très graves  sur la fertilité des animaux en période de flushing ou en lutte. En fin de gestation, des avortements  sont à craindre. En l’absence de connaissances, il est par conséquent préférable de ne pas inclure ces légumineuses sous quelque forme que ce soit dans la ration des brebis au cours de ces périodes.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO

Des exemples de rations pour des brebis en milieu de gestation ou vides

S’il n’y a pas d’objectif de remise en état, une brebis en milieu de gestation (soit jusqu’à 6 semaines avant l’agnelage) est peu exigeante au niveau alimentaire. En effet, ses besoins s’établissent à 0,8 UFL et 60 g de PDI par jour pour un poids de 70 kg et un état corporel de 2,5 à 3,5 sur une grille de 0 à 5, de très maigre à très grasse. Et force est de constater qu’avec une même ration, une brebis en état se maintien alors qu’une brebis maigre dans le même lot peut continuer à maigrir.

Du concentré avec la paille
Ainsi, des brebis en bon état en bergerie s’entretiennent avec une ration exclusivement à base de foin moyen de première coupe et sans légumineuses. Par contre, 200 à 300 g de céréales sont nécessaires si les brebis présentent un état corporel inférieur ou égal à deux. Si les brebis sont à la paille, il n’y a pas le choix : il faut ajouter de l’énergie dans la ration avec 500 g de céréales même si les brebis sont en bon état (orge, blé, triticale...en majorant de 20% s’il s’agit d’avoine car elle est beaucoup moins énergétique). Enfin, si les brebis sont à l’herbe, elles se satisfont d’herbe de qualité moyenne à médiocre. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Ne pas laisser maigrir les brebis en milieu de gestation

Les brebis en milieu de gestation ont de faibles besoins alimentaires, soit 0,8 UFL et 60 g de PDI par jour pour des brebis de 70 kg en bon état corporel (2,5 à 3,5 sur une grille de 0 à 5, de très maigre à très grasse). En fait, jusqu’à 6 semaines avant l’agnelage, leur ration peut être équivalente à celle de brebis vides. Puis les besoins augmentent rapidement pour atteindre 1,5 UFL et 170 g de PDI les quinze jours avant la mise bas pour une brebis avec deux agneaux.

Objectif : note 3 à la mise-bas
Un bon état corporel à la mise-bas (note 3 minimum) signifie bien souvent la réussite du lot d’agnelage. Le taux de mortalité des agneaux diminue en effet de 3% par point de note d’état corporel en plus¹. De plus, la croissance des agneaux est améliorée de 30 g par jour et par portée au cours du premier mois de lactation. Mais pour cela, les brebis doivent impérativement être déjà en bon état six semaines avant la mise-bas. Il est en effet trop tard pour les retaper au cours de cette période où la brebis consacre la majeure partie de sa ration à la croissance de ses futurs agneaux. 

¹Résultats issus d’une étude réalisée en 2016 avec 2 824 brebis de race Mouton Vendéen (Institut de l’Élevage/CIIRPO)

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Palper les mamelles au cours du tarissement pour éviter les mammites

Le contrôle des mammites durant la lactation, par observation et palpation, devient indispensable au cours du tarissement. Une mamelle bien tarie présente deux pis équilibrés, sans pathologie cutanée (boutons, ecthyma, blessures) et souples à la palpation (absence de nodule, d’induration locale ou généralisée). Les découvertes lors de cette palpation peuvent être de trois ordres. Il peut s’agir de lésions locales qui peuvent demander des soins locaux. Mais il peut aussi s’agir de mammites cliniques : le pis est chaud, gonflé, douloureux avec modification de l’aspect du lait et l’état général de la brebis peut également être atteint. Ces mammites sont le plus souvent dues à des staphylocoques (coagulase négative ou aureus). 

Des mammites cliniques ou sub cliniques
Lorsque de nombreuses brebis sont atteintes ou lors de récidives, des prélèvements de lait peuvent être envoyés au laboratoire pour analyse bactériologique et/ou antibiogramme*. Le traitement en brebis allaitantes consiste généralement en l’administration d’un antibiotique par voie générale en association avec un anti-inflammatoire. Enfin, il peut s’agir de mammites sub-cliniques. Il n’y a alors pas de signes locaux ni généraux mais une présence d’induration dans le pis. Elles peuvent également être traitées par antibiotique mais doivent généralement conduire à la réforme de la brebis.

La prévention sanitaire des mammites, en plus de l’évolution de la ration des brebis et des palpations régulières des mamelles, passe par le maintien de l’hygiène de la litière durant la lactation et durant la période de tarissement (jusqu’à fermeture complète du sphincter des trayons).

* des résistances bactériennes sont répertoriées vis-à-vis de certaines familles d’antibiotiques

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Katia Risson ,Terrena
Vincent Bellet,Institut de l’Elevage

Comment éviter les mammites de tarissement

Il n’y a pas de règle applicable à tous les troupeaux pour éviter les mammites de tarissement. Ce sont les caractéristiques du lot (production laitière, âge, état corporel) et l’historique (fréquence des mammites) qui permettent de mettre en oeuvre des pratiques adaptées. Le tarissement est d´autant plus sévère que les brebis ont un potentiel élevé, en particulier pour des sevrages à 70-80 jours. Par contre, si les brebis montrent un état corporel insuffisant (des agnelles par exemple),  une restriction alimentaire trop importante pourrait être fatale pour certaines. 

Ne pas couper l’eau

Pour des femelles fortes productrices conduites en bergerie en lactation, le sevrage se prépare un mois avant ! La ration en concentré est diminuée puis l´apport d´azote est supprimé. Puis, dans les 5 à 8 jours précédant le tarissement, les brebis consomment uniquement du fourrage. Au sevrage, elles passent à la paille à volonté ! Pour les brebis en lactation à l’herbe, le risque est moindre car les sevrages sont en général plus tardifs (plus de 100 jours). Dans tous les cas, les brebis ont accès à l’eau au cours de la période de tarissement. Enfin, remettre les agneaux sous la mère quelques jours après le tarissement sous prétexte de vider les mamelles est inutile car la tétée des agneaux provoque une remontée du lait automatique. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Agneaux d’herbe rentrés en bergerie : attention à la transition

La rentrée en bergerie des agneaux à l’herbe est toujours une phase délicate. Si les animaux étaient complémentés à l’herbe depuis au moins un mois, ils peuvent être mis à volonté en bergerie seulement si les niveaux de consommation à l’herbe étaient supérieurs à 500 g de concentré par agneau et par jour au pâturage au cours de la dernière semaine.

Si les agneaux n’étaient pas complémentés à l’herbe, tout changement d’alimentation brutal fait courir des risques d’acidose. En conséquence, une transition à la rentrée en bergerie est obligatoire. L’utilisation de pulpes de betteraves, de luzernes déshydratées ou bien d’un aliment complet spécifique autorise une transition courte (une ou deux semaines). Par contre, elle doit se prolonger avec les autres types d’aliment.

Une transition très lente
Les quantités de concentré sont augmentées très progressivement en commençant par de très faibles niveaux (100 g par agneau et par jour). Selon les lots, cette période d’adaptation se prolonge 2 à 3 semaines avec un aliment complet, et 1 à 2 semaines de plus avec un aliment fermier, plus acidogène. L’incorporation de bicarbonate de soude à raison de 5 à 10 g par agneau et par jour pendant 15 jours limite les risques d’acidoses mais ne les supprime pas.

En bergerie, il faut compter 4 agneaux au mètre linéaire d’auge et 23 agneaux pour un nourrisseur circulaire de 1,3 m de diamètre pour des agneaux rationnés en concentré. Le fourrage est par contre distribué à volonté. Enfin, pensez à déparasiter les agneaux (strongles + ténia) qui sont rentrés ainsi qu’à trier et séparer les agnelles de renouvellement des agneaux de boucherie.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

De la paille à la place du foin

Si les stocks d’herbe récoltés ne sont pas suffisants pour passer l’automne et l’hiver, c’est le moment de commander de la paille supplémentaire. Un camion de 18 tonnes livrés, soit environ 1000 €, assure la ration de base de 200 brebis pendant 3 mois. Cette année, il y aura peu de foin de bonne qualité sur le marché et les rations à base de paille seront, en règle générale,  d’un meilleur rapport qualité/prix.

Les agneaux et les brebis vides en priorité
Les premiers animaux à passer à la paille sont les agneaux. Par rapport à un foin de première coupe, les croissances sont équivalentes et les consommations de concentré inchangées.  D’ailleurs, les bonnes pailles sont toujours mieux consommées que les mauvais foins et facilitent la rumination.  La ration des brebis vides et en milieu de gestation peut également être à base de paille en y ajoutant de la céréale. Enfin, une ration de base mixte foin et paille convient aux brebis en lactation en adaptant la quantité de concentré à cette ration beaucoup moins riche en énergie et en protéines.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Préparer le haras de béliers pour les luttes de fin d’été et de début d’automne

Pour être en pleine possession de leurs moyens, les béliers doivent présenter un bon état corporel à la mise en lutte sans pour cela être trop gras. Une note d’état corporel  de 3 sur une échelle de 0 à 5 (de très maigre à très gras) est alors recommandée. Une alimentation équilibrée tout au long de l’année, y compris en vitamines et minéraux, est indispensable. Un flushing (+15 % d’énergie dans la ration) deux mois avant la mise à la reproduction est fortement conseillé. D’autre part, un parage et éventuellement un passage au pédiluve limite les boiteries.

Les jeunes béliers avec des brebis expérimentées

Pour les luttes de fin d’été et d’automne, les ratios recommandés pour une durée de 35 jours de lutte sont les suivants : 1 bélier pour 40 à 50 brebis et 1 bélier pour 20 à 25 agnelles. De plus, excepté pour les sélectionneurs (contrôle de paternité), disposer au moins 2 béliers par lot de brebis est une sage précaution, et ce quelle que soit la taille du lot. Les impacts d’un bélier infertile sont ainsi moindres.

Enfin, il est conseillé de mettre en lutte les béliers antenais, jeunes et inexpérimentés, avec des brebis adultes. Les béliers de 3 à 5 ans peuvent saillir indifféremment des femelles adultes ou des agnelles, mais toujours en séparant les deux catégories pendant la lutte. Les mâles reproducteurs de plus de 5 ans sont à réformer. Quant aux jeunes de moins de 18 mois (soit 25 % du haras de béliers pour assurer le renouvellement), ils ne sont pas mis en lutte car ils sont toujours en période de croissance.

Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Du colza à pâturer pour les agneaux

Finir des agneaux sevrés sur du colza fourrager, semé pur ou en mélange, est tout à fait possible. Contrairement aux idées reçues, les carcasses ne sont pas plus colorées qu’avec les autres modes d’alimentation à âge équivalent et ce quelque soit la durée de pâturage. Le colza est une plante parfaitement équilibrée au niveau alimentaire (0,9 UF et 90 g de PDI par kg de matière sèche) et ne nécessite aucun apport de concentré ni de fourrage sec. Les croissances sont de l’ordre de 200 à 250 g par jour. Enfin, aucun problème sanitaire particulier n’est à craindre, toutes les variétés de colza étant désormais 00 (sans acide érucique et sans glucosinolate). 

20 à 30 agneaux par ha maximum

Deux mois après la levée, le colza peut commencer à être pâturé. La transition alimentaire est inutile : les agneaux consomment progressivement le colza d’eux-mêmes. Selon les quantités d’herbe disponibles (qui varie du simple au quadruple selon la pluviométrie), on peut espérer finir au mieux entre 20 et 30 agneaux par hectare. Si la surface n’est pas suffisante pour tous les agneaux, mieux vaut y mettre les plus gros. Les plus petits rentrent en bergerie ou bien sur prairies avec du concentré si l’objectif est de les finir le plus rapidement possible. Inutile de faire pâturer le colza au fil ou au filet. Toutefois, si la surface est vraiment grande, il peut être judicieux de la séparer en sous parcelles d’un ou deux hectares afin de faciliter la surveillance des animaux.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

L’enrubannage et la listériose

La listériose est à l’origine de symptômes nerveux sous sa forme la plus fréquente et, plus rarement, d’avortements. Les brebis atteintes présentent des symptômes tels que la fièvre, une parésie unilatérale entraînant un comportement anormal (tourner en rond par exemple), la tête déviée, une oreille pendante, une perte de salive abondante…

Les animaux consommant des fourrages humides (enrubannage, ensilage) sont particulièrement exposés. La listéria se loge dans la terre et s’y développe facilement. Dans un lot d’animaux consommant le fourrage contaminé, la proportion d’animaux atteints est proche de 100 % mais les symptômes ne sont observés que chez certains animaux. En effet, c’est seulement en cas d’absorption de nombreuses bactéries ou bien sous l’effet de facteurs favorisants (gestation ou stress par exemple) que la maladie se déclare. 

Prévenir de nouveaux cas

En cas de symptômes liés à la listériose, l’objectif est surtout de prévenir l’apparition de nouveaux cas. Des traitements antibiotique et à base de probiotiques sont envisageables. Il est observé l'arrêt d'apparition de nouveaux cas dans les 8 jours suivant l'administration du probiotique. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire. Il n’y a pas de vaccin disponible et la prévention repose sur deux principes : d’une part, récolter de l’enrubannage avec de bonnes qualités de conservation et surtout sans terre ; d’autre part le rationner en particulier en fin de gestation, période à laquelle les brebis sont particulièrement sensibles à l’avortement. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Pédiluve : la règle des 3 quinze

Pour traiter les boiteries avant qu’elles ne s’enveniment, le pédiluve est une solution à la fois pour les brebis et pour les agneaux. Deux produits peuvent être ajoutés à l’eau. Le sulfate de zinc reste le meilleur compromis avec un coût de 45 à 50 € HT le sac de 25 kg. On retiendra alors la règle des trois quinze : 15 cm d’eau, 15 minutes de trempage, 15 % de sulfate de zinc. Le sulfate de cuivre peut également être utilisé à raison de 5 à 10 % avec un coût de 80 à 90 € HT les 25 kg. Il a pour inconvénient d’être toxique en cas d’ingestion et oxydant. Le mélange de ces deux produits n’apporte pas grand chose de plus qu’une utilisation en pure. 

Quels que soient le produit et le type de pédiluve utilisés, son entretien (vidange et nettoyage) est la meilleure garantie de son efficacité. Si le pédiluve n’est pas propre, le remède est pire que le mal : des brebis saines peuvent ressortir contaminées du pédiluve, devenu au fil des passages, un véritable bouillon de culture. Enfin, les premiers passages des agneaux sont souvent difficiles. Ne pas séparer les agneaux de leurs mères facilite toutefois un peu la tâche. Il est également possible d’ajouter de la paille dans le pédiluve. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Des brebis sur une exploitation de grandes cultures : un atout pour le revenu

Dans un contexte de cours de céréales particulièrement variable, la production ovine peut donner un équilibre économique et agronomique aux exploitations de grandes cultures. Les brebis valorisent parfaitement bien toutes les surfaces à contraintes environnementales : CIPAN (Cultures Intermédiaires Piège A Nitrates), surfaces à intérêt agronomique. D’autre part, les ovins utilisent les produits de l’exploitation (paille, céréales) ainsi qu’un large panel de coproduits.  D’autre part, les aspects agronomiques sont un atout majeur de cette mixité ovins-céréales. Grâce à l’introduction des prairies dans la rotation, et en particulier de luzerne, les quantités de produits phytosanitaires peuvent être diminuées (Ecophyto®). 

Une mixité gagnante

Des économies de phosphore et de potasse sont réalisées grâce au fumier et les déjections liées au pâturage couvrent une partie des besoins du sol. Les ovins contribuent ainsi au maintien ou à l’augmentation de la matière organique et ainsi du stockage du carbone. 

En France, une brebis sur cinq se situe en zone de grandes cultures ou de polyculture élevage. Les données du dispositif INOSYS – Réseaux d’élevage montrent que les performances techniques et économiques des élevages ovins en zones de grandes cultures et de polycultures élevage sont comparables à celles des exploitations spécialisées des zones les plus intensives.  Enfin, en planifiant la conduite du troupeau, le travail d'élevage s’intercale très bien avec celui des travaux des champs. Pour en savoir plus, une vidéo « élever et vivre des brebis sur une exploitation céréalière » et une fiche technique «  Des brebis sur votre exploitation de grandes cultures : un atout pour votre revenu » sont disponibles sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr. 

CP : Laurent Solas (Chambre d’agriculture 71)
Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Les graines de soja crues ne remplacent pas le tourteau

De part leur valeur alimentaire, les graines de soja crues ne sont pas une source d’azote susceptible de remplacer un tourteau. En effet, ces graines sont relativement pauvres en azote avec 215 g de PDIN par kg brut et seulement 76 g de PDIE, soit une valeur équivalente à celle d’une céréale. Une graine de soja est par contre riche en énergie avec 1,08 UFL par kg de matière brute. Seule une transformation thermique des graines (graine toastée ou extrudée) améliore la digestibilité des protéines. Par rapport aux graines crues, les valeurs PDIN et PDIE sont alors majorées de respectivement 20 et 160 %.

Pas plus de 400 g par jour
D’autre part, la graine de soja est particulièrement riche en matière grasse : 18 % contre 4 % pour les céréales. Son incorporation doit donc être limitée afin que le taux de matière grasse total de la ration ne dépasse pas les 5 % recommandés. Au delà, une sous consommation de fourrages et des problèmes digestifs sont à craindre. Jean Legarto de l’Institut de l’Elevage précise « que la limite supérieure d'utilisation de la graine de soja se situe  à 400 g brut par brebis et par jour mais que la recommandation optimale est aux alentours de 300 g par jour ». La graine de soja crue peut être distribuée entière. Son intérêt économique, même si elles sont produites sur l’exploitation, reste à calculer.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Le Berger futé : un concours pour les éleveurs

Si vous êtes éleveur ovin et avez mis au point une astuce qui vous simplifie le travail, n’hésitez pas à vous inscrire au concours du Berger Futé organisé par l’APOSNO, l’association organisatrice du Salon National TECH-OVIN. Ce concours est doté de 2 000 € de prix qui seront partagés entre les trois lauréats, dont 1000 € pour le premier. Il a pour objectif de récompenser et de promouvoir les astuces mises en place par les éleveurs ovins sur leurs exploitations. Tous les outils imaginés et mis au point à un niveau individuel comme collectif dans le but d’améliorer l’efficacité du travail et les performances de l’élevage, et/ou de réduire la pénibilité des tâches peuvent concourir. Ces astuces peuvent concerner les aspects matériels ou les aspects organisation du travail ou encore conduite du troupeau. 

Tous les participants se verront offrir 2 entrées pour le Salon Tech-Ovin qui aura lieu les 6 et 7 Septembre 2017 à Bellac. Ces prix seront remis aux vainqueurs sur le Salon Tech-Ovin 2017. 

Pour concourir, un dossier est à compléter et à retourner avant le 19 Juillet 2017. Vous pouvez le télécharger sur le site de Techovin  

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

L’enrubannage coûte 40 % de plus que le foin

L’enrubannage coûte 40 % plus cher que le foin ramené à la tonne de matière sèche : 92 € contre 65 € (source : Herbe et fourrages en Limousin 2015). Sa valeur alimentaire reste exclusivement liée à celle du fourrage fauché et donc au stade de la plante. L’identification des bottes par le nom de la parcelle facilite la répartition en fonction du type d’animaux au cours de l’hiver. Les marques sur les bottes à l’aide de bombes de peinture de (rouge, bleu, vert) pour animaux résistent aux intempéries toute une campagne. Les brebis à forts besoins, c’est-à-dire celles en début de lactation sont prioritaires sur les meilleurs fourrages, c’est-à-dire ceux récoltés les plus tôt. 

Pas de terre et suffisamment sec
De plus, l’enrubannage doit être d’excellente qualité afin d’éviter les problèmes sanitaires. Le principal facteur de réussite reste le taux de matière sèche à la récolte, avec un optimum compris entre 50 et 60 %. En effet, la fauche est en général réalisée début épiaison pour les graminées et bourgeonnement pour les légumineuses et le fourrage est récolté en brins longs. Il est ainsi moins riche en sucres et plus difficile à tasser. Le développement des bactéries butyriques est favorisé, entraînant de mauvaises qualités de conservation. En dessous de 40 % de matière sèche, le risque est plus élevé. De plus, la présence de terre (attention aux taupinières !) accentue les risques de listériose. Au-delà de 70 % de matière sèche, les bottes sont insuffisamment tassées et des moisissures apparaissent. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Les brebis maigres en lactation sous surveillance

Les brebis qui ne sont pas en bon état à l’agnelage produisent systématiquement moins de lait. Selon une étude réalisée par le CIIRPO avec des brebis de race Mouton Vendéen,  l’écart de vitesse de croissance au cours du premier mois de lactation entre des brebis en bon état corporel (note d’état corporel supérieure ou égale à 3*) et des brebis plus maigres (note d’état corporel inférieure à 3*) s’établit à 30 g par jour pour les agneaux allaités simples et 17 g par jour pour les agneaux allaités doubles, et ce pour des poids de portées équivalents à la naissance.

Des agneaux complémentés

Si c’est le cas et que les lactations sont assurées à l’herbe, il est inutile d’ajouter du concentré aux brebis en lactation. L’herbe de printemps a une valeur alimentaire très élevée et la complémentation n’apporte rien de plus. Par contre, complémenter les agneaux à partir de 3 semaines ou un mois d’âge permet d’anticiper sur un sevrage précoce. En effet, rien ne sert de prolonger la lactation après 70 jours si les brebis sont maigres. Cela peut être le cas en particulier des antenaises (millésime 2015) et des vieilles brebis (millésimes 2009 et 2010). Les brebis maigres sont alors taries et les agneaux sont finis en bergerie. L’apport de concentré à l’herbe facilite ainsi la transition alimentaire, même si elle ne règle pas toujours les problèmes d’acidose.    

*pour en savoir plus, consulter la vidéo « évaluer l’état corporel des brebis » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Ténia : 6 mois de pâturage sont nécessaires avant l’immunisation

Le ténia est le premier parasite digestif des agneaux d’herbe. Les jeunes agneaux ou les animaux qui n’ont jamais pâturé se contaminent dès les premiers brins d’herbe ingérés, en avalant un acarien, l’oribate, qui est l’hôte intermédiaire du ténia. Les premiers signes cliniques peuvent apparaître sur les agneaux ou les agnelles dès 5 à 6 semaines après la mise à l’herbe. Les animaux présentent alors un mauvais état général avec un déficit de croissance. Des troubles digestifs avec constipation ou diarrhée, un amaigrissement et une laine sèche et cassante sont des signes possibles. Les agneaux manquent de vigueur, avec une anémie possible. Le risque d’enterotoxémie est accru.

5 semaines après la mise à l’herbe
Le traitement se fait par administration d’un médicament spécifique du ténia ou d’un produit polyvalent ténia-strongles à partir de 5 semaines après la sortie à l’herbe ou le début de la consommation effective d’herbe. Le renouvellement du traitement, 5 à 6 semaines après la première administration, peut être nécessaire. L’immunité contre le ténia se développe en quelques mois. Ce ne sera donc plus un souci dans la plupart des cas après 6 mois de pâturage. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la vidéo « le ténia du jeune agneau »  sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Eliminer les taupinières : une "assurance qualité" pour les récoltes

Si les taupes ne sont pas éliminées rapidement, les taupinières altèrent fortement la qualité des ensilages et enrubannages. En effet,  de la terre est systématiquement apportée dans les fourrages lors de la fauche, du fanage et de l’andainage. Des micro-organismes dont les bactéries butyriques présentes en particulier dans la terre favorisent alors l’apparition de substances toxiques et une remontée du PH. Le fourrage récolté humide devient alors instable et les moisissures se développent. Les problèmes sanitaires et de qualité du lait pour les laitiers sont alors inévitables.

Formation obligatoire pour le gazage
En ce début de printemps, la population de taupes est importante car les mises-bas ont lieu de janvier à mars. Le gazage au PH3 fait partie des solutions possibles. Cette méthode, très réglementée, reste la plus efficace si la population de taupes est importante. Elle peut être réalisée par une entreprise prestataire de service agréée ou bien par l’agriculteur lui-même. Une formation spécialisée puis des agréments annuels sont alors nécessaires. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter le service régional de l’alimentation à la DRAAF. Dans tous les cas, le passage de la herse étrille les 2 à 3 jours précédents  permet de localiser les taupinières les plus fraiches et donc d’être plus efficace.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Des stocks insuffisants en céréales : les options possibles

Plusieurs solutions sont possibles si vos stocks de céréales ne sont pas suffisants pour faire la soudure avec la prochaine récolte. Les principales consistent à acheter des céréales ou bien des aliments complets.
Pour les brebis, acheter des céréales (orge, triticale, blé ou maïs) se traduit par une économie d’environ 2 € par brebis par rapport à l’achat d’un aliment complet (pour une ration à base de foin de graminées au cours des 4 dernières semaines de gestation et les 10 semaines de lactation).

Faire le calcul avant de commander
Pour les agneaux finis en bergerie, l’écart est de l’ordre de 4 à 5 € par agneau sur toute la durée de finition entre l’achat d’un aliment complet et celui de céréales. En conséquence, si vous avez l’habitude d’utiliser vos céréales dans la ration de vos animaux, il est dans la plupart des cas plus économique d’acheter une céréale à la coopérative avec un complément azoté que de l’aliment complet. Muni des valeurs alimentaires des aliments et de leur coût, il suffit de faire le calcul pour le vérifier. Cependant, si vous avez l’habitude de finir vos agneaux à l’aliment complet, l’année est mal choisie pour essayer le mélange fermier compte tenu de la variabilité de la valeur des céréales.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Le chlorure d’ammonium pour limiter les risques de gravelle

Les rations riches en phosphore (céréales, protéagineux…) favorisent la formation de minuscules cristaux dans l'urine. Ces cristaux sont transportés par le flot urinaire et peuvent bloquer l'urètre.  Cette maladie est appelée lithiase urinaire ou gravelle.

L’ajout de chlorure d’ammonium à raison de 0,5% dans la ration est une solution pour la prévenir. Depuis 2013, le chlorure d’ammonium est de nouveau considéré comme un additif pour l’alimentation des ruminants. Car entre 2009 et 2013, la délivrance d’une ordonnance vétérinaire était devenue obligatoire pour utiliser ce composé sous la forme de pré mélange médicamenteux. Désormais, il suffit de vérifier qu’il figure bien sur la liste des additifs de l’aliment « agneaux » pour les préserver des lithiases urinaires. Le chlorure d'ammonium est en effet un acidifiant puissant qui permet d'abaisser le pH des urines. La formation des calculs est ainsi fortement réduite. Philippe Dubois, vétérinaire au GDS de la Charente indique toutefois que « la ration ne doit pas contenir de produits tampons (bicarbonate ou magnésie par exemple)  qui s’opposeraient à l’acidification recherchée ».

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Moins de travail à l’agnelage avec des abreuvoirs installés dans les cases

L’installation d’abreuvoirs dans les cases d’agnelage fixes est une possibilité pour alléger le travail en période d’agnelage. Les cases sont alignées au bord d’un couloir ou bien du bardage. Un abreuvoir à poussoir est utilisé par les deux cases installées de part et d’autre, ce qui permet de limiter le coût. Deux solutions de fixation de l’abreuvoir sont possibles. La première consiste à le fixer à la claie. Une prise rapide le relie alors à une ligne d’eau aérienne. La seconde solution consiste à fixer les abreuvoirs directement sur le bardage. Ils sont ainsi installés tous les deux mètres pour des cases d’agnelage d’un mètre de large par exemple. Quand les cases restent fixes, c’est la meilleure option car les prises rapides sont plutôt sujettes aux fuites d’eau avec le temps. Dans les deux cas, fixer l’abreuvoir de façon à ce que le bas du bol soit situé à 55 cm du sol (sans fumier) pour des brebis de 60 à 70 kg. 

Pour équiper 20 cases d’agnelage déjà en place, compter environ 500 € hors taxes tout compris, soit 25 € par case. Le prix d’une case d’agnelage neuve en bois avec abreuvoir (un pour deux cases) est de l’ordre de 50 € sans la ligne d’eau.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Luttes naturelles de printemps : les erreurs à éviter

Au printemps, la grande majorité des brebis, y compris celles des races dites « désaisonnées », ne présentent pas de cycle sexuel en l’absence des mâles. En effet, à cette saison, ce sont les béliers qui déclenchent les ovulations. Et seules les brebis adultes y répondent. Il est donc particulièrement risqué de mettre des agnelles en lutte naturelle au printemps si l’objectif est qu’elles mettent bas en automne. 

Pour les brebis, des durées de luttes de trois cycles soit deux mois sont alors fortement conseillées car le premier cycle est souvent peu fécondant. Une alternative consiste à utiliser des béliers vasectomisés. Ces mâles conservent leur libido mais sont rendus stériles par la rupture de leurs canaux déférents (opération chirurgicale réalisée par un vétérinaire qui coûte de l’ordre de 80 € par mâle). Après 14 jours de contact avec les femelles, ils sont remplacés par les mâles reproducteurs prêts à saillir les brebis sur leurs cycles fécondants.

Beaucoup de béliers

Dans tous les cas, les brebis et les béliers doivent être soigneusement préparés à la lutte et le ratio mâle/femelles de l’ordre d’un mâle pour 20 à 25 femelles doit être respecté pour mettre toutes les chances de son côté.  De plus, les femelles doivent être potentiellement fertiles, c'est-à-dire avoir mis-bas lors de la lutte précédente et être taries depuis au moins un mois. Elles doivent également être en état ou bien en reprise de poids. 

Suite à ces luttes, il est très utile de réaliser des diagnostics de gestation. En effet, un taux de fertilité à cette saison est considéré très correct au delà de 80 %.  Les brebis vides peuvent alors intégrés le lot de lutte suivant et ne pas être suralimentées au moment où leurs congénaires gestantes sont en fin de gestation. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

Au printemps, le semis sous couvert des prairies est possible

Plus largement pratiqué dans le cas des installations des légumineuses (luzerne, trèfle), le semis sous couvert des prairies est également possible pour des prairies d’association voire multi-espèces.

Le semis de prairies sous une céréale de printemps (orge ou avoine par exemple) permet de fournir une récolte de la céréale en grains ou au stade immature alors que bien souvent un semis de prairie sur sol nu au printemps ne pourra donner en année sèche qu’une faible production estivale de fourrages. La productivité de la première année se trouve donc améliorée. Par ailleurs, le salissement du couvert sera plus réduit car il ne faut pas oublier qu’avec un semis de printemps, la levée des espèces prairiales est facilitée tout comme celle des mauvaises herbes.

Le mode d’emploi

Sous couvert d’une avoine de printemps, il est impératif de semer avant le 15 avril. L’avoine est alors semée assez clair (50 à 70 kg/ha).  Pour le mélange prairial, le semoir à céréales est utilisé bottes relevées. Il faut alors éviter le semis en ligne pour la partie prairie. A l’arrière du semoir, la petite herse suffit à enterrer les graines dans les deux premiers centimètres. En cas de printemps sec, le couvert peut souffrir. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à avancer la fauche en faisant de l’enrubannage ou un ensilage. Avec un printemps plus arrosé, on peut aussi récolter à foin le couvert au stade pâteux de l’avoine. Après la récolte, la prairie s’installe alors et du côté du salissement, les mauvaises herbes (bien souvent annuelles) sont stoppées par la fauche.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Patrice PIERRE (Institut de l’Elevage)
Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

La pasteurellose de l’agneau

Les pasteurelles sont, entre autres, à l'origine d'une infection contagieuse de l'appareil respiratoire de l’agneau pouvant évoluer sous deux formes : une forme respiratoire responsable de lésions pulmonaires et une forme septicémique. Dans le premier cas, les agneaux présentent une hyperthermie avec plus de 40°C de température. Dans le second cas, la mort est le plus souvent brutale. L'incidence économique de cette maladie peut être lourde. D’une part, le taux de mortalité peut être élevé ; d’autre part, la dégradation de l'intégrité pulmonaire a immédiatement des répercussions sur la capacité d'ingestion et la valorisation alimentaire, provoquant un retard de croissance. Enfin, des saisies partielles ou totales peuvent être prononcées à l’abattoir. 

Des traitements possibles

L’ambiance du bâtiment reste un des facteurs essentiels au développement de la pasteurellose : insuffisance ou excès de ventilation du bâtiment, trop forte concentration en ammoniac, écarts thermiques importants…Les mélanges d’animaux de classes d’âges différentes, une densité trop importante ou un stress (sevrage, transport, allotement…) sont également des facteurs favorisants. 

Après autopsie, la mise en évidence du germe sur un prélèvement de poumon permet d’identifier la bactérie. «  Il est important de savoir que les pasteurelles responsables de broncho-pneumonies peuvent être de natures différentes, que des mycoplasmes peuvent également sévir » précise Pierre Autef, vétérinaire praticien en Haute Vienne. Sur les animaux malades, un traitement antibiotique approprié diminue de façon importante les pertes. L’amélioration des conditions d’ambiance de la bergerie après un diagnostic d’ambiance en présence des animaux (compter entre 200 et 400 € HT) reste une étape indispensable pour diminuer les effets de la pasteurellose. Un vaccin qui protège contre les sérotypes les plus fréquemment rencontrés chez les ovins est également commercialisé. Vous pouvez contacter votre vétérinaire pour en savoir plus. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO
d’après un article de la Société Nationale des Groupements Techniques Vétérinaires

La bergerie est prête pour l’agnelage

Les brebis qui vont mettre bas sont prioritaires en ce qui concerne la place dans la bergerie. Mieux vaut « sortir à l’herbe » un lot de brebis vides ou en milieu de gestation que de manquer de place pour les agnelages. En effet, une trop forte densité d’animaux pendant l’agnelage augmente la mortalité des agneaux. Les recommandations sont les suivantes pour des brebis de format moyen.  Pour une brebis gestante, comptez 1,5 m² d’aire paillée et 2,5 brebis au mètre linéaire d’auge. Avec des brebis allaitantes, trois brebis au mètre linéaire d’auge peuvent manger en même temps. La surface d’aire paillée recommandée est de 1,5 m² minimum pour une brebis allaitant un agneau et 2 m² minimum pour une brebis allaitant deux agneaux, sachant que les cases d’agnelage puis les parcs à agneaux (s’il y a) sont inclus dans ces surfaces.

Curer avant l’agnelage
Le curage est souvent obligatoire entre deux lots d’agnelage. Pour des raisons sanitaires, il est de toute façon nettement préférable à l’enlèvement du fumier au cours de la lactation. Juste avant les premières mises-bas, il est possible de diviser les grands lots en petits lots de 20 à 30 brebis et de procéder à l’installation des cases d’agnelage. Prévoir de 15 à 30 % de cases d’agnelage selon le taux de prolificité. Un agencement des cases le long d’un couloir de 1,2 m de large facilite la surveillance et l’alimentation. De même, l’installation d’un abreuvoir pour deux cases d’agnelage est particulièrement appréciable (compter 25 € par case). Pour une surveillance facilitée,  les brebis sont regroupées par petits lots d’une dizaine de femelles à la sortie des cases d’agnelage. Une marque de couleur sur les agneaux par lot évite qu’ils ne se perdent. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

30 g par jour de croissance en plus par portée avec des brebis en bon état

Quelle que soit la taille de la portée, l’état des brebis à la mise bas a des effets sur sa production laitière. Ainsi, dans l’étude conduite par le CIIRPO et l’Institut de l’Elevage, l’écart de vitesse de croissance au cours du premier mois de lactation entre des brebis en bon état corporel (NEC ≥3) et des brebis plus maigres (NEC<3) s’établit à 30 g par jour pour les agneaux nés et allaités simples et 17 g par jour pour les agneaux nés et allaités doubles, et ce pour des poids de portées équivalentes à la naissance. Les brebis très maigres à l’agnelage (NEC = 1,5) produisent beaucoup moins de lait que les brebis en meilleur état. Même si elles n’allaitent qu’un seul agneau, sa vitesse de croissance au cours du premier mois d’allaitement est pénalisée de plus de 40 g par jour.

Les mêmes écarts sont constatés quelle que soit la catégorie d’âge des femelles à la mise bas : jeunes (moins de 2ans), adultes (de 3 à 5 ans) ou plus âgées (plus de 6 ans).

Pour en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez consulter la vidéo : « évaluer l’état corporel des brebis » et la fiche technique CIIRPO : « effets de l’état corporel des brebis à la mise bas sur la croissance de leurs agneaux » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Sept nouvelles vidéos pour éduquer son chien de troupeau

De nouvelles vidéos viennent d’être réalisées sur le chien de conduite. Réalisées en partenariat par la MSA, l'Institut de l'Elevage et l'Association Bas-Normande d'Utilisateurs de Chiens de Troupeau (ABNUCT), ces vidéos mettent en image la manière de choisir un chiot, de préparer son arrivée sur l'exploitation agricole et de gérer ses premiers mois. Tous ces bons conseils préparent les éleveurs d’ovins et de bovins sans distinction au parcours de formation et leur permettent d'être dans de bonnes dispositions pour la formation "Education et dressage", animée par un formateur agréé par l'Institut de l’Elevage.

La MSA est impliquée dans la promotion du chien de troupeau depuis plusieurs années aux côtés de l'Institut de l'Elevage. Un chien éduqué et maîtrisé présente plusieurs atouts : efficacité lors des chantiers, gain de temps et travail en sécurité pour l'éleveur et son troupeau. Suite à la formation "Éducation et dressage", la formation "Comprendre son troupeau pour travailler en sécurité avec son chien", animée par un formateur agrée de l'Idele et un conseiller en prévention est proposée par les services de Santé Sécurité au Travail de la MSA. Retrouvez ces vidéos sur la page web chien du site http://chiens-de-troupeau.idele.fr sur lequel des fiches techniques sont également disponibles.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Florian Dassé (CCMSA) et Barbara Ducreux (Idele)

Minéraliser les brebis en fin de gestation

Pour les brebis qui pâturent et qui sont en bonne santé, l’apport adapté de minéraux toute l’année est souhaitable mais difficile à réaliser en pratique. Une conduite simple et économe est à privilégier. En effet, dans ce domaine, les excès sont plus préjudiciables que les carences. Cependant, dans la majorité des exploitations, les brebis ne pâturent plus d’herbe depuis un moment. Un mois minimum avant l’agnelage, il est important de minéraliser les brebis, même si elles sont dehors.  Pour les brebis sans concentré, les pierres à lécher et les seaux sont les plus utilisés. Pour couvrir leurs besoins, les animaux doivent en consommer 15 à 20 g par jour, ni plus ni moins ! Philippe Dubois, vétérinaire au groupement de défense sanitaire des Charentes explique « que les seaux présentent toutefois trois inconvénients et qu’il faut les réserver aux situations où on ne peut pas faire autrement.  Leur coût est élevé, l’ingestion par les brebis peu homogène et leur teneur en certains oligoéléments  reste limitée par la toxicité ».  Les bolus sont efficaces et agissent sur une durée plus longue pour un coût d’environ 2 € par brebis.

Un CMV pour les brebis avec du concentré

Sous forme de semoulette, de poudre ou de granulé, le Complément Minéral Vitaminé (CMV) reste la formule la moins chère pour des animaux qui reçoivent du concentré. Il faut alors compter 700 à 900 € la tonne. De l’ordre de 10 à 30 g par brebis sont alors distribués par jour. Les aliments complets et complémentaires en sont généralement pourvus. Il suffit de vérifier la composition sur le bon de livraison. « Les apports par pompe doseuse restent également efficaces mais sont plus chers. Par contre, les doses chocs (un seul apport de minéral) en buvable et en injectable sont d’un assez mauvais apport qualité/prix » conclut le vétérinaire.

Pour en savoir plus, consulter la lettre technique des éleveurs ovins n°24 sur www.inn-ovin.fr et www.idele.fr

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le concours du berger futé est ouvert !

Dans le cadre de la 10ème édition de Tech-Ovin,  APOSNO, association organisatrice du Salon National Ovin, relance son concours « Berger Futé ».  

Ce concours est réservé aux éleveurs. Il a pour objectif de récompenser et de promouvoir les astuces mises en place par les éleveurs ovins sur leurs exploitations. Ce terme astuce, regroupe tous les outils imaginés et mis au point par les éleveurs ovins, à un niveau individuel comme collectif dans le but d’améliorer l’efficacité du travail et les performances de l’élevage, et/ou de réduire la pénibilité des tâches. Ces astuces peuvent concerner les aspects matériels ou les aspects organisation du travail ou encore conduite du troupeau. 

Tous les participants se verront offrir 2 entrées pour le Salon Tech-Ovin qui aura lieu les 6 et 7 Septembre 2017 à Bellac. Ce concours est doté de 2 000 € de prix qui seront partagés entre les auteurs des 3 meilleures astuces. Ces prix seront remis aux vainqueurs sur le Salon Tech-Ovin 2017. 

Pour concourir, un dossier est à compléter et à retourner avant le 19 Juillet 2017 à l’adresse concours.techovin@remove-this.gmail.com 

Nicolas Faurie, directeur du salon Techovin

Les brebis de réforme ne sont pas prioritaires cet hiver

L’engraissement des brebis de réforme n’est pas prioritaire sur l’exploitation et cette technique ne se justifie que si les stocks sont supérieurs aux besoins des brebis qui produisent des agneaux. Or, les stocks de fourrages et de céréales sont déjà bien entamés après un été et un automne 2016 particulièrement secs. Sauf si les stocks sont suffisants, il vaut donc mieux les vendre en l’état ou bien attendre le printemps pour qu’elles se finissent à l’herbe. 

Une des conditions pour que l’engraissement des brebis de réforme soit économiquement intéressant reste le coût de la ration.  Ce dernier ne doit pas dépasser 20 centimes d’euro par jour. En hiver, 700 g de céréale avec du foin de graminées de première coupe sont nécessaires pour engraisser une brebis en moins de 4 mois. Avec une ration à base d’ensilage de maïs, l’ajout de concentré n’est pas nécessaire mais encore faut-il en avoir suffisamment ! Dans les deux cas, les coûts de ration sont de l’ordre de 15 à 17 centimes d’euros avec des aliments produits sur l’exploitation.

Des rations à exclure
Compte tenu des quantités de concentré importante à apporter, les rations à base de paille sont à exclure. De même, les modes d’alimentation à volonté en concentré, comme cela peut se faire pour les agneaux, conduisent à des aberrations économiques. Les brebis présentent en effet de fortes capacités d’ingestion et sont capables d’ingérer plusieurs kg d’aliment par jour. D’autre part, les fourrages d’excellente qualité sont à réserver aux brebis à forts besoins azotées. Enfin, les tentatives d’engraissement exclusivement à l’herbe en hiver ont toutes été décevantes avec des objectifs de croissances qui n’étaient pas au rendez-vous. 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les deux fiches « quels types de brebis de réforme faut-il engraisser » et « quelles rations pour les brebis de réforme » ?

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Peser le colostrum de vaches avant de le congeler

Si le colostrum de brebis allaitantes ne pose pas de problème de qualité en règle générale, il n’en est pas de même pour celui des vaches laitières. Selon une récente étude, 57 % des colostrums de première traite (race Holstein) affichent un taux d’immunoglobulines inférieur à 50 g par litre et sont ainsi de mauvaise qualité. Avant de congeler du colostrum destiné à complémenter les nouveaux nés, il est donc utile d’en vérifier la qualité.

Le pèse colostrum ou le réfractomètre

Deux outils peuvent être utilisés pour discriminer les « bons » et les « mauvais » colostrums. Le pèse colostrum, d’un coût de 27 € HT environ, s’achètent dans les coopératives d’approvisionnement en matériel d’élevage. Son mode d’utilisation est simple : la qualité du colostrum est estimée sur une échelle de concentration en protéines, les immunoglobulines en faisant partie. Cet outil a été étalonné pour du colostrum de bovin à une température de 20°C. Attention à ne pas peser des colostrums tout juste traits ou bien sortis du réfrigérateur. Si « le flotteur » se situe dans la graduation rouge, le colostrum affiche moins de 50 g d’IgG par litre et n’est pas à conserver. Le réfractomètre, autre outil de mesure, est d’un coût plus élevé : de 40 à 200 €. Une goutte de colostrum suffit et la lecture est immédiate. 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les activités du CIIRPO sont financées par l’Union Européenne et les conseils régionaux Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire

Des brebis en bon état à la mise-bas, c’est moins de mortalité chez les agneaux

Quelle que soit la taille de la portée, le taux de mortalité des agneaux reste fortement lié à la note d’état corporel (NEC) des brebis à la mise-bas. Ainsi, dans l’étude conduite par le CIIRPO et l’Institut de l’Elevage¹ avec des brebis de race Mouton Vendéen, les brebis très maigres (NEC<2) affichent un taux de mortalité total de leurs agneaux de plus de 22 % contre 16 % pour les brebis en bon état (NEC ≥3). Sur les agneaux nés triples, les effets de l’état corporel des brebis sont encore plus marqués avec une différence de 9 % pour une note d’écart.

En fait, les effets de l’état corporel des brebis à la mise-bas sont notables dès les 10 premiers jours d’âge des agneaux.  Pour les brebis très maigres, le taux de mortalité des jeunes s’établit à 11 % contre moins de 8% pour les brebis en bon état. Le poids de naissance qui reste la première cause de disparition des jeunes agneaux ne peut être incriminé puisque ce dernier reste peu variable. 

Nous ne disposons pas actuellement de ces références pour les races rustiques et prolifiques.

Pour en savoir plus sur la grille de notation de l’état corporel, vous pouvez consulter une vidéo (« évaluer l’état corporel des brebis ») et une fiche technique (« note d’état corporel des brebis : grille de notation et recommandations ») sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

¹Etude réalisée en 2016 à partir de 2824 brebis de race Mouton Vendéen conduites sur le site expérimental du Mourier 

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Les aliments de démarrage sont sans intérêt

Au cours des deux premiers mois de sa vie, le lait constitue l’essentiel de la ration de l’agneau. Sa vitesse de croissance est alors directement liée aux quantités de lait dont il dispose. Aucun aliment, qu’il s’agisse de fourrage ou de concentré ne peut compenser totalement un manque de lait. Dès l’âge de 15 jours, l’agneau est capable de consommer du fourrage et du concentré mais en très faibles quantités. A partir de 5 semaines, il peut éventuellement être sevré et valoriser les aliments secs.

Le même aliment du début à la fin
Plusieurs essais ont été réalisés concernant la nature de l’aliment à apporter dans le jeune âge. Ils montrent que l’aliment distribué en période de finition peut alors être utilisé avant le sevrage. L’utilisation des aliments dits de « démarrage » ou « starter » (aliment complet de diamètre 2,5 mm) ne se justifie pas, à l’exception des aliments médicamenteux utilisés pour des raisons sanitaires En effet, les croissances des agneaux et les quantités de concentré consommées jusqu’au sevrage ne sont pas pénalisées si l’on commence la complémentation directement avec l’aliment destiné à la finition. Les plus faibles niveaux d’ingestion en concentré parfois mesurés dans le premier mois de la complémentation ne se traduisent en aucune façon par une baisse de performances. Dans cette phase de démarrage, l’aplatissage de la céréale n’apporte rien. Au contraire, il favorise les acidoses. La distribution de maïs grain ou de protéagineux entiers n’a fait l’objet d’aucun essai mais cette pratique est mise en œuvre en élevages sans problème particulier.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le retour du virus de Schmallenberg

Le virus de Schmallenberg, différent de celui de la FCO, a pour principale conséquence la naissance d’agneaux malformés et des avortements. Il a été identifié la première fois fin 2011 en Allemagne et le 25 janvier 2012 en France. De nouveaux cas apparaissent de nouveau cet automne.
Les agneaux sont touchés par des malformations congénitales touchant principalement le squelette et le système nerveux. Parmi les signes caractéristiques, on peut citer des articulations bloquées, du torticolis, des tendons du jarret raccourcis, après la mise bas, des agneaux nés vivants peuvent présenter des signes nerveux de type hémiplégiques.
Pierre Autef, vétérinaire particien à Bellac (87) rappelle que « ce virus est transmis par des insectes piqueurs. Dans cette forme congénitale, la contamination des brebis se situe entre 28 et 56 jours de gestation ».

Depuis 2013, un vaccin est disponible pour les ovins. Un test sérologique permettant de vérifier facilement si votre troupeau est atteint est également à disposition. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le déroulement d’un agnelage

La brebis cherche à s’isoler. Avec les contractions qui se rapprochent et s’intensifient, la future mère tourne en rond, gratte avec son pied, se lève et se recouche, bêle parfois. Sous l’effet des contractions, le premier agneau engage sa tête à l’entrée du bassin. La brebis se lève et se couche alors sans cesse. La « poche des eaux » se rompt sous l’effet de la pression. Ce liquide légèrement gluant facilite alors la mise-bas. Il a aussi une odeur attractive pour la brebis qui va mettre bas à l’endroit où le liquide a été expulsé. Ce sera un moyen pour elle de reconnaître son agneau après l’agnelage. Hubert Germain, vétérinaire à l’Agneau Soleil et formateur rappelle que « l’apparence de cette poche des eaux peut être un signe d’intervention. Si la poche qui s’est rompue est claire mais très allongée, cela signifie que la brebis a beaucoup poussé et que l’agneau est sans doute mal placé. Si les eaux sont jaunâtres, le fœtus expulse son méconium et cela peut être un signe de souffrance. Enfin, si la poche des eaux rompue est foncée ou malodorante, l’agneau a souffert. Attention, si l’agneau se présente en siège, la poche des eaux peut se rétracter en arrière et ne pas se percer ».  

Une expulsion rapide

Lorsque tout se présente pour le mieux, ce qui reste la grande majorité des cas, les deux onglons avant de l’agneau apparaissent, puis son nez. Lorsque la brebis reste allongée et lève la tête vers le ciel, l’expulsion de l’agneau est rapide. Après les pattes avant et la tête, la croupe et les pattes arrière tendues vers l’arrière  sortent sans beaucoup d’effort de la part de la brebis. L’expulsion des annexes, le résidu d’amnios ou « poche rouge », puis du placenta, survient entre quelques minutes et une heure ou deux après l’agnelage. La « poche rouge » est souvent signe qu’il ne reste plus d’agneau à l’intérieur. Il est toutefois judicieux de s’en assurer.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Petit rappel d’anatomie de la brebis gestante

En production ovine, les « vrais jumeaux » ne seraient pas plus nombreux que chez les humains, soit moins de 4 cas pour mille naissances. La plupart des agneaux multiples sont donc de « faux jumeaux », en fait des frères et sœurs qui n’ont pas forcément le même père ! Ils ont donc chacun leur placenta contrairement aux « vrais jumeaux » qui ont un placenta commun car ils proviennent du même œuf.

Le placenta  est l’enveloppe qui relie l’embryon à la paroi utérine de sa mère. Durant toute la gestation, il apporte au fœtus l'eau, les nutriments et l’oxygène dont il a besoin. Il évacue aussi le dioxyde de carbone et les déchets métaboliques. Le placenta adhère à l’utérus de la mère au niveau des cotylédons. Le sang, les grosses molécules et la plupart des parasites et microbes ne peuvent pas traverser le placenta : les nouveau-nés naissent « vierges » de toute infection, mais aussi dépourvus d’immunité réelle.  

Tous les nutriments passent par le cordon

Le cordon ombilical est l'organe qui relie le fœtus à son placenta. C'est là que circulent les vaisseaux sanguins qui alimentent l'embryon puis le fœtus pendant la gestation : les nutriments et l’oxygène. Le chorion est la membrane externe des enveloppes du fœtus. Le liquide amniotique remplit la poche dans laquelle baigne l'embryon, l’amnios. L’allantoïde est l’autre poche. Elle sert d'appareil respiratoire pour l'embryon et de zone d'élimination des déchets. 

A suivre dans le prochain épisode de votre chronique ovine : le déroulement d’une mise bas.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Un logiciel de gestion troupeau pour simplifier le travail

Parce qu’ils sont disponibles sur un smartphone, une tablette ou un ordinateur portable, les logiciels de gestion de troupeau sont utilisables directement en bergerie. Il faut compter à partir de 200 € pour la licence (sans le lecteur électronique), coût auquel il faut ajouter celui de la maintenance annuelle à partir de 60 € par an. Les lecteurs sont commercialisés à partir de 200 € HT.
L’utilisation d’un logiciel de troupeau a plusieurs avantages. En premier lieu, il permet de gagner du temps. Par exemple, les bons d’enlèvement des agneaux se font rapidement.

Plus d’erreur de numéro
Les données du troupeau sont également plus fiables. Ainsi, il n’y a plus d’erreur de numéro sur le carnet d’agnelage. D’autre part, les données sont immédiatement valorisables. Les agnelles sont choisies facilement sur les performances de leur mère sur toute leur carrière. Le tri des brebis improductives et à problèmes est également facile. Enfin, le logiciel peut également s’avérer d’une aide précieuse vis-à-vis de la réglementation.  Par exemple, le carnet d’agnelage est à jour : il sert de document de pose des boucles, de cahier sanitaire …. En cas de contrôle, les informations demandées sont immédiatement disponibles. Pour en savoir plus, une fiche technique « la lettre technique des éleveurs ovins n°26 « spéciale logiciel de gestion de troupeau » est à votre disposition sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

La transmission de son exploitation, un enjeu pour toute une filière

La production ovine française a besoin d’éleveurs pour produire des agneaux. Or, plus de 50% d’entre eux ont plus de 50 ans. Le renouvellement des éleveurs est donc une question de survie pour la filière ovine française. Alors que le contexte économique est plutôt favorable, de plus en plus de jeunes ou moins jeunes souhaitent s’installer en élevage ovin. Mais pour un certain nombre d’entre eux, trouver une exploitation relève du parcours du combattant.

L’anticipation est l’une des règles d’or
Une exploitation agricole est souvent l’œuvre d’une vie. Savoir que son activité perdura, que le cheptel ne sera pas démantelé et qu’une nouvelle famille pourra vivre sur la base de ce que l’on a construit est une grande satisfaction mais à condition que la transmission se passe dans de bonnes conditions. L’anticipation est l’une des clés de la réussite. Il faut donc prendre le temps de réfléchir, de s’informer et également de le faire savoir suffisamment à l’avance pour que des candidats potentiels puissent se faire connaître. Pour vous accompagner dans cette démarche, des conseillers de la chambre d’agriculture spécialisés dans la transmission sont à votre écoute et pourront vous apporter un appui précieux. Le répertoire départ installation a été récemment toiletté pour améliorer la recherche de successeurs et la mise en avant des offres d’exploitations (www.repertoireinstallation.com). Vous pourrez également trouver un acquéreur auprès de la SAFER ou de votre notaire. Et n’oubliez pas votre conseiller d’élevage et/ou votre coopérative. Ils sont souvent sollicités en direct par des candidats à la reprise.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Audrey DESORMEAUX, Fédération Nationale Ovine

Des brebis prêtes à mettre bas

La durée de gestation moyenne des brebis est de 145 jours et les premières mises-bas ont lieu entre 140 et 142 jours (pour des agneaux viables). Pour effectuer le calcul de la date du premier agnelage, il suffit d’ajouter 5 mois à la date de mise à la reproduction puis d’y soustraire 10 jours. Ainsi, pour une mise à la reproduction le 30 juin, les mises-bas commencent vers le 20 novembre.
A cette période de l’année, il est préférable de rentrer les brebis en bergerie un mois avant le début des mises-bas. La transition alimentaire se fait ainsi en douceur, les risques de toxémies de gestation et d’avortements liés à des chocs sont moins importants. Réaliser des analyses de crotte reste une sage précaution car les infestations de petites et grandes douves ainsi que les strongles gastro-intestinaux sont à surveiller à cette période de l’année.

Les alloter à la rentrée en bergerie
Les brebis peuvent être allotées suivant qu’elles portent un ou deux agneaux. Cela simplifie le travail et la surveillance de l’agnelage. Les économies de concentré sont de l’ordre de 2 € par brebis simple avec une ration à base de foin de qualité moyenne (contre 8 € en lactation).  En fin de gestation, les fourrages  encombrants (plus grossiers) sont privilégiés car les regains et enrubannages distribués à volonté sont consommés en trop grande quantité et à l’origine de prolapsus.  Ainsi, les foins de première coupe conviennent parfaitement à ce stade physiologique, les fourrages de meilleure qualité étant réservées aux brebis en début de lactation ou bien alors rationés en fin de gestation.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Identifier les coccidies avant de traiter

Douze espèces de coccidies sont connues en ovins, mais seulement 3 sont pathogènes, les autres étant inoffensives.  C’est la raison pour laquelle, lors d’une coproscopie, un  typage des espèces est nécessaire. Aujourd’hui, tous les laboratoires réalisent cette prestation.

La coccidiose entraine des baisses de croissance des agneaux qui peuvent être sévères et dans tous les cas, les lots sont hétérogènes. Ces contre performances sont liées au développement de coccidies dans l’intestin. Et comme toute infestation parasitaire interne, elle peut favoriser des épisodes d’entérotoxémie avant même les premiers symptômes. Seuls les jeunes sont sensibles, les brebis adultes deviennent résistantes. Si de jeunes agneaux à partir d’un mois d’âge présentent une diarrhée verdâtre ou noirâtre, qu’ils ont une laine « piquée » (sèche et hirsute), et qu’ils se lèchent  le ventre donnant à la laine un aspect marbré, la coccidiose peut être suspectée, souvent aggravée par une infestation par les strongyloïdes.

Plusieurs traitements possibles

S’agissant d’une maladie contagieuse (les animaux infestés rejettent les coccidies qui vont être ingérés par un hôte sensible), l’ensemble du lot d’agneaux doit être traité en cas d’infestation. Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale explique « que trois types de produits sont aujourd’hui utilisés : la sulfadimérazine (ou sulfadiméthoxine) pendant 3 à 5 jours, le diclazuril ou bien le toltrazuril en une seule administration. Pour les élevages à risques, un traitement préventif contre les signes cliniques peut être réalisé. Les trois précédents anthelminthiques cités précédemment auxquels s’ajoute le décoquinate (distribué pendant un mois) sont alors utilisés en traitements préventifs. Des cas de résistance ayant été observés, il est conseillé de changer de produit lorsque ce dernier est réalisé en systématique. Un traitement contre les strongyloïdes doit alors être associé ».

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Le tourteau de colza comme seul correcteur azoté dans la ration des brebis

Le tourteau de colza peut être utilisé seul comme correcteur azoté dans la ration des brebis quel que soit le fourrage de base. Il est donc inutile d’ajouter un autre type de tourteau ou complémentaire azoté. La ration bénéficie alors d’un apport supplémentaire en phosphore et la complémentation minérale doit être ajustée à la baisse. Le tourteau de colza ne présente pas de problème d’appétence quelle que soit sa forme de présentation. Certes, il est moins appétent que celui de soja mais les brebis s’y habituent en quelques jours.

Des niveaux de performances inchangés et des économies

Pour une ration à base de foin ou d’ensilage d’herbe, l’incorporation de ce tourteau d’oléagineux dans la ration est économiquement intéressante dès qu’il côte moins de 72 % du prix du tourteau de soja. Pour des brebis en début de lactation par exemple, il faut prévoir 100 g par jour de tourteau de plus lorsque celui de colza remplace celui de soja. La quantité de minéraux est alors de l’ordre de 10 g par brebis et par jour. Par rapport aux rations avec d’autres sources de protéines, les performances des agneaux allaités par des mères bénéficiant de tourteau de colza sont inchangées. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les fiches « du tourteau de colza en lactation » ou  « pratique d’utilisation du tourteau de colza pour les ovins viande » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr. Des rations et prix d’intérêts y sont indiqués avec différents fourrages.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Du maïs grain récolté au bon stade pour un stockage en boudins

Alternative au séchage, le maïs grain humide peut se conserver sous forme d’ensilage. Il est alors broyé ou aplati puis placé dans un film en polyéthylène de 1,2 m à 1,6 m de diamètre tout de suite après la récolte afin d’y être conservé. Le maïs conservé humide est récolté plus tôt que le maïs grain destiné à être séché, soit entre 32 et 38 % d’humidité. Dès que le point noir apparait à la base du grain, le maïs est prêt à être récolté et ensilé. Jean Georges Cazaux de l’Association Générale des Producteurs de Maïs indique que « cette année, beaucoup de maïs sont versés et il ne faut pas attendre de récolter pour une conservation en humide. Les maïs conservés à moins de 28 % d’humidité peuvent repartir en fermentation si la vitesse d’avancement du boudin est trop lente, c’est-à-dire inférieure à 15 cm par jour. Il est alors possible d’ajouter un conservateur mais le coût du stockage est alors majoré».

22 à 25 € le mètre linéaire

Un maïs grain humide correctement stocké conserve sa valeur alimentaire qui est la même que celle d’un maïs sec ramené au taux de matière sèche. Le coût du conditionnement en boudins par une entreprise est d’environ 22 à 25 € le mètre linéaire pour un diamètre de 1,60 m du boudin et avec une densité de 1500 kg brut au mètre. Ce coût peut être plus faible avec l’utilisation d’une « boudineuse » achetée en CUMA par exemple. L’investissement d’un silo souple spécialement conçu pour ce mode de stockage diminue également son coût s’il est réalisé tous les ans.  A titre de comparaison, le séchage et le stockage du maïs en organisme de stockage coute entre 25 € et 28 € la tonne (se renseigner auprès de sa coopérative pour les tarifs exacts).

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Des prélèvements de crottes pour traiter moins et mieux !

Comme chaque automne, il convient d’être attentif aux parasites internes des brebis et agnelles, même si les conditions climatiques estivales paraissent peu favorables à leur développement, ce qui peut être trompeur. L’analyse coprologique mesure le nombre d’œufs présents dans les fèces pour chaque parasite. Elle quantifie en fait un niveau d’excrétion à partir duquel il est parfois difficile d’extrapoler au niveau d’infestation. Elle reste cependant un bon indicateur en particulier pour les strongles gastro intestinaux et la petite douve.

Des prélèvements individuels dans tous les cas
Le mode de réalisation des prélèvements revêt une grande importance sur la fiabilité des résultats. A l’exception des crottes des agneaux de bergerie qui peuvent éventuellement être mélangées, tous les autres prélèvements doivent être réalisés en individuel en notant le numéro de l’animal sur le prélèvement. Compter 5 à 7 prélèvements par lot de brebis. Ces derniers sont acheminés le jour même ou le lendemain au plus tard pour analyse par un laboratoire (laboratoire départemental ou celui de l’Alliance Pastorale) ou par le vétérinaire en prenant soin de les conserver au réfrigérateur. Une analyse coute environ 10 € (elles sont gratuites à l'Alliance Pastorale) et certains laboratoires réalisent désormais des analyses de mélange aussi fiables pour un coût moindre (mais c’est le laboratoire qui se charge du mélange des prélèvements qui doivent absolument rester à la brebis).  Contactez votre vétérinaire ou votre technicien pour vous aider à analyser les résultats.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

Quelques conseils pour pour créer un troupeau ovin

La première l’étape est de constituer un troupeau de bonne valeur génétique et offrant des garanties sanitaires.  Ensuite, des règles simples permettent de conserver un troupeau productif capable d’exprimer tout son potentiel. Pour des raisons économiques, il est fortement conseillé de parvenir rapidement à l’objectif de taille de troupeau dit de « croisière ». Lorsque l’on crée un troupeau ovin, les possibilités d’accroissement interne sont très limitées. Dans son plan de financement, il vaut alors mieux prévoir des achats d’agnelles pour atteindre les objectifs de taille de cheptel dans les délais prévus.  Il ne faut surtout pas faire l’impasse sur les réformes pour des causes d’infertilité dès la première année car c’est le premier réservoir à brebis improductives.

Un à trois ans maximum
Plusieurs situations peuvent se présenter. Pour constituer un troupeau de moins de 250 brebis, il faut prévoir d’atteindre l’effectif de croisière au plus tard la seconde année (la totalité des brebis est alors mise à la reproduction en année n+1, l’année n étant celle de l’installation). Pour constituer un troupeau supérieur à 250 brebis, l’effectif de croisière sera atteint au plus tard la troisième année. En production laitière, 90 % des objectifs de production doivent être atteints en année n+1.

Les possibilités de pâturage (dont les clôtures), la constitution des stocks hivernaux et la place en bergerie doivent évoluer parallèlement à l’augmentation de l’effectif. Se renseigner auprès de son technicien pour connaitre les besoins selon la production (viande ou lait) et la conduite de l’élevage.

Pascal CARILLET,  Chambre d’Agriculture Meuse
Laurence SAGOT, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

contacts

Pascal CARILLET
Conseiller production ovine
Tél : 03.29.83.30.01